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Vecteur ou fardeau ?
L'association tunisienne 1888-1988
Publié dans La Presse de Tunisie le 19 - 09 - 2011


Par Nejib ATTIA
De 1888 à 1988 l'association tunisienne était au cœur de l'histoire de la Tunisie et ce, et durant la lutte pour la libération nationale et durant la construction de l'Etat. Mais a t-elle été durant cette frange chargée de péripéties, un vecteur ou un fardeau ?
L'association n'a pas été un corps étranger greffé sur la société tunisienne. Elle a été le fruit d'une gestation interne dont la fermentation était le mouvement réformiste tunisien (le Pacte fondamental en 1857 et la Constitution de 1861 étaient le fruit de cette réforme), lui-même étroitement lié au mouvement de la renaissance arabo-islamique.
L'installation du colonialisme français en Tunisie aurait précipité cette gestation.
Ainsi, dès la fin du XIXe siècle, la Tunisie a été le théâtre d'un choc entre deux modèles socio-économiques diamétralement opposés, le premier traditionnel auto-suffisant, et le second capitaliste, d'essence conquérante, avide de marchés extérieurs pour survivre.
C'est dans ce contexte socio-politique que des associations phares voient le jour, telles que : le groupe El Hadhira (1888), EL Khaldounia (1896), la Sadikia (1905) et qui étaient un cadre efficace d'éducation, de conscientisation et d'action militante.
D'autres structures associatives telles que les corporations de métiers, les confréries religieuses, les cercles d'étudiants et d'ulémas étaient agissantes.
1888-1955, renaître ou disparaître !
A défaut d'institutions publiques performantes et face à une force coloniale oppressive et expansionniste, impérialiste et usurpatrice, arborant des slogans fallacieux prônant le sauvetage des peuples opprimés et prêchant la propagation d'actions civilisatrices, une force populaire fortement imprégnée par la miséricorde et la clémence s'est alignée pour combattre la pauvreté et l'ignorance.
Cette volonté de bénévolat qui émanait des citoyens et qui puisait sa force financière de la zakat, du habous, du waqf et des dons, «évoluaient» dans les mosquées, les koutabs et les zaouias. Les associations de bienfaisance ou à vocation culturelle notamment théâtrale (El Tamthil Arabi 1922, Nahdha Tamthilia, Bizerte, El Kawkeb...) et autres, étaient implantées dans les villes, également dans les villages.
Ainsi, de par leurs convictions nationalistes et refusant de vivre dans l'opprobre, les membres actifs des associations de bienfaisance, culturelles, sportives, outre leurs luttes contre l'indigence, l'ignorance et pour notre identité nationale, ont participé parfois directement et à côté du parti et du syndicat à la lutte nationale.
1955-1988 vecteur de construction
Au lendemain de l'indépendance et après avoir joué un rôle important dans le processus de décolonisation, les associations, ou ce qu'il en reste, se sont retrouvées impliquées aux tâches de direction des affaires de l'Etat.
En effet, le 30 juin 1959, soit quelques semaines avant la promulgation de la loi 59-154 du 07/11/1959 ( qui a abrogé le décret du 15/09/1888 tel que complété par le décret du 16/08/1936), loi anticonstitutionnelle qui ouvre la voie à tous les abus administratifs, et après une disette de 4 années (de 1954 à1959 seulement 5 visas ont été délivrés), le terrain a été déblayé par la dissolution en bloc de 64 associations (sur les 70 en activité) et par la fusion d'autres ayant les mêmes objectifs (Unat, Scouts...).
L'objectif global étant de focaliser toutes les forces vives de la nation autour d'un Etat fort, dirigé par un leader « fort ».
En dépit de la mainmise des structures de l'Etat sur tous les aspects de la vie économique et sociale et les freins législatifs et structurels mis au travers de la route des associations et autres organisations, celles-ci ont contribué, autant que faire se peut, aux multiples réalisations accomplies par la Tunisie.
Cette contribution des associations s'est faite sur le plan social, économique et culturel.
L'Utss (1989) qui a pris la relève du comité national de solidarité sociale, mis en place en 1964 après la dissolution des sociétés de bienfaisance (1961-1963) du Beit El Mel (1957) et des Habous (1956), forte de ressources humaines et financières considérables (800 employés sur un budget dépassant les 50 milliards) a accompli des services appréciables.
Les associations coopératives de construction (213 au total) se sont mises à l'œuvre et des cités entières furent construites à Tunis : Ennajah, El Omrane, les oliviers; et ailleurs.
Les associations amicales, qu'on confond avec les sociétés mutualistes ( loi de 1954 ), et qui ont fait une apparition timide entre les années 1962 à 1967, ont enregistré un rebond à partir de 1979. En parallèle avec des structures syndicales, des cellules professionnelles du RCD (créées lors du 7e congrès du PSD à Bizerte, en octobre 1964 ) et des sociétés mutuelles, elles s'attachent essentiellement à renforcer les relations entre ses membres à travers des activités culturelles et récréatives.
