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«Il n'y a pas de diplomatie économique sans lobbying!»
ENTRETIEN AVEC GHAZI MABROUK, Docteur en Sciences Politiques de l'Université de Paris—Euro-lobbyiste spécialiste des Fonds Souverains
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 02 - 2014

Parlons d'abord des sujets qui fâchent. Le lobbying n'est-il pas considéré comme un «gros mot» avec une connotation péjorative?
C'est exact. Cela était dû à son assimilation avec un côté occulte marqué d'opacité, par méconnaissance de son étendue réelle. Aujourd'hui, il s'agit d'une véritable pratique, qui s'est installée comme un procédé méthodique et rationnel. On l'appelle le «Public-Affairs». Il est désormais largement ancré comme une technique aux USA et est incontournable dans l'Union européenne. C'est un métier!
Autrement dit, selon vous, le lobbying aurait acquis ses lettres de noblesse et afficherait sa propre spécificité dans le monde de la communication et des public-relations?
Le lobbying est une méthodologie d'action à part entière. On a souvent tendance à confondre le lobbying avec le marketing politique ou avec la communication. Ce sont bien trois notions différentes, mais qui peuvent néanmoins être complémentaires. Cela dépend des stratégies à adopter.
Au moment où il est de plus en plus besoin de diplomatie économique en Tunisie, le lobbying y trouve-t-il sa place?
Il n'y a pas de diplomatie économique sans lobbying. Du moins, si l'on recherche réellement l'efficacité. J'avais appelé ces trois dernières années à la création d'une plateforme de lobbying, en faveur de la Tunisie auprès de l'Union européenne. J'avais suggéré la création d'une ambassade de Tunisie ad hoc auprès de l'Union européenne à Bruxelles, distincte de notre ambassade actuelle. Ce qui aurait constitué un geste politique fort en direction de l'Europe et une source d'efficience. Comme alternative moins coûteuse, j'avais également suggéré que, pour le moins, le poste existant de l'Unesco soit groupé avec l'OCDE à Paris et constitue une base de lobbying pour la Tunisie, auprès de l'Union européenne. Mais mes appels ont été vains à ce jour.
Qu'est-ce-que ceci signifierait concrètement et en quoi notre pays y trouverait-il un intérêt dans l'immédiat?
Vous dites bien «dans l'immédiat» et vous avez raison. En effet, la Tunisie a un besoin impérieux d'initiatives à court terme, du fait de la situation économique actuelle qui urge. Il y aurait eu l'option, consistant à créer un réseau de lobbying propre à la Tunisie. Mais nous n'en avons plus le temps. Aussi, je suggère concrètement que la Tunisie adopte une approche plus pragmatique et immédiate. Celle qui consisterait à faire du lobbying tunisien au sein même des réseaux de lobbying européens déjà existants, installés et opérationnels. Ce serait plus rapide, moins onéreux et plus efficace. D'où la nécessité d'une des représentations, telles qu'évoquées précédemment.
Ces suggestions relèvent-elles uniquement de la décision du ministère des Affaires étrangères, lorsque l'on sait toutes les imbrications administratives en la matière?
Principalement du ministre des Affaires étrangères lui-même, qui supervise de telles représentations diplomatiques à l'étranger. Nous avons besoin d'une nouvelle vision pour notre politique étrangère. Il faut être réaliste. L'Europe reste et restera longtemps encore incontournable pour la Tunisie et nous n'y perdrons pas au change. Les expériences qui avaient été menées auprès des pays arabes se sont avérées empreintes de lenteurs conditionnelles et souvent chimériques. Il faut en tirer les conséquences et revenir à nos fondamentaux. Nous n'avons plus le temps de dépenser notre énergie à des diversifications à rallonge, mais plutôt à des approfondissements raffermis.
L'Europe semble assurer actuellement aux côtés de la Tunisie.
Bien sûr. Mais, ce ne sont pas les quelques millions d'euros glanés par-ci par-là qui feront la différence, même s'ils sont les bienvenus. La Tunisie attend le véritable Plan Marshall promis par le G8 et c'est l'Europe qui pourrait être notre meilleure ambassadrice auprès du G8.
Parler du lobbying en faveur de la Tunisie en ce moment serait donc selon vous une évidence?
J'aurais tant voulu que ce soit une évidence et que cela soit considéré comme un lieu commun. Encore aurait-il fallu que l'on cesse d'en parler et que l'on agisse enfin. Ce que le Maroc ou la Turquie ont brillamment réussi en matière de lobbying en Europe, pourquoi la Tunisie ne le réussirait-elle pas? Cette Tunisie, qui avait été à l'avant-garde, après son indépendance, et qui ne mérite pas de rester à la traîne aujourd'hui. Pourquoi laisser les institutions européennes faire seules le travail, comme c'est le cas en ce moment, et ne pas être à nouveau dans une posture offensive? Pourquoi ne pas aller à la rencontre des autres potentialités énormes du champ européen, au plan sectoriel et notamment au plan régional? Ce serait ça la vraie Tunisie!


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