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« Dans notre pays, la femme est devenue l'un des remparts de la modernité et un facteur de progrès équilibré »
Allocution de Madame Leïla Ben Ali à l'ouverture de la Conférence internationale sur le thème: Femme, Paix et Prospérité
Publié dans Le Temps le 09 - 03 - 2007

Gammarth-TAP - A l'occasion de la célébration de la Journée internationale de la Femme, les travaux de la Conférence internationale sur le thème: "Femme, Paix et Prospérité", organisée, sous le haut patronage de Madame Leïla Ben Ali, épouse du Président de la République, par l'Union Nationale de la Femme Tunisienne (UNFT) et l'Association des Femmes Sud-Africaines dans le Dialogue (SAWID), se sont ouverts, hier matin à Tunis.
A l'ouverture de cette Conférence, Madame Leïla Ben Ali a adressé aux participantes et aux participants une allocution dont lecture a été donnée en son nom par M. Sadok Chaâbane, Directeur Général de l'Institut Tunisien des Etudes Stratégiques (ITES).
Voici le texte intégral de l'allocution :
"Honorables invités,
Mesdames,
Messieurs,
Il m'est agréable de vous saluer et de vous souhaiter plein succès dans vos travaux ainsi qu'un séjour agréable parmi nous, tout en vous assurant de ma satisfaction pour vos efforts et en formant mes vœux pour davantage de progrès et de prospérité à la femme sud-africaine sœur.
Il m'est également agréable de saluer, en cette circonstance, Madame Zanele Mbeki, épouse de Son Excellence le Président Thabo Mbeki, et de lui faire part de mon admiration et de mon amitié, et d'adresser mes remerciements à l'Union Nationale de la Femme Tunisienne et à l'Association des Femmes Sud-africaines dans le Dialogue (SAWID), pour leur coopération en faveur de la concrétisation de cette louable initiative et pour le choix de la Journée Internationale de la Femme, pour immortaliser l'une des pages du partenariat tuniso-sud-africain en faveur du soutien aux causes féminines et de la réalisation de la paix et du bien-être pour tous les peuples.
La Journée Internationale de la Femme porte une signification particulière dans nos deux pays, tant il est vrai que nous avons en commun l'ancrage dans nos traditions de la lutte pour l'émancipation de la femme, tout autant que la forte détermination d'en préserver le processus. Nous avons aussi en commun la volonté inébranlable de favoriser l'accès de la femme aux postes de décision et de responsabilité dans la vie publique, afin d'élever sans cesse sa position, de consolider l'équilibre de la société et de prévenir toute remise en cause de l'œuvre de modernisation, sous l'effet des courants obscurantistes et réactionnaires.
L'une des constantes de la politique du Président Zine El Abidine Ben Ali dans notre pays, est que l'édification de la société et le processus de développement intégral ne peuvent se faire sainement sans la contribution de la femme. C'est ce qui prouve son illustration dans la réalité tunisienne, depuis le Changement de 1987, à travers les vastes perspectives ouvertes à la femme, pour qu'elle soit présente dans toutes les positions et participe activement à l'évolution et à la promotion du pays, dans un contexte d'égalité par rapport à l'homme, au plan des droits et des devoirs.
Cette politique est le prolongement d'un mouvement réformateur moderniste qui, aujourd'hui, en Tunisie, date de plus de 150 années. Les symboles en sont nombreux et les dates marquantes en sont connues. Nous en évoquerons, en cette circonstance, le regretté Tahar Haddad, dans les années 30 du siècle dernier, et le Leader Habib Bourguiba, lors du mouvement de libération nationale et après l'Indépendance et l'édification de l'Etat moderne.
L'un des corollaires de ce mouvement consistait à défaire les entraves qui ont paralysé la femme durant des siècles, aussi bien au sein de la famille que dans la société, et à éliminer certaines coutumes et traditions qui isolaient la femme, affectaient sa dignité et la privaient du droit de construire sa propre famille, de prendre part à l'édification d'une société saine et d'avoir accès à l'enseignement et à l'emploi, domaines essentiels dans lesquels elle peut administrer la preuve de ses aptitudes.
L'une des conséquences de ce mouvement de réforme fut aussi d'établir le principe selon lequel la religion n'est pas incompatible avec la modernité, dès lors que ceux qui s'apposaient à la modernité étaient ceux-là mêmes qui avaient affligé la religion d'interprétations erronées. Le mouvement de réforme a été mené au moyen de la clarification et de l'effort d'Ijtihad, pour que la religion soit toujours en phase avec
l'époque, honorant l'être humain, prônant l'égalité entre l'homme et la femme, rejetant toute oppression au sein de la famille, refusant la violence, incitant à la paix dans la société et entre les diverses communautés, et stimulant le progrès et le développement.