Les enfants de Bourguiba
D'autres associations similaires telles que l'association la Tutélaire (1956) devenue ensuite l'institution « les enfants de Bourghiba » ou l'association Ettadhmen des fonctionnaires de l'éducation (1947) qui subsiste encore, ou les associations de promotion des handicapés, toutes ont laissé des empreintes dans le secteur social.
Les associations hydrauliques ou AIC (1933 ) chargées de conduire tous les travaux d'intérêt collectif ainsi que leur gestion.
Les associations scientifiques, conscientes que la recherche scientifique et le développement technologique constituent un enjeu civilisationnel, contribuent à la mise en œuvre de la politique nationale de recherche scientifique et médicale, dans la diffusion de la culture scientifique, le renforcement de la formation et la stimulation des activités de coopération et de partenariat, conformément aux priorités nationales.
Les associations professionnelles telles que la ligue industrielle ( 1931-1939 ) ou l'Union économique (1931) précurseurs de l'Utica, les syndicats d'initiative, les Associations de sauvegarde de la médina (ASM), les Olms de la JCE, les chambres de commerce mixtes, les associations d'amitié.
Tout ce tissu associatif a fait ses preuves dans le domaine économique.
Devant la montée de la violence et le développement du terrorisme dus à la résurgence du fanatisme et de l'extrémisme sous diverses formes, politique, religieuse ; les associations à vocation culturelle et sportive prêchent en vue de la consécration de la tolérance en tant que valeur et pratique, dans les rapports entre les individus, les groupes et les Etats.
Les associations scolaires de développement constituent un sous-bois herbu pour les générations en herbe, à même de leur inculquer l'altruisme.
D'autres associations, artistiques, sportives étaient présentes à ce forum d'édification.
Ainsi et bien que noyautés et asservies, parfois banalisées ou exclues, les associations tunisiennes ont marqué de leurs sceaux l'épopée (relative) de la Tunisie.
Il y a même des associations qui ont devancé des structures publiques telles que :
L'Unft (1956), l'Atpne ( 1972 ), l'AAO (1975 ), l'Apnes (1982 ), la Ltdh (1974), l'Atpf (1968 ).
Toutes ces associations pionnières et bien d'autres ont défriché les contrées avant l'arrivée des ministères.
D'autres associations ont même enfanté des structures publiques.
Les premiers et les principaux cadres de l'Armée nationale, de la police et de la Garde nationale étaient des anciens scouts.
Les agents de la protection civile étaient formés par l'association du Croissant-Rouge.
Cependant, notre pays a dramatiquement vécu quelques soubresauts au cours des trois décennies de Bourguiba :
La première (1961-70) : «l'autel du cobaye» qui a survécu à une expérience douloureuse, celle du collectivisme
La seconde (1971-80) : «L'épopée de la béliomachie», caractérisée par un affrontement entre le PSD, parti unique irascible et l'Ugtt qui, faute de pluralisme, est devenue le creuset du bouillonnement politique et intellectuel de la société
La troisième (1981-1987) : «La valse des dauphins», à savoir feu Mzali et consorts, qui a été amplifiée par les bémols et de Gafsa le 27 janvier 1980 et du «pain» le 2 janvier 1984.
Ainsi, et malgré les séquelles engendrées par ces rudes épreuves où le régime a failli sombrer, les associations tunisiennes, bien que satellisées, voire exclues, ont fait montre d'un palmarès relativement éloquent dans plusieurs champs d'action, et ce, jusqu'au coup d'Etat, sans bruit ni fureur, de novembre 1987.
Un changement politique au sommet, patiemment et perfidement orchestré par un certain officier dénommé, de faux augure, «Zine Al Abidine».
Un nom propulsé par inadvertance le 12 janvier 1974, lors du sommet tuniso-libyen de Djerba. Un guerrier aperçu à Tunis le 26 janvier 1978 à Tunis «dans tout ses états».
Un fonctionnaire complaisamment incompétent avant l'attaque de Gafsa en janvier 1980, alors chargé de la sûreté nationale. Un poste qu'il réintégrera le 29 janvier 1984 après quatre ans d'exil et dans lequel il restera inamovible même après le 7 Novembre 1987.
Soit vingt-trois ans de règne qui ont enregistré deux périodes distinctes :
La première titrée : «la désillusion d'Icare» (août 1988-mai 2002)
La seconde : «La boulimie des vautours» (mai 2002-janvier 2011)
En guise de postface
Devant le manque d'études spécifiques sur les associations en Tunisie, leurs origines, leurs évolutions, leurs fonctions et leur devenir, seuls quelques rares ouvrages d'études, qui ne peuvent prétendre être exhaustifs, ont été réalisés et constituent néanmoins une contribution modeste à l'écriture du passé et du présent des associations.
Des travaux de recherches sur les associations et sur l'action associative en Tunisie sont très sollicités.
Dans l'expectative, la question reste encore posée ! L'association tunisienne est–elle un vecteur, un fardier ou … un fard à suivre …


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