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Festivals «en émoi»
ICI-BAS
Publié dans La Presse de Tunisie le 27 - 06 - 2013


Par Abdelhamid GMATI
La 34ème édition du Festival de Boukornine n'aura pas lieu. C'est ce qu'a annoncé son comité directeur présidé par l'artiste, comédienne bien connue, Leïla Toubel, lors d'une conférence de presse tenue il y a deux jours. Les raisons avancées sont d'ordre financier et les pressions de la Ligue de protection de la révolution. De fait, cette annonce avait été faite, en mai dernier, Mme Toubel qui précisait : «La pression et les agressions répétées des ligues de protection de la révolution de la banlieue d'Hammam-Lif, ainsi que la multitude d'assauts, visiblement cautionnés et appuyés par les autorités régionales».
Sur les colonnes de notre journal, elle ajoutait: «Je ne me bats pas pour un festival, je me bats pour la culture en Tunisie contre l'obscurantisme et la violence, contre ces soi-disant comités de protection de la révolution, qui veulent envahir tous les secteurs, ne se contentant plus de la violence dans les affaires politiques, sociales et d'éducation, puisqu'ils veulent désormais se mêler à la culture». Le ministère de la Culture et les autorités régionales auraient demandé d'intégrer des membres de la LPR à la direction du festival, «chose inadmissible» pour Mme Toubel.
Pour le côté financier, le ministère n'a pas versé sa subvention qui s'élevait à 15.000 dinars, tandis que la municipalité de la ville qui octroyait 15.000 dinars a ramené cette somme à 8.000 dinars. Le gouvernorat, lui, a préféré soutenir le Festival de la Médina d'Hammam-Lif qui se tiendra au mois de Ramadan avec une connotation fortement religieuse. Les annonceurs qui contribuaient à boucler le budget du festival (environ 200.000 dinars) ont fait faux bond. Le ministère de la Culture a émis un communiqué, la semaine dernière, pour souligner son «attachement à organiser ce festival comme à l'accoutumée et dans l'échéance prévue». Entre-temps, une commission au sein de la délégation régionale de Ben Arous a été constituée pour sélectionner, parmi les candidatures présentées, un comité directeur pour le festival. Les artistes tunisiens invités à cette 34ème session, comme Sonia Mbarek et Mohamed Ali Ben Jemaa, ont refusé de participer avec un autre comité directeur. Le coup de force de s'attribuer ce festival, qui fait suite à la tentative d'une obscure société de contrôler les festivals de Carthage et de Hammamet (affaire encore en suspens) a semble-t-il réussi. Que fait donc le ministère ?
Le Festival international de Carthage a révélé le programme de sa 49ème session. Un programme riche et varié avec une forte connotation culturelle qui tranche avec la dernière décennie vouée essentiellement à la variété de mauvaise facture et des chanteurs de seconde zone. Conséquence : on avait un public qui, en chantant et en dansant, faisait le spectacle, en une sorte de «happening». Un public de stade de foot venu se défouler. La culture était absente pendant des décennies. Il faut rappeler aussi que la programmation était décidée par le Palais de Carthage, par Madame, ses filles et ses amies, au grand désespoir des différents directeurs qui étaient directement démis de leurs fonctions dès lors qu'ils marquaient leur opposition à tel ou tel invité (à coups de milliers de dinars en devises étrangères). Mourad Sakli, directeur de l'actuelle session, musicien et musicologue, a voulu retourner aux sources et redonner au festival sa vocation première, comme l'avait préconisé l'an denier le ministre, Mehdi Mabrouk, à savoir encourager et soutenir la création nationale et faire connaître les cultures étrangères. Cette année, 30% de la programmation a été réservée aux artistes tunisiens sur la base de la créativité. Il y aura, donc, de nouvelles créations tunisiennes à Carthage. Il semble que le comité directeur a eu les coudées franches et n'a pas subi beaucoup de pressions arbitraires. Certes, quelques chanteurs tunisiens, comme l'inénarrable Slah Mosbah, ont protesté de n'avoir pas été retenus. Mourad Sakli a répondu que, d'une part, ces protestataires n'ont pas proposé de nouvelles créations et, d'autre part, leur popularité n'est pas suffisante et durant les expériences passées, ils n'ont pas eu de public. Or un festival, surtout à vocation culturelle, est basé sur la présence d'un public en nombre suffisant. A quoi servirait un festival sans public réservé seulement aux proches et aux amis ?
Espérons que le ministère de la Culture fera face à ces tentatives de contrôle de manifestations culturelles nationales et qu'elles pourront se dérouler sans être «en émoi.


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