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« Je m'en remets à votre sens de l'Etat et de la responsabilité »
Mohamed Bouneb, détenu injustement au Qatar, écrit à Mehdi Jomâa :
Publié dans La Presse de Tunisie le 30 - 01 - 2014

L'ancien directeur général exécutif d'Al Jazeera Children's Channel, qui dénonce une machination à la suite de laquelle il a été arrêté par la justice qatarie, a envoyé au nouveau chef du gouvernement une lettre que nous reproduisons in extenso
Monsieur le Chef du Gouvernement,
Permettez-moi tout d'abord de vous présenter mes meilleurs vœux de réussite pour conduire notre pays vers la paix, la justice et la bonne gouvernance afin que nos concitoyens, encore trop nombreux à souffrir des inégalités et de l'injustice, retrouvent la confiance et l'abnégation pour se consacrer à l'avenir et remettre la Tunisie au travail.
Veuillez ensuite m'excuser de vous déranger avec une affaire qui peut paraître insignifiante face aux énormes défis qui attendent en ces temps tumultueux votre Gouvernement et la Nation tout entière.Et si ce n'était l'odieuse injustice que je subis et mes conditions de vie qui se dégradent dangereusement, je ne me serais jamais permis de vous incommoder avec mon affaire au tout début de votre mandat.
Je suis un journaliste et producteur tunisien âgé de 59 ans ayant une expérience de 35 ans dans les médias internationaux. Retenu au Qatar contre mon gré depuis plus de 28 mois suite à un licenciement abusif et une machination ourdie par mon employeur, séparé de ma famille et de ma vieille mère, je vis sans travail, sans aucune ressource financière depuis novembre 2012 et sans assurance médicale appropriée faisant face à un stress constant qui a nui à ma santé et mon bien-être, à des accusations infondées et totalement injustes et à un procès inique. Je ne suis plus aujourd'hui en mesure de subvenir aux besoins de ma famille ni d'honorer mes obligations et échéances financières.
Venant de l'audiovisuel public suisse, je me trouve au Qatar depuis 13 ans. J'étais de 2004 à 2011 membre du Board et directeur général exécutif d'Al Jazeera Children's Channel (JCC), une chaîne ludo-éducative panarabe lancée à l'initiative de Son Altesse Sheikha Moza Bint Nasser, présidente du conseil d'administration de la Fondation du Qatar pour l'éducation, les sciences et le développement social, (www.qf.org.qa) qui m'a toujours honoré de sa confiance et son soutien. L'étude de ce projet ambitieux, sans précédent dans le monde arabe, m'avait été confiée en octobre 2003, quand j'occupais les fonctions de conseiller auprès du président du groupe Al Jazeera News.
Durant 8 années passées à la tête de cette chaîne lancée en septembre 2005 avec le soutien du Groupe Lagardère, j'avais accompli avec mes collègues un travail sérieux et méthodique reconnu par toute l'industrie de l'audiovisuel dans le monde arabe et à travers le monde. Je n'avais jamais provoqué de conflit ou même de tension, ni avec le conseil d'administration, ni avec la direction de la fondation du Qatar, encore moins avec la première dame avec qui j'entretenais des rapports professionnels directs basés sur le respect, la loyauté et la confiance.
Soudain et sans la moindre prémonition, le ciel me tomba sur la tête. Le 27 septembre 2011, je suis licencié avec effet immédiat et sans aucune explication. J'ignore jusqu'à aujourd'hui les causes réelles de cette décision et de tout ce qui s'ensuivit.
En octobre 2011, la nouvelle direction d'Al Jazeera Children a demandé au Procureur général du Qatar l'ouverture d'une information judiciaire contre moi et 5 de mes collègues directeurs, pour « corruption, abus de pouvoir et dilapidation des deniers publics» et aux autorités compétentes de nous imposer une interdiction de quitter le territoire du Qatar !
En juillet 2012, après des mois d'enquêtes approfondies couvrant mes 8 années de direction, l'Audit national du Qatar (la Cour des Comptes) me blanchit totalement ainsi que mes collègues de toute action répréhensible ou délit criminel. Toutefois, notre innocence ne convient pas à la direction de JCC/QF, qui conteste les conclusions de l'Audit national. Le Procureur général désigna donc un nouvel audit, dirigé par Ernst Young. Deux mois d'investigations supplémentaires et mêmes conclusions. Mon équipe et moi-même sommes blanchis de toute action criminelle.
Par ailleurs, un pseudo expert qui a évalué, à la demande du bureau du Procureur une quinzaine de programmes produits par la chaîne, a estimé d'une manière totalement subjective et irrationnelle, que certains de ces programmes ont un coût élevé et auraient pu être produits à moindres charges financières et m'accuse injustement de dilapidation de fonds publics!
