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L'espoir est permis
Tunisie, la route des jasmins de Jaloul Ayed
Publié dans La Presse de Tunisie le 03 - 04 - 2013

En présence d'une assistance relativement nombreuse et dans l'un des hôtels de Sousse, M. Jaloul Ayed, qui avait dirigé le ministère des Finances au sein des deux premiers gouvernements de transition post-révolutionnaire, a présenté pendant une heure et demie son livre intitulé : Tunisie, la route des jasmins. En guise d'introduction à cette rencontre organisée par l'Association des anciens élèves du Lycée de Garçons de Sousse, l'auteur a rappelé à l'audience qu'il s'était fixé trois objectifs à travers l'édition de cet ouvrage :
- Laisser une empreinte; un témoignage sur le vécu du pays après le 14 janvier 2011.
- Transmettre un message à la jeunesse de la Tunisie, «en grand désarroi et soucieuse de son avenir», a-t-il dit.
S'exprimer sur les difficultés auxquelles s'expose le pays et envisager quelques solutions pratiques et un plan de développement technique, afin de résoudre à court, à moyen et à long termes les problèmes qui entravent le processus de la consolidation d'une démocratie naissante et balbutiante.
Etablissant la rétrospective de deux ans et demi de période révolutionnaire, l'auteur a estimé que le fait de voir cinq gouvernements de transition se succéder durant un laps de temps aussi court, constitue à lui seul un obstacle majeur pour résoudre d'énormes difficultés d'ordre structurel qui traînent déjà depuis plus d'un demi-siècle. «Le problème est que l'on continue à s'entêter à recourir à des solutions politiques pour venir à bout des deux principaux problèmes du pays, à savoir le chômage et le développement régional équitable. Le mirage de l'Etat providence n'a plus sa raison d'être. Les pays occidentaux aux traditions démocratiques séculaires se sont rendu compte que tout problème économique requiert une issue de la même espèce avec un appui politique indéniable. Ceux qui sont au pouvoir n'ont généralement qu'une seule obsession : garantir la réussite aux prochaines élections même au détriment du développement de l'économie et de l'équilibre budgétaire. La France, berceau de la démocratie , n'est pas parvenue à combler le déficit de son budget depuis belle lurette car on a trop misé sur les ressources publiques pour s'acquitter des énormes dettes contractées. Ajoutons à cela la centralisation du processus de développement et les lourdeurs et les tracasseries des procédures administratives qui en découlent, on ne pourra jamais aspirer à sortir de l'auberge et à atteindre des performances en matière d'économie» , a-t-il longuement martelé.
Par la suite, il s'est attardé sur les conditions sine qua non pour assurer la réussite aux solutions proposées pour que le pays sorte du marasme socioéconomique dans lequel il se débat au lendemain du 14 janvier 2011. Il pense que la Tunisie a impérativement besoin d'un gouvernement politique fort qui peut exercer pleinement son pouvoir coercitif pour instaurer la sécurité et la justice dans le pays. Ensuite, il faudrait qu'il y ait un véritable Etat de droit avec une réelle séparation des pouvoirs. Des institutions financières solides et une société civile au vrai sens du mot seraient d'un grand apport pour espérer enrayer le fléau du chômage, des «cols blanc» en particulier et le développement des régions.
«Si l'Etat continue à assumer le rôle d'unique pourvoyeur d'emploi, on reviendra inéluctablement à la case départ. Admettons que 30.000 nouveaux postes d'emploi aient été créés dans le secteur public, on est certain qu'aucune plus -value ne sera acquise. La seule croissance qui s'ensuivra est l'augmentation de la consommation interne. Un indice d'aucune utilité pour le système de performances et d'objectifs tant souhaité. C'est la raison pour laquelle il serait urgent d'encourager l'investissement marchand dans le secteur privé par le biais des P.M.E et des P.M.I avec des facilités d'accès aux banques et l'instauration d'une discipline financière rigoureuse. Dans cet ordre d'idées, il serait adéquat de réfléchir à la création de fonds d'investissement centralisés et de fonds régionaux de proximité en plus d'une caisse de dépôts et de consignation. C'est grâce à un pareil système financier qui appuie que l'on pourra accéder à une économie créatrice de valeurs; une économie de connaissance et d'innovation qui stimule les jeunes investisseurs à prendre l'initiative et à oser donner de nouvelles idées de projets économiques rentables. C'est de cette façon qu'on arrive à créer la richesse et la prospérité. La notion de l'Etat providence qui monopolise toutes les options économiques est une notion désuète. L'Etat moderne devrait encourager le marché innovant et chercher la croissance de la richesse et non la croissance de la consommation dont les retombées inflationnistes sont fâcheuses. Prenons l'exemple du Singapour, une petite île qui est parvenue au bout de quelques années à bâtir une économie de marché très prospère. Par l'instauration d'un fonds national de développement et d'amorçage, cet archipel si petit soit-il détient l'un des P.N.B les plus élevés dans le monde. Aujourd'hui, plus que jamais, nous avons besoin de structures intelligentes mises en place par un Etat intelligent. Essayons de nous débarrasser du syndrome du nain», a-t-il réitéré.
Pour ce qui est de la stratégie des grands projets, il a rappelé que la Tunisie actuelle ne peut pas trop compter sur les grands marchés internationaux de capitaux et de financement tant que le flou politique persiste à sévir et tant que le pays tel qu'il est n'a pas de vision claire à tous les niveaux : «Avec une note souveraine de plus en plus basse, les investisseurs étrangers perdent de jour en jour leur confiance en notre pays» , a-t-il souligné avec un grand soupir.
Entre autres, son livre a abordé le fléau du marché parallèle qui menace lourdement l'économie du pays. «Il est urgent d'endiguer ce fléau. Actuellement, notre navire tangue à droite et à gauche. Avec la prolifération de ce commerce illégal et à moitié clandestin, il se dirige illico presto vers les gouffres les plus amers.»
Il a d'autre part insisté pour dire que la Tunisie post-révolutionnaire, à côté des réformes économiques structurelles a également besoin d'une refonte totale de son système éducatif : «Il est triste de relever que nous avons en Tunisie des écoles qui produisent des milliers de chômeurs. Un projet national de reconversion qui répond aux besoins réels de notre économie est recommandé», a-t-il indiqué. En outre, il a fait savoir que le pays souffre d'un problème d'ordre culturel très important. «La culture en tant que œuvre humaine mérite une revalorisation en Tunisie. Nous devrons enraciner chez les nouvelles générations la culture de la performance; de l'excellence et de la discipline. La réussite économique a un soubassement culturel, faut-il le reconnaître».
«Telles sont les solutions auxquelles j'ai pensé et que j'ai mentionnées dans mon livre : Tunisie, la route des jasmins Le pays a les moyens de franchir cette étape de transition très délicate. Il faudrait penser au Tunisien moyen car le ventre creux n'a pas d'oreille», a-t-il conclu, révélant un optimisme modéré et des craintes avouées.


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