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Dire et contredire
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Publié dans La Presse de Tunisie le 07 - 03 - 2013


Par Abdelhamid GMATI
Depuis quelques mois, on tient des propos lénifiants visant à tranquilliser les Tunisiens et à gagner leur confiance. Le refrain est le même : «Tout va bien Madame la Marquise». Cela provient essentiellement de nos gouvernants, réels (députés, présidents, ministres) ou avérés (chef d'Ennahdha ou d'autres partis au pouvoir). «Tout va bien en Tunisie», affirmaient MM. Hamadi Jebali, Moncef Marzouki Rached Ghannouchi et d'autres ministres. Propos à contre-courant de la réalité tunisienne. La dernière affirmation en date est celle de M. Mustapha Ben Jaâfer, président de l'ANC, prononcée lors d'une interview à une chaîne d'information française, le 4 mars : «La nouvelle Constitution de la Tunisie sera prête au cours du mois d'avril prochain». Il réitérait ses propos tenus le 26 février, fixant la fin du mois d'avril comme date limite pour l'achèvement du texte de la Constitution. Affirmation démentie par M. Samir Bettaïeb, député du parti El Massar, qui a estimé cette date «irréaliste». Fin février, le rapporteur général de la Constituante, M. Habib Kheder, apportait un premier démenti déclarant que «la version finale de la Constitution ne sera pas prête pour fin avril. Une véritable gageure...».
Il y a quelques jours, le ministre des Finances au gouvernement intérimaire, M. Elyes Fakhfakh, indiquait que «l'économie tunisienne n'encourt pas de gros risques à l'heure actuelle». Affirmation allant à l'encontre des cris d'alarme lancés par l'Utica, l'Association des économistes tunisiens, par les professionnels du tourisme et par M. Houcine Dimassi, ancien ministre des Finances, démissionnaire, qui a déclaré, il y a quelques jours que «le pays est en train de vivre une crise économique à cause de l'instabilité politique... et que la Tunisie pourrait subir le même sort que la Grèce à cause de cette crise politique». Même avertissement de la Banque centrale. De même que les dégradations successives de sa note souveraine.
Ces dires aussitôt contredits sont légion et sont pratiquement quotidiens, touchant plusieurs domaines, même les plus anodins. On sait que la crise politique est réelle et perdure depuis plus de huit mois au cours desquels les gouvernants ne parviennent pas à remanier le gouvernement, chaque partie ne pensant qu'à ses intérêts partisans et à s'assurer une meilleure part du pouvoir. Entre-temps, la situation du pays se dégrade et là aussi les cris d'alarme sont nombreux. Le dernier en date est lancé par M. Abdelkrim Zbidi, ministre de la Défense nationale, généralement discret et étranger aux méandres de la politique, qui vient d'annoncer sa démission estimant qu'il «ne peut continuer à exercer dans le flou actuel». Ses révélations soulignent la gravité de la situation sécuritaire et politique du pays. Le militant des droits de l'Homme, M. Ali Ben Salem, tire aussi la sonnette d'alarme et estime «qu'Ennahdha est en train de conduire le pays vers le chaos...Depuis la colonisation, le pays n'a jamais traversé une période aussi difficile...Le projet d'Ennahdha est l'islamisation du pays, à l'image de l'Iran ou du Pakistan, et l'Etat va bientôt s'effondrer». Même le prédicateur wahhabite djihadiste libanais, Omar Bakri Fostock, y est allé de son constat : «Le réseau d'Al Qaïda est aujourd'hui bien implanté en Tunisie et les islamistes sont les seuls à sortir gagnants de la révolution qu'ils n'ont pas faite». Le vice-président du mouvement islamiste, M. Abdelfattah Mourou, regrette, en larmes, qu'Ennahdha se trouve dans une impasse : «Je suis sûr qu'il y a, parmi ceux qui ont voté Ennahdha, des gens qui le regrettent».
Entre-temps, il est des responsables qui continuent à dire n'importe quoi. Tel ce député d'Ennahdha qui menace de couper la main à celui qui osera s'attaquer à son parti. Ou cet imam qui promet que, si on interdisait les Ligues de protection de la révolution, on les fera revivre dans les mosquées. Ou encore le chef du mouvement islamique qui affirme que des mercenaires ont été recrutés et payés par des parties occultes afin de l'agresser et de le chahuter, à Thala, pendant l'inhumation symbolique de Ahmed Rahmouni. Ou ce député d'Ennahdha, M. Walid Bennani, «dégagé» en même temps que son chef par les habitants de Thala, qui affirmait qu'ils avaient été invités à la cérémonie par la famille du défunt. Affirmation rapidement démentie par le magistrat M. Ahmed Rahmouni, neveu du défunt, qui a déclaré que «la famille Rahmouni n'a pas lancé d'invitations personnelles à des personnalités politiques pour assister à la cérémonie». On pourrait rappeler l'estimation faite par le ministère de l'Intérieur concernant la «Malyounia» du 16 février, parlant de 16.000 participants à 15h00 puis de 60.000 vers 18h00.
Faut-il croire que la politique est basée sur le mensonge ? Et dire qu'au lendemain de l'indépendance, le slogan proposé comme éthique des politiciens était : «Sincérité de parole et loyauté de l'action». Cela n'est pas particulièrement suivi. Pourtant, c'est la clé pour gagner la confiance du peuple qui n'aime pas qu'on lui raconte des salades. A la longue, cela se paie.


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