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«Chiche l'Afrique» de Gustave Akakpo
Journées théâtrales de Carthage 2012
Publié dans La Presse de Tunisie le 09 - 01 - 2012


• Le continent de tous les maux
Pendant les JTC 2012, ceux qui désirent découvrir le théâtre africain n'ont qu'à suivre la programmation du théâtre El Hamra, également Centre arabo-africain de formation et de recherche théâtrale. Parmi les pièces que l'on a pu voir dans cet espace, au lendemain de l'ouverture des JTC, celle du togolais Gustave Akakpo. «Chiche l'Afrique» est un long monologue, «cynique et lucide, qui dresse un portrait des dictateurs africains et dénonce leurs affaires, leurs connivences ainsi que le mythe d'une entente désintéressée entre l'Afrique et la France». Tout un programme! Il y a tellement de dictateurs, de corruption et de guerres dans ce continent de tous les maux. Le propos d'Akakpo est essentiellement que l'Afrique, dont la plupart des pays ont été colonisés par la France, n'a jamais réellement eu son indépendance. Et il le dit bien, en usant de la langue de Molière. Cela donne des répliques comme : «Après l'indépendance, l'Afrique était mal partie mais la France, elle, est bien restée». Le genre de phrase après quoi on rit pour mieux sentir l'arrière-goût d'amertume qu'elle nous laisse. Gustave Akakpo pourrait lui-même représenter cet amalgame, un Togolais qui maîtrise le français et les rouages de la politique française et plus particulièrement la politique africaine de la France. Il signe le texte et l'interprétation, pour une mise en scène de Thierry Blanc. C'est un auteur avant tout, comme l'a présenté Leila Toubel au début de son spectacle. Il a d'ailleurs été en stage de dramaturgie au Centre arabo-africain de formation et de recherche théâtrale. Son texte témoigne de son talent. «Chiche l'Afrique» vient prouver qu'il est également bon comédien et imitateur.
Cette pièce est présentée comme une émission télévisée où l'animateur dénonce la mainmise des politiciens, entre dirigeants français et dictateurs africains, sur les richesses du continent, par le moyen d'un système de corruption généralisé. Pour cela, il les fait parler pour leur faire dire ce qu'ils n'ont pas l'habitude de dire : la vérité. Pour cela une fois, ce ne sont pas seulement leurs gestes qui les trahissent mais aussi leurs mots. Quant à leurs peuples, ils subissent famine, pauvreté, génocides et guerres civiles. Et la France sait faire la sourde oreille juste quand il le faut, pourvu que les affaires marchent. François Mitterrand n'a-t-il pas dit, à propos du génocide du Rwanda : «Dans ces pays-là, un génocide, ce n'est pas trop important». Aucune pièce à elle seule ne saurait faire le tour de la question, même pas «Chiche l'Afrique» avec son monologue de plus d'une heure trente, où l'humour est bel et bien teinté de noir, un noir-Afrique. A la fin de la pièce, et après avoir réglé ses comptes avec la France et ses amis dictateurs que l'on voit défiler sur un écran, Gustave Akakpo tient quand même à finir sur une note d'optimisme en enchaînant sur une rétrospective de militants et de militantes africains (Nelson Mandela, Steve Biko, Thomas Sankara, Wangari Maathai, Albertina Sisulu...) et de passages de textes d'auteurs témoignant de leur amour pour ce continent qui mériterait vraiment d'être aimé à sa juste valeur.


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