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Samir Gharbi - Tunisie: Kaïs Saïed sur un nuage…
Publié dans Leaders le 25 - 10 - 2019

Je me méfie des présidents qui parlent au nom du « peuple » comme s'il s'agissait d'un ensemble uniforme que l'on veut caresser dans le sens du poil... Et je me méfie en particulier de Kaïs Saïed lorsqu'il nous parle de « révolution culturelle » (comme Mao). Et d'une Tunisie devenue subitement un « modèle mondial » (Ab'harat el alam).
Il parle bien, trop bien, comme un Nasser, un Kaddafi, ou un Saddam à leur apogée. Ça sonne bien, ça euphorise les masses… On se met à planer, comme lui, sur un nuage, avant de redescendre sur terre.
Oui, je ne sais pas si le « peuple » a bien compris « la société de droit », qui est le stade suprême de l'Etat de droit. Les Tunisiens en sont loin… très loin.
Du jour au lendemain, les trottoirs vont être débarrassés des terrasses de café extensibles à volonté, des automobilistes qui s'y garent en longueur et en largeur, des constructions anarchiques qui les occupent (bars, fast-food, arbres, parkings…) pour faire du commerce, de l'étalage, du stockage de matériaux de construction…
Du jour au lendemain, le « piston » ne va plus opérer, les agents de l'administration et de la police vont respecter les citoyens et vice-versa.
De jour au lendemain, les riches vont payer leurs impôts « jusqu'au dernier millime », les entreprises ne vont plus tricher sur le poids et sur la qualité, les spéculateurs et les « réseaux mafieux » vont être mis aux arrêts de rigueur, les terroristes vont recevoir mille cartouches pour chaque balle qu'ils vont tirer, les 700 000 chômeurs vont retrouver leur dignitéet un travail, les travailleurs du secteur informel vont se ranger ou se faire régulariser…
Quel bonheur !
Les « voleurs qui ont exploité la "sueur des Tunisiens" (dixit Kaïs Saïed) n'ont qu'à bien se tenir : ils vont rembourser… « Aucun pardon » à attendre du nouveau Président de la République. Tant mieux. Mais je tiens à voir l'action, la vraie : car certains de ces voleurs étaient bien assis tranquillement devant lui. Ils l'ont entendu et je n'ai pas l'impression qu'ils ont eu peur.
Aucune action hors-la-loi ne sera plus tolérée. Aucune liberté ne sera touchée. L'injustice « El'dhoulm » sera abolie et « el-Karama » rétablie. Le terrorisme sera extirpé à la racine. Le gaspillage de l'argent public sera banni…
J'ai entendu des généralités, des vœux, pas de projets concrets, pas même une ébauche de stratégie. C'est le propre des dirigeants arabes : beaux parleurs…
Si. Il a fait une proposition concrète, une seule : elle consiste à taxer les pauvres salariés. Il a demandé – sur suggestion du « peuple » (lequel ?) – que les Tunisiens donnent à l'Etat le salaire d'un jour de travail par mois et pendant cinq ans : soit deux mois de salaires complets pendant la période. « De quoi faire déborder, dit-il, les caisses de l'Etat. »
Qu'elle sera la légitimité de cette décision annoncée ? Monsieur le nouveau Président, vous avez été élu avec moins de 2,8 millions de voix… soit un petit quart de la population nationale, à supposer que tous vos électeurs soient d'accord. Mais plusieurs ont voté pour vous moins par conviction et plus pour éviter le pire.
Je vous demande d'abord, Monsieur le Président, de taxer les riches, de proposer une sorte d'Impôt sur la fortune (ISF). Le nombre de nos millionnaires a été multiplié par dix depuis la « révolution » par la grâce d'un parti qui s'appelle « Renaissance » (qui récompense ses militants avec l'argent des contribuables).
Je vous demande ensuite de mettre fin à une injustice bancaire : les Tunisiens millionnaires ne remboursent pas leurs crédits et en plus l'Etat efface leurs ardoises. Ce n'est jamais le cas pour les autres citoyens. Monsieur le Président, exigez du gouverneur de la Banque centrale de vous donner la liste nominative des créances dormantes depuis 1990.
