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Des fractures sociales longtemps occultées
Rapport sur le développement humain en Tunisie (1996)
Publié dans La Presse de Tunisie le 15 - 06 - 2011

Le Pnud a développé en 1990 un nouveau concept, celui du développement humain, pour désigner les ressources auxquelles peut avoir accès l'individu dans une société donnée et qui sont supposées lui conférer un niveau de vie respectable. Le développement ne doit pas être défini uniquement en termes d'accumulation des richesses, de revenus et de croissance mais doit intégrer une dimension plus large, axée davantage sur le volet humain que sur le volet économique. Le Programme a conféré, par ailleurs, au concept de développement humain une complexité plus grande, en intégrant des paramètres comme vivre longtemps et en bonne santé ou acquérir un savoir qui permettent à l'individu de réaliser des objectifs.
Pour pouvoir évaluer le développement humain, le Pnud a mis en place un indicateur de développement humain (IDH) calculé à partir du rapport entre la croissance économique et le développement social d'un pays donné. L'évaluation de l'IDH par pays inclut trois composantes, à savoir la longévité mesurée par l'espérance de vie à la naissance, l'éducation évaluée à partir de la durée moyenne de scolarisation et de la durée attendue et le niveau de vie représenté par le PIB par habitant en termes de parité de pouvoir d'achat. Dans le dernier rapport du Pnud sur le développement humain, qui présente un classement des pays en fonction de l'IDH, la Tunisie occupe la 81e position (développement humain élevé), précédée par des pays comme l'Iran, la Serbie ou la Bosnie-Herzégovine, alors que la Norvège est classée première.
Développement humain: la Tunisie classée 81e sur 169 pays
L'IDH de la Tunisie a été calculée à partir de l'espérance de vie à la naissance qui est de 74,3 ans, la durée moyenne de scolarisation qui est de 6,5 ans et le revenu national brut (RNB) par habitant en parité de pouvoir d'achat estimé à 7.979 dollars et qui est plus élevé que ceux du Maroc et de l'Egypte qui sont respectivement de 4.628 et 5.889 dollars. Quant à l'Algérie, elle jouit d'un RNB plus élevé par habitant estimé à 8.320 dollars en parité pouvoir d'achat.
Le dernier rapport sur le développement humain établi par le Pnud qui date de 1996 présente, par ailleurs, d'autres indicateurs sur la Tunisie, révélant des disparités importantes entre les régions.
Ainsi le PIB moyen par habitant en Tunisie, qui a été calculé sur la base des investissements publics et privés, de la consommation des ménages et des opérations d'import et d'export, est estimé à 2.097 dinars. Mais cette moyenne varie considérablement du nord au sud et de l'est à l'ouest. D'un PIB par habitant atteignant respectivement 3.265 dinars pour le gouvernorat de Tunis, 2.967 pour celui de Sousse et 2.831 pour le gouvernorat de Monastir, on passe à un PIB estimé à uniquement 1.205 dinars par habitant pour la région de Sidi Bouzid, 1.280 pour la région de Kairouan et 1.380 pour celle de Kasserine, ce qui représente une différence de plus de 50%.
Si l'indice de développement humain (IDH) établi pour la Tunisie et qui est de 0,633 lui a permis d'être classé parmi les pays qui présentent un indice de développement humain élevé, il ne reflète toutefois pas la réalité de certaines régions en matière de développement humain. Cet indice relativement satisfaisant a pu être obtenu grâce au calcul de la moyenne des IDH élevés de régions comme Bizerte, Tunis, Sousse ou Monastir dans lesquelles se concentre près de la moitié de la population tunisienne. Or, cet indice national ne reflète pas le niveau de développement humain de certaines régions comme Siliana ou Sidi Bouzid dont l'IDH, qui ne dépasse pas 0,622 est aussi faible que celui du Burkina Faso, alors qu'il atteint 0,857 pour des régions comme Tunis ou Sousse, soit un IDH qui est relativement élevé.
Des réalités volontairement occultées
En outre, si l'indice relatif à la santé et qui inclut l'espérance de vie est pratiquement similaire pour toutes les régions, les indices du pouvoir d'achat ou de la dépense journalière par habitant reflètent, par contre, une disparité très nette entre les régions. «Prenons le cas du PIB, explique Hosni Nemsia, expert senior spécialiste des systèmes statistiques. Cet indice dépasse 0,9 pour les régions côtières, mais se situe entre 0,5 et 0,6 pour des régions de l'intérieur. Il faut déjà des années pour passer d'un indice de 0,5 à un indice de 0,6. Lorsqu'un pays a un indice supérieur à 0,8 il est classé parmi les pays les plus avancés. Par contre, un pays dont l'indice est inférieur à 0,5 est un pays considéré comme sous-développé». Mais c'est l'indice relatif à l'analphabétisme qui est le plus frappant. Selon le rapport du Pnud, la Tunisie compte un million sept cent mille analphabètes dont 40% sont âgés de moins de cinquante ans et ne peuvent pas postuler à un travail car ils ne disposent d'aucune qualification.
«Ces réalités ont été volontairement occultées. Lorsque le Pnud a présenté ces chiffres à la fin des années quatre-vingt-dix, le gouvernement de l'époque a tenu à ce que ce dernier supprime la partie du rapport sur les indices du PIB, du pouvoir d'achat, à la dépense journalière par gouvernorat et qui met ainsi en exergue les disparités régionales. Au cours de ces dernières décennies, le schéma de développement n'a non seulement pas réussi à éradiquer la pauvreté mais n'a fait que creuser davantage l'écart entre la capitale et les régions côtières et celles de l'intérieur. Ce schéma doit changer et accorder plus d'importance à ces régions», conclut l'expert international.


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