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Quand Georges Adda adjurait Ben Ali de rendre la liberté à Bourguiba
Publié dans Leaders le 03 - 04 - 2011

Grand militant respecté du Parti Communiste, de la cause nationaliste tunisienne sous l'occupation et des droits de l'Homme, après l'Indépendance, George Adda (1916-2008), ne pouvait accepter de voir Bourguiba, son «compagnon de gamelle de prisonniers», devenir, presque centenaire, dans son pays qu'il a libéré, « le plus vieux interdit de liberté du monde. » Dans une émouvante lettre datée du 4 novembre 1997, il adjurait Ben Ali de rendre à Bourguiba «sa pleine et entière liberté de se déplacer et de recevoir.»
La révélation de ce document, Leaders la doit à Hamed Zeghal qui nous précise : « J'ai connu Georges Adda en prison en 1953. J'étais alors un simple étudiant néo-destourien, et il était un dirigeant bien connu du Parti Communiste Tunisien. Nous avons sympathisé. Nos rencontres après notre libération étaient cependant intermittentes mais toujours amicales. Au mois de novembre 1997, Georges m'a remis une copie de la lettre qu'il venait d'adresser à Ben Ali, et dans laquelle il plaidait pour la libération de Bourguiba. La lettre de Adda était émouvante. Elle traduisait la fidélité de ce grand patriote à l'homme qui a conduit la lutte du peuple pour l'indépendance, et qui a présidé par la suite à l'édification de l'Etat. Il n'est pas superflu, à l'occasion du onzième anniversaire du décès de notre héros national, de publier le texte de Georges Adda. » Dont acte.

Tunis, le 4 novembre 1997
Monsieur le Président Zine El Abidine Ben Ali
Carthage
Monsieur le Président,
C'est parce que je suis convaincu que vous accepterez sans déplaisir qu'un simple citoyen comme moi vous entretienne directement d'un problème qui lui tient à cœur, que je me permets de vous écrire.
Après de multiples hésitations, je m'adresse à vous, parce que je suis préoccupé de tout ce qui peut porter ombrage à notre pays que nous chérissons et plaçons au dessus de tout et de tous.
Pour aller sans détour au sujet qui me rend tous les jours plus soucieux, je vous prie, Monsieur le Président, de rendre la pleine et entière liberté de se déplacer et de recevoir à celui qui a conduit notre peuple à l'indépendance nationale, à celui qui fut, durant trente ans, le premier président de notre République, à celui qui , entre 1934 et 1955, a passé dix ans de sa vie en prison, en camp de concentration ou en déportation, et qui, ces dernières années, vit actuellement presque centenaire, interdit de liberté dans notre Tunisie indépendante, suite à des vicissitudes politiques dont certes il porte une grande responsabilité.
Vous savez, Monsieur le Président, que je n'ai jamais été dans le parti de Bourguiba et que je n'ai jamais profité ni quémandé ses largesses. Il a même fait, injustement, interdire mon parti en janvier 1963 et il m'a fait, durant des mois, envoyer devant le juge d'instruction, ainsi que beaucoup de responsables et militants de mon parti et le très honorable et toujours regretté le Dr Slimane Ben Slimane.
Dès la fin des années 70, je lui souhaitais un digne départ et une retraite méritée accompagnée pour notre pays de l'instauration d'une complète et réelle liberté et d'une vraie et durable démocratie. Il aurait dû partir alors avec panache pour laisser, malgré ses grandes erreurs et le début des dérives de son pouvoir, l'image d'un grand homme d'Etat.
Aujourd'hui, je suis affligé, lorsque je vois dans mon pays un de mes vieux compagnons de camp de concentration être le plus vieux interdit de liberté du monde. Je suis attristé de voir que le grand dirigeant qu'il fut ne vive pas libre à Tunis ou dans sa banlieue, près de sa famille et au milieu de ses petits-enfants et arrières petits-enfants.
Je vous prie, Monsieur le Président, de rendre pleine et entière liberté à Habib Bourguiba. Vous rendrez ainsi un grand service à la Tunisie qui n'aura plus alors le privilège d'être le pays où vit le plus vieux interdit de liberté.
Je suis convaincu, Monsieur le Président, que vous comprendrez ma double motivation : d'une part, l'aspiration de voir mon pays sans tâche et sans reproche et, d'autre part, remplir un devoir de solidarité avec celui dont la dimension ne peut être diminuée et avec lequel j'ai partagé la gamelle des prisonniers de l'occupant étranger.
Je suis convaincu que vous répondrez favorablement à l'homme que je suis et qui termine son chemin et approche de la fin, qui, d'avance, vous remercie vivement et sincèrement.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en ma parfaite et haute considération.
Georges Adda

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