Bien que blanchis de toute infraction criminelle par deux audits publics et bien qu'il se soit avéré que nous avons, mes collègues et moi-même, été victimes d'une cabale odieuse de notre employeur qui s'acharnait à vouloir nous condamner coûte que coûte, pour camoufler ses méfaits, Monsieur le Procureur général du Qatar décida en décembre 2012 de me traduire en justice avec deux autres collègues. Notre procès s'est ouvert le 5 février 2013 et les audiences se poursuivirent à une cadence très lente.
J'ai, depuis mon renvoi, lancé de nombreux appels et envoyé des dizaines de lettres à notre employeur, ainsi qu'à tous les responsables du Qatar, à tous les niveaux de l'Etat, afin de les alerter sur l'injustice dont nous étions victimes. Jamais personne ne nous a répondu. Seule la Commission nationale qatarie des Droits de l'Homme nous a reçus en septembre 2013.
Par ailleurs, J'ai longuement expliqué mon cas et demandé l'aide et la médiation de tous les dignitaires tunisiens qui ont visité le Qatar, dont le président de la République, Dr. Marzouki et le Premier ministre M. Laârayedh. J'ai même été informé par des sources officielles que le président avait « soulevé mon cas à trois reprises» avec les responsables qataris au plus haut niveau et que Monsieur Laârayedh a bien essayé d'en « savoir plus » à mon sujet. Je les en remercie, mais c'est sans aucun résultat à ce jour.
D'ailleurs, je ne vous cache pas Monsieur le Premier Ministre, mon amertume et ma consternation face à l'attitude politique, diplomatique et morale de la Tunisie officielle dans les rapports fraternels et historiques que nous entretenons avec le Qatar. Les difficultés que traversent notre pays ne peuvent, en aucun cas, justifier les comportements obséquieux, hypocrites et courtisans de certains responsables tunisiens vis-à-vis de nos frères qataris. Ces agissements portent atteinte à l'honneur de notre pays et à la dignité de tous les Tunisiens...
Aujourd'hui, Je ne peux malheureusement que constater qu'à part certains efforts louables de quelques responsables, l'Etat tunisien est resté, face à l'injustice et les violations que j'endure depuis 28 mois, étrangement inerte et ne m'a été d'aucun secours. Cela est inadmissible et indigne d'un pays dont le peuple vient de payer de son sang pour sa liberté et sa dignité.
Dieu merci, notre Nation est riche de sa diversité, de sa société civile, de son syndicat national, de ses journalistes, de ses avocats, de ses artistes, de toutes ses femmes et ses hommes épris de justice et de liberté. J'ai trouvé auprès d'eux réconfort, amitié et soutien et j'exprime ici toute ma gratitude à mon comité national de soutien (*) dirigé par Mme Néjiba Hamrouni, présidente du Syndicat national des journalistes tunisiens.
Des organisations et personnalités internationales, comme Human Rights Watch, le rapporteur spécial de l'ONU pour les droits humains, le rapporteur spécial pour l'indépendance de la justice, l'Union intersyndicale mondiale (ITCU) et bien d'autres, se sont sérieusement mobilisés en ma faveur, parce qu'ils avaient cru en mon innocence dès le début.
Monsieur le Chef du Gouvernement, j'interpelle aujourd'hui publiquement et très respectueusement votre sens de l'Etat, du devoir et de la responsabilité publique pour venir en aide à un compatriote qui se bat pour son honneur et son intégrité et qui a perdu injustement trois années de sa vie, à cause d'une vendetta organisée par son employeur. Monsieur le Premier Ministre, je vous prie de m'aider à recouvrer ma liberté, mes droits et à retrouver rapidement les miens.
Ma détention au Qatar, sous prétexte d'enquête judiciaire, ensuite de procès, restera à jamais un acte injuste et injustifié. L'Etat Tunisien devrait donc assumer toutes ses responsabilités et prendre toutes les dispositions pour me permettre de quitter le Qatar dans l'honneur et la dignité, car j'ai toujours servi ce pays en toute loyauté et en toute intégrité.
Tout en vous remerciant, je vous prie Monsieur le Chef du Gouvernement de croire à l'assurance de ma très haute considération.
(*) Membres du Comité National de Soutien : Néjiba Hamrouni présidente du Syndicat national des journalistes tunisiens, M. Abdessattar Ben Moussa président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme qui a pu en Mai 2013 assister à mon procès comme observateur, Mes Avocates Saida Garrach et Radhia Nasraoui, Mme Neziha Rjiba Om Zied, MM. Kamel Labidi, Chawki Tabib, Kamel Snoussi, Aymen Rezgui Vice-Président du SNJT, Elyes Baccar (cinéaste), Taoufik Ben Abdallah (Forum Social), Fayçal Hassairi (Producteur)...
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