Mesdames,
Messieurs,
Vous avez choisi, en cette Conférence, d'axer vos travaux sur les cinquante années écoulées, dans un contexte fondé sur l'approche de deux mouvements: un mouvement nationaliste né en Tunisie, voici une cinquantaine d'années, pour empêcher la discrimination à l'encontre de la femme et, d'autre part, un mouvement féministe sud-africain, né lui aussi, voici cinquante ans, pour barrer la route à la discrimination à l'encontre de l'être humain. Il s'agit d'une approche originale portant sur un seul et même combat, celui de la lutte pour la libération de la patrie et de l'être humain, un combat contre toute forme de discrimination, qu'elle soit fondée sur la race ou le sexe, un combat contre toutes les pratiques réactionnaires, qu'elles soient exogènes ou endogènes.
Oui, voici cinquante ans et seulement cinq mois après l'Indépendance de la Tunisie, soit le 13 août 1956, et avant même la proclamation de la République, que notre pays s'est doté d'un Code du statut personnel qui a légalement institué pour la femme des droits sans précédent dont maintes sociétés de par le monde continuent d'être privées.
En Tunisie, la femme a obtenu, grâce à ce Code, protection et sollicitude. Ce Code a, en effet, aboli la polygamie, devenue du coup, sanctionnée par la loi. Un âge minimum a été institué pour le mariage. Le divorce hors du cadre juridique a été interdit. Le divorce rituel, qui était répandu, a été lui aussi aboli. En outre, la femme a été dotée de nombreux droits pour la mettre à égalité avec l'homme, des droits tels que le choix du conjoint, le droit au divorce, le droit de tutelle sur les enfants...
Le Code du statut personnel a été suivi par d'autres textes de loi parmi lesquels je citerais la loi du 13 août 1992.
L'ensemble de ce processus a été couronné par l'inclusion, dans la Constitution, des principes fondamentaux du Code du statut personnel, en 2004. La Tunisie a adhéré aux diverses Conventions internationales. La femme accède désormais à tous les droits à l'emploi et au droit à un salaire égal à celui de l'homme. Ses droits ont été étendus en matière de tutelle sur ses enfants, tandis que son droit d'élire et d'être élue est consacré.
Cette lutte pour l'égalité a été un combat inévitable et l'inclusion des droits de la femme dans les législations a constitué une étape décisive. Cependant, la mutation véritable et profonde s'est faite à travers les aptitudes dont la femme s'est dotée, le degré de prise de conscience qu'elle a atteint, ainsi que les connaissances et le savoir qu'elle a acquis, et la détermination dont elle a su faire preuve. A mesure que la femme se dote du savoir et gravit l'échelle de la connaissance, ses droits se consolident. Autant la femme travaille, s'élève dans la pyramide des fonctions et accède à tous les domaines d'activité, autant elle raffermit son indépendance. De même, plus la femme participe à la vie publique et à la société civile, et conquiert des positions dans les instances représentatives et les sphères du pouvoir, plus elle conforte ses acquis et consolide ses droits.
Le Président Zine El Abidine Ben Ali devait, dans ce contexte, exhorter la femme tunisienne à ne pas se cantonner dans l'attentisme et à démontrer qu'elle est digne de ces acquis, afin de concrétiser les droits énoncés dans les textes et de préserver le processus d'émancipation contre tout retour en arrière. Ainsi la femme se trouve-t-elle investie de la responsabilité de préserver ses droits en tant que citoyenne; quant aux décisions au sein de la famille ou de la société, elles sont désormais du ressort de la femme et de l'homme, de façon conjointe.
Les chiffres concernant le statut de la femme, aujourd'hui, en Tunisie, n'ont rien à envier à ceux des démocraties les plus avancées. La présence de la femme à la Chambre des députés est de 23%, soit une moyenne supérieure à celle de l'Europe et des pays industrialisés qui n'est que de 17,4%, et à la moyenne mondiale qui est de 16,9%. Cette moyenne est très élevée par rapport à la moyenne arabe qui n'est que de 8,2%. Au début du Changement, en 1987, la présence de la femme au Parlement ne dépassait pas une moyenne de 4,26%.
Au sein des conseils municipaux, en Tunisie, la présence féminine atteint, aujourd'hui, la moyenne de 26% alors qu'elle était de moitié inférieure en 1990. En outre, 23% des hautes fonctions au sein de l'Administration sont occupées par des femmes, soit une moyenne égale à celle de l'Europe en l'an 2005 (22,6%). Le tiers des magistrats tunisiens sont des femmes.
Celles-ci représentent plus du tiers du corps des avocats et des enseignants universitaires. Dans toutes ces fonctions, le nombre total des femmes ne dépassait guère une moyenne de 10%, avant l'année 1987.