Que ces gens de la haute société remboursent enfin leurs dettes ! S'il le faut, l'Etat doit saisir leurs avoirs et leurs biens. Que ceux qui ne déclarent pas leurs biens à l'étranger, dans une opération de régularisation arrangée et légale, soient mis à l'index et poursuivis par la Nouvelle justice promise. La France l'a fait et les gains de l'Etat se comptent chaque année en milliards d'euros.
Je vous demande encore d'exiger du parti de la Renaissance la liste de tous les bénéficiaires des "compensations secrètes" – des listes circulent déjà sur le Net – et d'exiger qu'ils remboursent. Sinon, il faut aussi « ‘(ré)compenser » tous les martyrs de l'indépendance, de la bataille de Bizerte et de toutes les autres répressions politiques… N'est-ce pas juste et équitable ?
Enfin, si toutes ces rentrées d'argent ne suffisent pas, vous devriez en faire le bilan au peuple et alors lui demander un coup de pouce : le salaire d'un jour par an (non par mois) pour les bas revenus et plus pour les autres.
Savez-vous Monsieur le nouveau Président que 500 taxes fiscales ont été imposées aux Tunisiens depuis 2011 ? Que la taxe de voyage imposée par Mzali en 1984, qui devait être provisoire, a triplé depuis ? Qu'une taxe sociale de solidarité a été imposée en 2018 (1% du revenu imposable) ?
Savez-vous que le secteur informel (qui ne paie rien au fisc) s'est archi-développé depuis 2011, qu'il rivalise aujourd'hui avec le secteur formel au vu et au su de l'Etat, de tous.
Savez-vous que le taux de chômage officiel (autour de 15 % de la population en âge de travailler) est quasiment le même depuis cinquante ans ? Cela signifie quoi, à votre avis ? Ce taux n'a aucun sens économique, c'est une approximation comptable.
Vous êtes savant en droit, et c'est votre première participation à une élection politique – comme candidat et comme électeur. Vous allez apprendre de ces choses sur la vie parallèle de nos institutions.
Vous avez fait un beau discours inaugural, mais votre lexique n'a pas cité une fois le mot « riche » (le mauvais rôle de la richesse mal acquise), ni les devoirs de chacun (vous ne parlez que des « droits »).Et, surprise, vous avez parlé de « révolution culturelle » (celle qui vous a porté au pouvoir), mais vous n'avez dit aucun mot sur la Culture en déclin : le cinéma, les livres, le théâtre… Et cette musique qui martèle nos oreilles à la radio (80% des programmes) et dans les rues (avec hauts parleurs, des cafés et autres commerces qui débordent et qui nous infligent ses nuisances sonores sauvages).
Notre pays dispose d'un littoral maritime immense, mais combien de piscines a-t-il construit pour que la natation devienne un sport de loisirs et de compétition. Les Tunisiens ne connaissent que le ballon, parce qu'il n'y a rien d'autre que le ballon.
Votre lexique politique n'a pas cité une seule fois Bourguiba, ses sacrifices, son combat, ses erreurs, mais vous avez cité la Palestine « chère à votre cœur ». Qu'elle solution pourrez-vous apporter à part ses paroles emphatiques ? Oui, je pense à ce que vous avez déjà dit en campagne électorale : vous allez criminaliser ceux qui veulent « normaliser » les relations avec Israël. C'est bien ça ?
Cette solution est celle de l'impuissant qui, par infirmité, ne négocie pas avec l'adversaire plus fort que lui. On pense le punir en interdisant tout contact avec lui. On le boycotte (on ne lui achète rien et on ne lui vend rien). Cette politique de l'autruche a été testée après 1973... Mais qu'a-t-elle donné ? Elle s'est effilochée, comme les milliers de roquettes lancées depuis Gaza (une sur 1 000 fait mouche).
Monsieur le Président, pour faire la guerre, il faut s'y préparer et se lancer en position de force. Israël s'était préparé pendant cinquante ans (de 1900 à 1948), formant dans la clandestinité des soldats d'élite et accumulant armes et munitions au nez et à la barbe de l'occupant britannique. Et quand les Arabes l'ont attaqué en 1948, ils ont été platement battus. Ils appellent cet épisode de leur triste histoire : la « nakba » (intraduisible, mais le mot « catastrophe » me semble convenir même s'il est moins intense).
