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Pr Hachemi Louzir, directeur général de l'Institut Pasteur de Tunis: Nous sommes en contacts étroits avec les labos et le Covax
Publié dans Leaders le 09 - 12 - 2020

A la tête de l'Institut Pasteur de Tunis qui compte plus de 700 personnes, entre chercheurs et techniciens permanents et 200 étudiants, le Pr Hachemi Louzir, immunologue de renom, est en première ligne. Dès le début, il avait anticipé l'ampleur de la pandémie, procédé aux acquisitions nécessaires, lancé les équipes de recherche, organisé les dépistages.
La bonne chance aura voulu qu'un don précieux de l'Institut Mérieux d'une valeur de plus de 1,2 million d'euros ait permis l'implantation d'un labo P3, ultraperformant, à la faveur de la visite de son président, en 2017, et de son audience avec le Président Caïd Essebsi. Tout était prêt pour le faire démarrer et le Pr Louzir ainsi chargé le Pr Henda Triki, médecin, professeur en microbiologie, chef de laboratoire de virologie clinique, de présider à ses destinées. L'ensemble des unités de Pasteur Tunis a été mis en alerte maximale et à contribution.
Au premier étage de la bâtisse centrale, les lumières sont encore allumées, tard dans la soirée, durant le weekend. Le bureau du Pr Louzir est encombré de dossiers, partout, sur sa table de travail, au salon et ailleurs. Et pourtant, il s'y retrouve facilement.
Président par ailleurs de la commission technique de vaccination, il se déploie tous azimuts.
Interview.
Comment s'articulent les préparatifs pour l'acquisition des vaccins?
D'emblée, elle a été double. D'une part, il fallait se positionner par rapport aux laboratoires producteurs du monde. Trois parmi les premiers parvenus à la phase 3 des essais avaient pris l'initiative de nous contacter dès fin septembre dernier. Nous avons engagé avec eux des échanges sur les aspects scientifique et technique, les effets secondaires et autres. Décision a été prise par le gouvernement d'élargir ces contacts au reste des firmes parvenues au même stade, soit au total 12 à présent. Les discussions menées ont également porté sur les prix, les conditions financières, le schéma de déploiement et autres aspects logistiques. Une attention particulière a été portée à la dissection des publications et recherches paracliniques et, d'une manière plus générale, toutes les avancées signalées.
Et d'autre part?
On se devait de nous inscrire dans l'initiative Covax. Trois des labos pionniers y adhèrent. Ce mécanisme, combiné avec la Banque mondiale, d'autres organisations et des pays mécènes, centralise une démarche commune quant à la sélection des vaccins et leur acquisition, et apporte un financement de 15 à 20% du prix réel des vaccins à raison de 20% de la population. Soit une contribution entre 1,3 à 3 $ l'unité. Ce taux pourrait s'élever, voire atteindre une perspective de gratuité en cas de collecte suffisante des dons.
Pour cela, il faudrait préparer un dossier exposant la capacité de la Tunisie et son expérience en matière de vaccination. Il s'agit de démontrer que nous sommes non seulement prêts à démarrer la réalisation du programme, mais aussi que nous en avons les ressources humaines, la chaîne logistique et les moyens et équipements appropriés pour y aboutir avec succès.
Il en va de même pour la Banque mondiale?
Absolument ! Ce même dossier, adossé à une stratégie opérationnelle de vaccination et un chiffrage financier aussi détaillé que précis, sera également soumis en copie similaire à la Banque mondiale. Ces deux copies sont prêtes.
Quelles sont les relations entretenues avec le Covax?
Elles sont très bonnes. La Tunisie est visible sous ce radar mondial et entretient des relations suivies avec les vis-à-vis désignés. Souvent, nous sommes cités en référence dans notre catégorie de pays, grâce à nos expériences probantes et à la performance de notre dispositif actuel.
Ce qui est bien, c'est qu'ils nous écoutent.
Un taux de vaccination de 20% de la population est-il suffisant?
Certainement jamais assez pour une large couverture, mais significatif pour une première phase. Ne l'oublions pas, l'essentiel est de réduire la mortalité et la comorbidité pour permettre aux services essentiels de continuer à fonctionner. Sinon, tout s'arrêtera et le capital humain déploré ne sera pas facile à régénérer.
C'est vrai, si on veut arrêter la circulation du virus, nous devons monter à 50-60% de couverture vaccinale. Mais, soyons réalistes, ce n'est pas possible pour le moment.
Il faut dire que nous n'agissons pas seuls en matière de vaccination. La plupart des autres pays s'y adonnent intensivement. Cet effort collectif, généralisé, sera utile pour ralentir la circulation rapide du Covid-19.
Vous êtes optimiste?
Absolument ! J'y vois une bonne issue pour terrasser cette pandémie. C'est un très grand moment dans l'histoire de la médecine. La découverte de ces vaccins ouvre un large boulevard, je dirai une grande autoroute, devant la recherche scientifique et médicale. De nouveaux vaccins et de nouveaux traitements seront découverts pour d'autres maladies. L'humanité entière en bénéficiera.
D'ores et déjà, des changements profonds commencent à s'opérer. Nous nous acheminons vers une One Health, c'est-à-dire une santé humaine et animale combinée. Toutes les pandémies sont issues, à l'origine, de la promiscuité entre l'homme et l'animal, favorisant l'émergence de virus animaux. La recombinaison en biotope des virus devient dangereuse.
En quoi consiste cette nouvelle approche?
Engager une vision globale sur l'ensemble de la planète: la déforestation, le réchauffement climatique, les OGM, la nutrition, l'hygiène de vie, la relation au travail, les facteurs de risques, la réponse immunitaire…C'est un tout. Un tout qui s'imbrique et interagit. C'est là une grande leçon à tirer du Covid-19?
Et d'autres leçons?
Sans doute. Ce qui a été remarquable en Tunisie, c'est que les scientifiques ont été impliqués dès le début, écoutés, souvent suivis. Les associer à la prise de grandes décisions, leur faire confiance et les encourager à aller de l'avant permet de gagner beaucoup de temps, d'éviter de fausses pistes et, d'une manière plus large, promouvoir la recherche scientifique. Voilà un domaine où la Tunisie dispose de réelles potentialités et peut accomplir de grandes avancées.
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