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Coup de poing dans la nébuleuse du crime
Reportage: Interventions d'une unité des commandos de la Garde nationale

• La moisson de la descente nocturne : deux braqueurs, un kidnappeur de ses propres enfants, deux malfrats hyper-recherchés et un prisonnier évadé
Une nuit avec l'unité des commandos de la Garde nationale. Une opération de ratissage sur les points noirs à la recherche de dangereux criminels. Notre reportage
«Je vais tuer le gosse !», criait l'homme accroupi au fond de la pièce. L'homme en question est âgé d'une trentaine d'années et fait l'objet de trois mandats de recherche. Le «gosse» qui avait le couteau sous la gorge est son propre fils. Nous sommes à la Cité du 18-Janvier et il est presque minuit. A cette heure, l'unité des commandos de la Garde nationale a donné l'assaut dans cette ruelle exiguë d'un quartier des plus chauds du Grand-Tunis. «Il s'agit d'un homme recherché par les forces de l'ordre qui a kidnappé ses deux enfants de Mjez El Bab et les a ramenés à la Cité Ettadhamen, nous dit le chef du district de la sûreté d'Ettadhamen, le commandant Anouar Manaï. Cet homme est divorcé. Sa femme a eu la garde des enfants. Il est allé jusqu'à Mjez El Bab pour les enlever de la crèche après avoir agressé la puéricultrice avec un couteau !».
«Remettre de l'ordre dans la demeure»
L'art de manier le couteau n'était pas donc étranger à notre homme qui tenait sa propre progéniture sous l'arme blanche et criait aux unités commandos de se «tirer». Mais avant qu'il n'ait le temps de négocier, deux agents de l'unité en question, par des gestes très précis, ont pu immobiliser le criminel et soutirer l'enfant effaré.
Un enfant âgé de quatre ans et diabétique. Sa sœur a deux ans de moins que lui. Les deux enfants ont été remis tout de suite à leur mère assise dans la voiture de la Garde nationale pour amortir le choc psychologique rapidement. Mais le quotidien des unités de la Garde nationale n'est pas seulement fait d'enfants kidnappés. Il est aussi fait de grands criminels armés de coutelas et de gourdins, d'anciens détenus lâchés dans la nature après le 14 janvier. Cette nuit, l'unité des commandos de la Garde nationale a été sollicitée pour un ratissage spécial dans des cités appelées «point noirs» pour donner l'assaut à des demeures où se cachent des criminels identifiés. Notre point de départ était le district de La Manouba puis celui de la Cité Ettadhamen pour effectuer ces opérations en question. Au menu de cette nuit consacrée à «remettre de l'ordre dans la maison», il y avait des quartiers comme Ennogra, Ettadhamen, notamment les 106, 105 et 103, la Cité du 18-Janvier, les environs de l'hôpital Ettadhamen, la Cité Administrative et Douar Hicher. Et justement c'est entre Chebaou et Douar Hicher que par hasard nous sommes tombés sur deux jeunes qui braquaient un chauffeur de taxi en le menaçant avec des armes blanches. A la vue des commandos, les deux malfrats ont voulu s'échapper mais c'était un peu tard. Ils ont été immobilisés avant de sauter dans un talus. On entendait le chauffeur de taxi crier : «Vous m'avez sauvé la vie ! Je viens de renaître à l'instant, merci mon Dieu !… En trente ans de métier, ça ne m'est jamais arrivé… Mon Dieu, je viens de renaître». C'était son jour de chance, ce chauffeur de taxi ! Car c'était vraiment par hasard que les commandos passaient par là.
L'effet téléphone portable
Mais il n'y avait pas de temps à perdre, il fallait poursuivre cette mission. Nous remontons tout de suite dans le minibus. Sur la route, le capitaine Skander Daghrir, chef de l'unité commando de la garde nationale, nous dit : «Ceci est notre quotidien depuis la Révolution et encore…on estime que le rythme a baissé puisque, au début on n'a pas quitté notre base pendant un mois et demi… Notre unité est spécialisée dans les interventions rapides et pointues. On est en quelque sorte un renfort spécialisé…» Puis le capitaine s'interrompt… pour nous montrer deux jeunes debout à un coin de rue: «Regardez ce sont des guetteurs !… Ils informent souvent leurs copains par téléphone portable que nous sommes dans les parages et parfois ils réussissent à nous échapper».
Dix minutes plus tard, les unités commandos donnaient l'assaut à une maison à la Cité Ettadhamen, pour mettre la main sur un criminel recherché. Mais l'effet téléphone portable a fonctionné et le malfaiteur a pris la poudre d'escampette lorsque nous avons pénétré les lieux… Il n'y avait que des canettes de bière, du linge sale et une forte odeur de rance…
Toujours dans le même quartier chaud d'Ettadhamen et quelque patés de maisons plus loin, un autre assaut est donné et là c'est la grosse prise… Il s'agit d'un jeune homme classé très dangereux et qui fait l'objet de cinq mandats de recherche !
D'un quartier à l'autre, la faune nocturne «louche» et qui empestait l'alcool est arrêtée et fouillée sur place… Des familles sortaient la tête par la fenêtre au bruit des pneus qui crissaient et criaient : «Emmenez-les… ils passent toute la nuit à boire et à voler‑!».
Du côté de Jbel Ammar, un quartier très peu sécurisé, on enregistre la même plainte : «Y en a marre de cette racaille qui passe la nuit à boire et à défoncer nos portes».
A mesure que la nuit déroulait ses lambeaux noirs, les interventions de l'unité des commandos de la Garde nationale continuaient. Dans la besace, deux braqueurs, un kidnappeur de ses propres enfants, deux malfrats hyper-recherchés et un évadé de la prison de La Mornaguia condamné à 13 ans, mais il n'en a passé que quatre.
Des opérations à multiplier car on sent un grand besoin du retour de la sécurité parmi les habitants de ces quartiers. Un grand besoin de sécurité parce que notre sortie ce soir-là nous a permis de quitter nos bureaux pour voir la réalité d'un terrain encore miné par une faune très dangereuse. «Depuis la Révolution et jusqu'à présent, l'unité des commandos de l'Aouina a capturé 147 évadés de prison, 245 recherchés et 62 voitures volées, affirme le capitaine Daghrir… Mais il y a encore du travail à faire».
On était aux alentours de deux heures du matin lorsque les hommes de l'unité des commandos ont enlevé leurs cagoules pour rentrer à la base… Ce n'est qu'à ce moment-là qu'on a entendu la radio entonner un «Ne me quitte pas» très brelien… tout simplement humain !


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