Réécoutez les archives ou relisez Bourguiba à propos de la technique de la guerre, du harcèlement et de la négociation : en position de force, il faut gagner une étape, ne pas flancher, passer à l'étape suivante, négocier, arrêter de négocier, être prêt à tout, unir les rangs face à l'adversaire, parler d'une seule voix, la victoire devient alors inéluctable :1907 (déclenchement du Mouvement jeune tunisien, lutte politique, manifestations, grèves, prisons, mobilisation du Destour, du Néo-Destour, fellaghas, attentats, négociations, prisons, négociations, autonomie interne en 1954 ; aucun retour en arrière, mais accélération du mouvement par la négociation Face to Face, égal à égal, et indépendance en 1956. République en 1957. Monnaie nationale en 1958. Solidarité avec la lutte algérienne (bombardement de Sakiet Sidi Youssef en 1958. Evacuation partielle des troupes françaises. Bataille de Bizerte en 1961. Evacuation du dernier soldat français le 15octobre 1963 à15h. Fin d'une occupation militaire française qui aura duré 82 ans. Nationalisation des vastes et fertiles terres coloniales en 1964. Début de l'indépendance économique…
La guerre n'est pas une boutade, à la Nasser ou à la Kaddafi. La guerre est une affaire sérieuse, à confier à des gens sérieux, irréprochables, sûrs et patriotes.
Les armées arabes ont été souvent trahies, de l'intérieur, parce qu'elles étaient infiltrées par des traitres. L'ennemi les a terrassées au sol, avions compris (1967). La guerre de 1973 était un peu plus sérieuse. Mais l'armée égyptienne n'est pas allée jusqu'au bout de ses efforts, absence de stratégie ferme, compromis avec l'allié soviétique en accord avec le rival américain.
Monsieur le Président. Le monde a changé. La guerre n'est plus envisageable, parce que les rapports de force sont trop disparates. Israël détient la bombe atomique. Et a empêché l'Irak de la faire (bombardement préventif du réacteur Osirak par Israël en 1981 et achevé par les Etats-Unis en 1991). L'Iran, qui est un des pays à avoir reconnu l'Etat d'Israël en 1948, se voit aujourd'hui interdit de pousser plus loin sa quête de la bombe atomique…
Soyez réaliste, pragmatique, faites comme Bourguiba à Jéricho. Israël est un Etat reconnu mondialement, légal depuis 1948. L'écrasante majorité des pays membres de l'Onu le reconnaissent.
Reconnaître Israël ne veut pas dire tolérer ce qu'il fait d'abject aux Palestiniens, ni être ami, ni avoir des échanges commerciaux, etc. Reconnaître, c'est admettre la légalité internationale de 1947-1948. C'est gagner une place définitive dans la table des négociations. C'est pouvoir dire non face à l'injustice et à la colonisation, c'est reprendre la voie de la guerre si nécessaire (en l'ayant bien et longuement préparée).
Pour négocier avec un Etat quelconque, il faut donc le reconnaître d'abord. Et c'est là le drame des Palestiniens, depuis 1948, aggravé par le jusqu'au-boutisme de Nasser et du Hamas qui est au pouvoir à Gaza et qui prône officiellement la « destruction » de l'Etat d'Israël et la création sur l'ensemble de la Palestine d'un Etat islamique…
Créé grâce aux accords d'Oslo (1993-1995), l'Etat de Palestine ne peut avoir, à cause du Hamas, qu'un statut d'observateur à l'Onu. Dix-huit pays arabes ne reconnaissent pas officiellement Israël (mais certains ont des relations ouvertes ou cachées avec lui).
Le drame palestinien n'aura jamais de solution tant qu'on aura pas admis la légalité de l'existence d'Israël. Et que les Palestiniens (et tous les Arabes derrière eux) se lèvent comme un seul homme, avec une seule voix, celle de leur juste cause, celle de l'union, celle de la force de conviction.
Même si cela me fait mal au cœur de voir la brutalité de l'occupant israélien et de me dire qu'il faut se préparer, un jour ou l'autre, à négocier avec lui, sur la base des résolutions de l'Onu et de la Realpolitik (concept allemand pratiqué en 1866). La vie est ainsi faite. Elle avance et ne recule pas.
