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Un volcan au repos provisoire...
Du côté de Jebel Chaâmbi
Publié dans La Presse de Tunisie le 12 - 05 - 2013

Alors que l'armée et les forces de la garde nationale font monter la pression en multipliant les opérations de ratissage à Jebel Chaâmbi, la vie poursuit son cours habituel dans les bourgades et localités avoisinant le mont. Même à Boulaâba, la localité où les militaires tunisiens ont arraché, jeudi dernier, une mine datant de la Seconde Guerre mondiale et découverte par un berger, le vécu des gens n'a rien d'anormal. Cela gronde, toutefois, quelque part ailleurs.
A l'entrée du parc Chaâmbi, haute épine dorsale des montagnes de la région, siègent les patrouilles des forces militaires. Plus loin, se poursuivent les opérations de ratissage : à Jebel Essaloum, Jebel Sammama et Jebel Boulahnach entre autres pour ce qui est des montagnes entourant la ville. Au niveau des frontières tuniso-algériennes, les opérations continuent à Jebel Khchem El Kalb (nez du chien), Jebel Fériana, Jebel Dernaya, Jebel Bouchebka, etc. Mais, aucun terroriste n'a été jusque-là arrêté. Pour certains, la tâche n'est pas du tout aisée dans une région rustre où l'étendue des montagnes est estimée à 100 km2 et la superficie forestière représente 80% de l'ensemble des forêts tunisiennes. Pour d'autres, les enfants de la région, ceux qui connaissent le mieux les secrets géographiques de Chaâmbi, auraient été utiles pour mener efficacement les opérations. Un haut cadre militaire croisé au niveau de la localité de Hnadra a bien confirmé la gravité de la situation, précisant que l'enjeu est de taille et que la discrétion est fort utile pour déjouer les plans d'action des terroristes. «L'on fait face aujourd'hui à des terroristes qui savent manier avec adresse les explosifs. A mon sens, il n'est pas question de gens ordinaires, mais plutôt d'hommes qualifiés. C'est là où réside l'énigme». Ce semblant de calme pourrait être celui d'un répit avant une nouvelle tempête. C'est que le mont Chaâmbi ressemble pour l'heure à un volcan au repos provisoire.
Changement de stratégie
Le même niveau d'alerte est tenu par le secrétaire général adjoint du syndicat régional des forces de sécurité intérieure de Kasserine et secrétaire général du syndicat de base des frontières de Feriana. Mahmoud Kahri qui a à son actif trente-cinq ans d'exercice au sein de la garde des frontières note que les opérations de ratissage vont bon train, grâce à la ferme détermination des forces de sécurité intérieure et de l'armée nationale à défendre l'intérêt supérieur de la patrie sans calcul aucun. Comme il l'entend, l'installation du terrorisme dans une partie des contrées tunisiennes est l'aboutissement logique de tout un cumul. Notamment, le changement de stratégie relative à l'exercice sécuritaire et la précarité des conditions dans lesquelles évoluent les agents de garde au niveau des frontières tunisiennes. «Autrefois, le travail prospectif était une règle de base. L'on coupait les mauvaises racines à leur poussée. En d'autres termes, on n'attendait pas l'arrivée des terroristes jusqu'à notre demeure. On les attaquait avant qu'ils le fassent. Aujourd'hui, la donne a bien changé. La loi antiterrorisme a été gelée et l'on n'a plus une définition exacte du terrorisme. Les repères sont de plus en plus brouillés et la marge de manœuvre est significativement rétrécie. Mais, pourquoi attendrais-je le terroriste jusqu'à ce qu'il prenne pour refuge la montagne pour le poursuivre, alors qu'il m'est possible de le neutraliser avant qu'il ne s'évade. Je pense que l'on a besoin aujourd'hui d'une définition exacte du terrorisme. On ne peut pas mener une guerre contre un inconnu, comme on dit», renchérit-il.
Tirant la sonnette d'alarme, le même interlocuteur revient sur les conditions des agents de garde évoluant au niveau des frontières, soulignant qu'elles sont pour le moins précaires et tragiques : «Figurez-vous que la somme réservée à l'agent de garde était de 800 millimes/ 24 heures avant de l'augmenter récemment pour atteindre 1800 millimes ? Mais que peut-il avoir comme nourriture avec une somme pareille ? Un agent de garde doit être avant tout bien nourri, compte tenu de la dureté de sa tâche et des exercices qu'il poursuit quotidiennement», s'exclame-t-il. L'autre précarité concerne, selon Mahmoud Kahri, les équipements. A ce propos, il convient de dire qu'il est allé chercher, en nous quittant, des ampoules pour les projecteurs d'un poste de garde frontalier. «Souvent sur six projecteurs, il y a uniquement deux qui sont fonctionnels. On a demandé de nouveaux équipements il y a bientôt dix mois, mais en vain. C'est un militantisme au quotidien auquel on est livré. On n'a pas d'autre choix que de composer avec la situation, en attendant qu'elle s'améliore un jour».
Franche indolence
De l'autre côté de la montagne, à un quart d'heure de marche de la zone militaire, plus précisément à la bourgade de Boulaâba, les hommes n'éprouvent aucun signe d'inquiétude. Des mines, du terrorisme, ils ne prennent pas la chose beaucoup au sérieux. Même Abdallah, l'homme qui a découvert la mine datant de la Seconde Guerre mondiale, six mois avant de la faire arracher par les militaires, pense que lui et le reste des habitants de la bourgade seraient le dernier souci des terroristes. «Je n'ai pas peur et je ne m'en soucie pas trop. Moi et mes semblables, qui sommes des damnés de ces zones rustres, n'avons que le bon Dieu à craindre. Même s'ils nous attaquent un jour, ils n'auront rien à gagner, nous sommes déjà morts-vivants sous ces décombres que vous voyez». Des propos ayant suscité la réaction d'une femme à la recherche d'une brebis égarée au pied de la montagne : «Ici, si on déjeune le matin, on ne mange pas à midi, et quand cela arrive, on n'a plus rien pour dîner. On leur souhaite bonne chance les militaires. Et on leur dit de faire attention aux explosifs. Mais, nous, notre misère est d'un tout autre ordre. Nous sommes les oubliés de la révolution et nous sommes sur le point de lâcher pour quitter l'un après l'autre ces campagnes ingrates, où la nature a depuis longtemps cessé d'être généreuse». Une attitude énergiquement dénoncée par Brahim : «Quoi qu'ils fassent, qu'ils nous oublient, qu'ils nous marginalisent, nous demeurons les enfants de ces terres et le cordon ombilical qui nous y lie ne se tordra jamais. Nous continuerons à veiller sur nos frontières, par amour de la patrie», lance-t-il avec une lueur d'espoir traversant les yeux.


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