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Pallier l'insuffisance des fonds propres
Entretien avec M. Jamel Belhaj Abdallah, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 12 - 2011

• En partenariat avec des opérateurs privés, la CDC gérera des fonds d'investissement pour boucler le schéma de financement des PME, en phase de démarrage et de développement.
• Les investissements de la CDC ne se limiteront pas aux grands travaux d'infrastructure, mais ils couvrent tous les projets «intégrés» qui développent l'attraction des régions intérieures.
«Ce n'est pas une banque. C'est une institution financière qui participe dans le capital social des grands projets “intégrés”, des plateformes créatrices de marchés, renforce la capacité de financement des entreprises publiques et privées et qui sait attendre la rentabilité de ses investissements», relève M. Jamel Belhaj Abdallah, directeur général de la CDC. En effet, avec un capital de 50 millions de dinars de capital social, une assise financière de 3.000 millions de dinars, un concentré de compétences et une nouvelle approche d'investissement, tous les atouts semblent réunis pour que la Caisse des dépôts et consignations joue pleinement son rôle de catalyseur des investissements, du développement régional et de l'employabilité.
A l'heure actuelle, la CDC est en phase de démarrage. L'arrêté n°4087 du 17 novembre 2011 vient de fixer le fonctionnement et la gestion de la caisse. Et les préparatifs s'accélèrent pour concrétiser ce projet. Pourtant, «l'idée n'est pas nouvelle», précise le D.G. Plusieurs textes de loi se sont succédé sans que la Caisse n'ait vu le jour. Depuis la promulgation de la première loi, en 1918, puis une autre en 1956, qui assigne à la caisse la responsabilité de gérer les fonds de la Caisse d'épargne nationale de Tunisie (CENT), le projet n'a pas été mis en œuvre. «Plusieurs opérateurs spécialisés ont substitué la CDC : l'AFH pour l'aménagement des territoires, la Sprols pour le logement, l'AFI pour l'aménagement des zones industrielles...», explique-t-il. Comparée aux expériences d'autres pays, on peut affirmer que la Tunisie s'est engagée sur une fausse piste. En effet, bien que ces entreprises aient mené à bien leurs missions, elles ont montré une incapacité d'investissement dans des projets d'envergure, compte tenu de leur assise financière limitée. «Multiplier les entreprises et les institutions a conduit à un éparpillement des efforts et à un manque de coordination», résume le D.G. Et d'illustrer : «A son démarrage, le projet des berges du Lac a démontré l'insuffisance des fonds de ces organismes publics et privés. Après une dizaine d'années le projet s'est avéré très juteux». D'où, le fonctionnement en institutions indépendantes n'a pas permis de saisir un bon nombre d'opportunités et de drainer de grands investissements.
A cet égard, M. Jamel note que «le rôle de la CDC est de financer les fonds propres de ces institutions afin qu'elles puissent réaliser des projets d'envergure, économiquement viables». De ce fait, l'activité de la CDC n'a de limite que celle de la rentabilité financière du projet. Même si la mise est importante et la rentabilité est à long terme. Selon cette logique, les investissements ne se limiteront pas aux grands travaux d'infrastructure, mais ils couvrent tous les projets intégrés qui développent l'attraction des régions, notamment intérieures. Sans que cela ne se transforme en un gaspillage des ressources publiques. Pour rationaliser la gestion des fonds, dans tout projet la CDC fera appel à des opérateurs privés en quête de rentabilité financière. En effet, la «cupidité» des partenaires privés est un frein à la «générosité» de l'Etat. Outre le financement, l'engagement de l'Etat à travers la CDC est de nature à rassurer tout investisseur.
Des solutions pour les entreprises
Les activités de la CDC couvrent, également, le financement de PME. Toujours en partenariat avec des opérateurs privés, elle gérera des fonds d'investissement pour boucler le schéma de financement des PME, en phase de démarrage et de développement. «Il s'agit d'un apport en fonds propres remboursable dans une période suffisamment longue pour assurer la viabilité du projet, allant de 5 à 7 ans», dévoile le D.G. Pour les régions, les dirigeants de la caisse sont en train de négocier avec une institution de finance islamique la possibilité de créer un fonds pour financer les investisseurs privés.
S'attardant sur les petits investisseurs, il a rappelé que la nouvelle réforme de la microfinance est en mesure de mettre à niveau ce secteur, notamment les métiers et les opérateurs. Du coup, un fonds d'amorçage sera mis à la disposition des jeunes promoteurs démunis de ressources suffisantes et de garanties réelles.


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