Connaître son public cible, ses besoins et ses attentes est, désormais, un paramètre significatif d'identification et d'étude pour savoir à qui s'adresse un média et quel contenu d'information il pourrait lui présenter. C'est, en quelque sorte, une technique de mesure quantitative et qualitative censée fournir aux divers médias les données nécessaires à travers lesquelles l'entreprise de presse, quelle qu'elle soit, écrite, radiophonique, audiovisuelle ou électronique, aura à mettre à l'épreuve ses capacités et ses compétences telles qu'elles sont vues et jugées par son récepteur. Et c'est là l'objectif de toute communication de masse : avoir une certaine interactivité et un feed-back du message transmis. Ce qui est extrêmement important et rentable, du moment que le taux d'audience détermine le volume publicitaire et l'intérêt du public suscite, en retour, celui des annonceurs. Une relation de cause à effet, à vrai dire. Une culture en soi que l'on ne voit pas trop dans le paysage arabe. Peut-être parce qu'il s'agit d'un atout complémentaire qui exige un budget supplémentaire. Ou plutôt, faut-il un savoir prérequis pour apprendre à comprendre son opinion publique. Faute d'études ou de moyens, ce concept d'évaluation reste encore sous-estimé. En témoigne l'Union des Radios des Etats arabes, communément connue sous son abréviation anglaise «ASBU» dont le siège est à Tunis. L'ASBU, organisation agissant dans le champ médiatique, a déjà effectué une série d'études et de recherches radiophoniques, groupées dans un ouvrage qui vient de paraître récemment. Intitulé « L'audimat dans les organismes médiatiques arabes : absence des études et défis de l'industrie médiatique », ce travail a été conjointement réalisé par trois auteurs, à savoir Drs. Mohamed Guirat, Khayrat Ayed et Sadok Hammami. Il se veut, ainsi, un guide référentiel pour l'analyse et le diagnostic du public cible, en se basant sur des thèses et théories scientifiques validées par des expériences internationales de renom telles que celles inspirées du modèle anglo-saxon, francophone et américain. Edité en langue arabe, avec l'appui des tableaux et illustrations, ce recueil de quelque 110 pages vient présenter ce concept médiatique, tout en abordant cinq grands chapitres y afférents. Partant de l'étude du public, considéré en tant que centre d'intérêt du processus de la communication de masse et facteur déterminant de sa réussite, pour aller faire le point de la situation des instances télé-radiophoniques arabes, ce livre s'est focalisé sur les principes fondamentaux de l'audimat et la méthode empirique à suivre pour analyser l'impact et en tirer les enseignements requis. Passant en revue les expériences mondialement reconnues pour des traditions en marketing publicitaire, le troisième chapitre a relevé que la diffusion de la culture d'investigation et d'enquête sur les catégories du public cible est la responsabilité de toutes les parties prenantes. Cette culture est tributaire d'un contrat de confiance et de crédibilité public-média. Ce qui n'est pas le cas dans le monde arabe, compte tenu des handicaps et difficultés auxquels fait face le secteur. Le quatrième chapitre impute cette défaillance à l'absence d'une culture d'audimat, mais aussi à la hausse des coûts des études de faisabilité. Le dernier chapitre a été consacré à la présentation des questionnaires réalisés par les différentes instances télé-radiophoniques arabes dont les résultats ont démontré que 60 % des organismes médiatiques ne disposent pas de centre d'audimat et que la majorité opte pour le questionnaire comme unique méthode d'enquête. Ce qui n'est plus suffisant pour mieux segmenter son public et identifier ses besoins.