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Une édition dédiée à tous les réprimés
Ouverture du 2e festival international des droits de l'homme
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 01 - 2000

La culture des droits de l'Homme et de la liberté se transmet aussi à travers les images
Quoi de plus normal qu'un festival consacré aux droits de l'Homme s'ouvre avec une avalanche de slogans protestataires d'autant que le film d'ouverture,«Le martyr heureux» de Habib Mestiri se veut un hommage au militant de gauche, Chokri Belaïd, assassiné le 6 février 2013.
C'était-là la particularité de cette 2e édition du festival international des droits de l'Homme qui se tient du 24 au 28 septembre. La salle le Colisée pleine, comme un œuf, a accueilli un public averti et engagé, sensibilisé à l'importance des droits humains et à la lutte contre la violence comme le prônait le martyr Chokri Belaïd.
Dès le coup d'envoi donné avec une demi-heure de retard, vers 20h30, des jeunes en verve du parti «EL watad», portant des tee-shirts blancs à l'effigie de leur leader disparu, brandissent des pancartes appelant au départ du ministre de la Culture et consacrant «l'art, la liberté et la dignité». D'autres lancent des slogans dans une salle chauffée à blanc : «A bas le bourreau du peuple», «le peuple veut la chute du régime», «Chokri est vivant...», «Vive l'Ugtt la plus grande force du pays» et autres...
cette édition étant justement dédiée «à tous ceux qui ont été opprimés et réprimés et ceux dont les droits ont été spoliés. Et Nassreddine Sehili sait de quoi je parle» comme l'a spécifié, au cours de la présentation, le journaliste Hamza Belloumi, qui a présenté la soirée en duo avec l'actrice Sondoss Belhassen. C'est pourquoi les slogans «Free Yahia Abdallah, Néjib Abidi, réalisateurs, et Yahia Dridi, ingénieur du son», récemment incarcérés ont fusé. Nassreddine Sehili, libéré lundi soir après plus d'un mois d'emprisonnement, n'était pas présent, bien qu'il soit le producteur des documentaires «Le martyr heureux» et « Le retour» de Yahia Abdallah.
Les droits de l'Homme, un processus permanent
Dans son allocution d'ouverture, le directeur du festival, Lyès Baccar, a présenté le festival comme «un espace de liberté qui consacre l'importance des droits de l'Homme». Ajoutant que «chaque cinéaste est un militant qui s'exprime à travers la caméra et chaque technicien un militant s'exprimant avec son moyen d'expression particulier». Faisant franchement allusion aux réalisateurs et techniciens qui croupissent en prison. Il a d'autre part déploré le manque de moyens : «le festival a failli ne pas avoir lieu n'eût été le soutien de la Suisse» a-t-il déclaré. Présentant le menu du festival qui propose 50 films originaires de 15 pays d'Orient et d'Occident dont 30 en compétition. Trois sections dont «Cinéma et femmes» sanctionné par un prix de l'Onu. Une fenêtre a été ouverte sur le public d'enfants qui aura droit à des projections, a encore ajouté le directeur du festival, précisant que le festival s'est également ouvert sur les prisons où plusieurs films seront projetés.
Invité sur le podium, l'Ambassadeur de Suisse en Tunisie, Pierre Combernous, a rappelé, dans son intervention, que «la défense des droits de l'Homme relève de l'universel et qu'il s'agit d'un processus permanent qui demande un engagement profond. dans ce domaine, la Suisse n'a pas à donner de leçons et personne ne peut en donner. Mais il s'agit plutôt d'échanges entre les pays et il y a tant à obtenir en faveur des Droits humains, mais tant qu'on agit, l'espoir est possible».
Dimiter Chalev, le chef du bureau du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme (Hcdh) en Tunisie, lui, a focalisé sur «l'importance de l'engagement de la société civile dans la protection des Droits de l'Homme qui sont des valeurs universselles». Souhaitant une collaboration plus étroite à l'avenir, il a annoncé que le festival serait itinérant dans tout le pays et même dans les prisons.
Pas de création sans liberté
Enfin, Sondoss Garbouj, Présidente d'Amnesty international en Tunisie, a notamment déclaré que depuis sa création en 1961, Amnesty sert les droits de l'Homme, mais que depuis le 14 janvier le processus révolutionnaire ne s'achévera pas sans le respect des droits sociaux, économiques et culturels de l'Homme et sans le respect de sa liberté de pensée, d'expression et de conscience. Et de poursuivre : « l'ambassadeur de Suisse m'a exprimé son étonnement quant à la persévérance de la société civile , je lui ai répondu que nous avons à notre actif un stage de 20 ans, après la révolution on croyait que c'était enfin le temps du repos du guerrier, mais visiblement ce n'était pas le cas, puisque ceux qui nous répriment le font avec les mêmes lois et moyens utilisés par Ben Ali. Même dans la répression, ils ne sont pas capables de créer». Evoquant la répression et le harcèlement subis par les artistes et les journalistes, l'intervenante a souligné que les premiers ne peuvent créer sans la liberté de création et les seconds accomplir leur tâche sans la liberté de la presse et d'expression. Qu'on arrête avec toutes ces affaires maléfiques et appelons à libérer tous les créateurs et journalistes. Et de conclure en lançant : «Free Jaber, le premier prisonnier politique après le 14 janvier».
«'Hay, Chokri hay»
place à la présentation du film: sous les applaudissements et les slogans lancés par le public debout façon «Hay, Chokri hay» (Il est vivant), les filles du martyr, Neyrouz et Nada, sont montées sur le podium. L'innocence orpheline. Neyrouz, l'aînée a remercié le public, le sourire aux lèvres en brandissant le V de la victoire, à l'instar de sa mère Besma Khalfaoui, qui n'était pas présente, elle. C'est justement «L' innocence assassinée sans compter les regards inquiets de centaines de milliers de personnes accourues aux funérailles qui m' ont poussé à réaliser ce film» a déclaré Habib Mestiri qui a remercié la petite famille du martyr , son frère Abdelmajid, sa sœur, Najet, ses proches et ses amis, Mouhab Souissi, tous présents, mais aussi la grande famille du disparu, autrement dit ses camarades au sein de son parti, El Watad. Et de conclure : «Vous allez découvrir entre larmes et sourires un personnage très particulier». Une partie des recettes du film sera versée à l'association Chokri Belaid dont l'un des objectifs est de lutter contre la violence. Disons comme l'a si bien dit Sondoss Belhassen, présentatrice de la soirée : «Des pensées et des roses pour le martyr Chokri Belaid, un des symboles du pays qui nous ont quittés».


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