Les Arabes et les Palestiniens paient, depuis la guerre de 1973 et l'embargo pétrolier, les erreurs commises dès l'origine : la vente par les Palestiniens de leurs terres aux Juifs depuis les années 1890-1900, l'aveuglement et la complicité des Ottomans et des Britanniques, le refus arabe du Plan de partage du territoire proposé par l'Onu en 1947, les défaites arabes dans toutes les guerres menées contre Israël (1948-1967-1973… Ces échecs ont ouvert un large boulevard aux revenants israéliens pour expulser et coloniser les terres et les maisons palestiniennes.
A quoi cela sert-il de dire « la Palestine est dans notre cœur », si ce n'est pas de la démagogie. Ça plait au peuple, ça l'endort.
Non, il faut dire la vérité aussi amère soit-elle. Face à l'extrémisme arabe et palestinien, il y a, depuis l'assassinat de Rabin en 1995 (le seul dirigeant et militaire israélien à avoir signé un pacte de paix), un extrémisme israélien en face… plus puissant que celui du Hamas et autres zélés du verbe. Cet extrémisme sioniste a produit Netanyahu et celui qui va lui succéder.
L'enclave de Gaza (sous contrôle du Hamas) vit depuis des années sous blocus israélien. La vie de millions de Palestiniens y est atroce, mais nous fermons les yeux et les oreilles. L'Etat de Palestine (qui reste debout autour de Ramallah) survit grâce à l'aide étrangère, notamment européenne.
Personne n'a aujourd'hui la capacité de négocier avec les Israéliens, encore moins de les bouter à la mer… Il y a eu deux Intifada de l'intérieur et il y en aura une autre et une autre… Les dirigeants Palestiniens sont pris dans la routine de la survie. Les Palestiniens qui le peuvent ont quitté le pays depuis belle lurette. Ils vivent bien là où ils sont en Amérique et en Europe. Sauf les éternels réfugiés au Liban et en Jordanie.
Les Arabes préfèrent se faire la guerre entre eux : au Yémen, en Irak, en Syrie, en Libye… C'est plus facile que d'affronter Israël sur la table des négociations.
Alors, Monsieur le nouveau Président, quelles sont vos réelles priorités, celles qui vont changer la vie des Tunisiens ? Je veux parler de leur vie dans les hôpitaux, dans les écoles, dans les transports en commun, dans les palais de Justice...
Ah, j'ai oublié de vous demander une chose : c'est l'épreuve de vérité que j'ai l'honneur de vous soumettre. Vous qui proclamez la défense des libertés et, en particulier, celles des journalistes ("Ne touchez pas à un de leurs cheveux"). Pour que tout soit clair, demandez tout de suite aux propriétaires cachés des radios, télés, journaux, de décliner leur identité. Parce que, sauf exception, chaque journaliste, chaque média, défend depuis 2011 sa propre chapelle (les intérêts du patron ou des patrons). Ils ne défendent pas la quête de la vérité, l'information honnête et vérifiée.
Quand vous aurez cette liste, rendez la publique Monsieur le nouveau Président.
Encore une dernière question et je me tais : que feriez-vous, Monsieur le Président,quand vous allez revoir, défiler dans les rues de Tunisie et brandir sur les toits d'un campus ou d'un ribat, un drapeau noir, celui du Califat et de l'extrémisme haineux et archaïque ? Est-ce que vous allez vous taire comme tous vos prédécesseurs depuis 2011 ?
N'oubliez pas, je vous ai vu, comme tout le monde vu, embrasser avec passion le drapeau rouge et blanc de la Tunisie. Vous avez juré, sur le Coran, de ne pas le trahir et de le servir.
J'ai vu, j'ai entendu et j'ai enregistré votre prestation du 23 octobre 2019, devant des députés sortants qui laissent des projets et des projets de loi en souffrance… J'attends de vous des actions. Simplement la concrétisation de vos promesses.
Je sais, Monsieur le Président, que vous n'avez pas les pouvoirs nécessaires pour diriger la politique économique et sociale. Mais vous avez le pouvoir d'impulser, de dénoncer les abus.En matière de politique étrangère, vous avez votre mot, même si le Parlement a le droit de vote. Vous pouvez agir en ce domaine plus aisément. Pour défendre les causes justes, toutes les causes justes.Vous pouvez être le Mandela de la cause palestinienne et mettre fin à l'apartheid nouveau qui frappe nos frères là-bas.


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