L'avenir de la femme tunisienne est des plus prometteurs. Aujourd'hui, en effet, 58% des étudiants universitaires sont des filles et 60% des diplômés de l'université appartiennent au sexe féminin, toutes branches confondues. Les filles sont toujours dans le peloton de tête sur les listes des admis. Nous sommes persuadés que, dans l'avenir, la présence de la femme sera plus marquée dans les postes importants de l'économie, de même que dans les postes de responsabilité et dans les institutions de la société civile. Elle disposera d'opportunités plus larges pour jeter les bases d'un avenir meilleur pour lequel notre pays n'a cessé de préparer le terrain et vers lequel il progresse à pas sûrs, depuis près de 20 ans.
Telles sont, aujourd'hui, les orientations de la Tunisie, en matière de promotion de la condition féminine, pour hisser la femme aux niveaux les plus élevés et lui permettre ainsi de fructifier ses droits et de protéger ses acquis. C'est ce qui a incité le Parti du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), Parti du Président Zine El Abidine Ben Ali, à réserver à la femme une part minimale sur les listes de candidatures aux diverses élections. Ainsi, cette part a été de 25% lors des récentes élections, et il a été décidé de la porter à 30% d'ici l'an 2009. Aujourd'hui, en Tunisie, 15% des membres du gouvernement sont des femmes.
La femme possède désormais de nouveaux droits qui lui permettent de collaborer avec l'homme et de le compléter, dans la gestion des affaires de la famille et des enfants. En outre, la femme est dotée des prérogatives de tutelle en ce qui concerne le voyage des enfants, leurs études et la gestion de leurs comptes financiers. La femme tunisienne mariée à un étranger a obtenu, quant à elle, le droit de donner sa nationalité à ses enfants. Un fonds a, en outre, été créé pour garantir les pensions alimentaires et les pensions de divorce, en cas de réticence du conjoint séparé. Latitude a été également donnée au couple d'opter pour le système de communauté des biens pour tout acquis acheté conjointement après le mariage, afin qu'aucun des deux conjoints ne soit privé du fruit de son labeur et qu'ils agissent tous deux, ensemble, en tant que famille unie.
Mesdames,
Messieurs,
Notre continent a eu à livrer des batailles majeures et à relever d'immenses défis. L'Afrique, ce continent qui porte le nom de la Tunisie de l'antiquité "Ifriqya", a besoin, aujourd'hui, de tous ses enfants. Elle a besoin de toutes ses potentialités et de modes familiaux et sociétaux évolués pour ne pas s'exposer aux risques de résurgence de la spoliation et des politiques de discrimination raciale et d'apartheid qui l'avaient éreintée.
Nous autres, depuis notre position, à la pointe Nord du continent, et vous, depuis la vôtre, à sa pointe Sud, nous collaborons avec l'ensemble des autres peuples pour mettre en valeur toutes ses ressources et mobiliser ses compétences, femmes et hommes, afin de rattraper au plus vite notre retard et de garantir notre progression.
Le combat de l'Afrique du Sud pour la dignité de l'être humain est un combat exemplaire. Son excellence, le Président Thabo Mbeki et son illustre épouse ont été des pionniers de la lutte qui a permis à votre peuple de préparer le terrain à un dialogue nationaliste admirable.
La paix et le bien-être s'édifient par la femme et par l'homme, ensemble, au sein des sociétés comme entre les sociétés. Car le bien-être a besoin de l'apport de tous.
La paix que vous avez choisie pour thème à cette conférence, commande d'accorder à la femme les honneurs qui lui sont dus et à lui reconnaître tous ses droits et libertés. C'est que les mouvements extrémistes qui apparaissent ici et là, exploitent a religion et les idées sectaires pour resserrer l'étau sur la femme, prétextant maintes interprétations et "fatwas" rétrogrades, dans le but de la priver du savoir et de l'emploi, et de lui imposer des tenues vestimentaires confessionnelles pour l'isoler et la pousser à la misanthropie. Ces courants agissent pour imposer la discrimination entre filles et garçons à l'école, dans les clubs et dans toutes les instances et positions de la vie publique.
Dieu merci, dans notre pays, la femme est devenue l'un des remparts de la modernité et un facteur de progrès équilibré.
C'est là un acquis dont nous sommes éminemment fiers. Ce processus est irréversible, tant il est vrai que nous vivons dans le contexte des valeurs de tolérance, de solidarité, de coopération et d'ouverture sur lesquelles s'appuie notre religion sublime, religion du juste-milieu et de la modération.
Mesdames,
Messieurs,
Les hauts faits de la femme dans notre pays sont tangibles depuis la fondation de Carthage par Elyssa. Aujourd'hui, la Tunisie s'emploie, à la faveur d'une forte volonté politique, à promouvoir ces acquis considérables. Nous souhaitons, aujourd'hui, pour notre continent, le progrès et l'invulnérabilité, et pour la femme africaine, l'excellence et la réussite.
Pour conclure, je forme mes meilleurs vœux de pleine réussite à vos travaux, et souhaite, aux hôtes de la Tunisie, un séjour agréable parmi nous.


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