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Mohamed Ennaceur
Publié dans Leaders le 03 - 03 - 2009

Quand on interroge M. Habib Touhami, ancien Ministre de la Santé Publique, sur ceux qui ont le plus marqué son parcours, et notamment MM. Mohamed Ennaceur et Hédi Mabrouk dont il avait été proche conseiller, il n'éhsite pas à livrer un témoignage poignant. Cet "Homme du Sud" comme aiment à le définir ses amis de Paris, du temps de ses années d'étudiant, cultive la fidélité en méta-valeur.
"Pour dire vrai, si Mohamed Ennaceur n'a pas été mon premier « patron ». D'abord, il fût et reste pour moi beaucoup plus qu'un patron, un inspirateur, un modèle et un grand-frère, ensuite, et pour respecter l'ordre chronologique, je me dois de dire que j'ai entamé ma carrière « administrative » sous la houlette du chef du GRM (groupe de recherches macro-économiques) de la Direction de la Prévision à Paris pour passer ensuite sous celle de Feu Hédi MABROUK, Ambassadeur de Tunisie en France. Mais pour l'essentiel de mes choix fondamentaux et mes options de base durant les trente années qui suivirent, on peut dire que seul Si Mohamed Ennaceur y joua un rôle, en dépit de certaines légendes tenaces.
J'ai rencontré Si Mohamed pour la première fois fin 1973 dans les locaux de notre Ambassade à Paris. Le jeune et fringant Ministre des affaires sociales y venait s'en- quérir de la situation de la colonie tunisienne en France. Au cours d'une réunion organisée à cet effet, je pris la parole bien qu'une certaine «tradition» ait interdit jusqu'alors le mélange étudiants-travailleurs, fussent-ils destouriens tous deux. Au contraire de l'Ambassadeur, Si Mohamed Ennaceur, ne montra aucune hostilité ou mécontentement à l'énoncé de faits négatifs indéniables, bien que mon discours fût quelque fois excessif parce que trop passionné. C'est la capacité d'écoute, la grande tolérance et la «disponibilité» exceptionnelle de si Mohamed Ennaceur manifestées à cette occasion qui me rapprochèrent à jamais de lui. D'aucuns prétendent « préférer » la disponibilité à l'intelligence, Si Mohamed n'a jamais manqué ni de l'une, ni de l'autre. C'est dire.
A son retour au Ministère des Affaires Sociales fin 1979, il m'invita « gentiment » à rentrer définitivement en Tunisie, ce que je fis promptement. Il faut dire qu'entre-temps, c'est-à-dire pendant la traversée du désert du Ministre, notre entente et notre complicité intellectuelle prirent leur envol. Quant à la concordance « idéologique », cela résulta de débats confiants et sans chichis sur la crise syndicale et politique de l'époque, sur les rapports sociaux dans une société solidaire et équilibrée, sur la politique contractuelle qui sied en la circonstance, sur la répartition et la redistribution des revenus, la politique d'emploi, etc.., et ce y compris pendant que les orateurs péroraient à la tribune du congrès du PSD en 1979. Bref, avec lui et grâce à lui, sans que je n' y prenne garde, le social est devenu pour moi plus qu'une tâche administrative ou politique à accomplir, un sacerdoce, au sens plein du terme.
Vu de l'extérieur, ce qui frappe d'abord chez Mohamed Enanceur, c'est l'élégance du personnage, et je ne parle pas d'ici d'élégance vestimentaire. Mais sous le verbe soigneusement choisi et volontairement mesuré, percent la profondeur d'une pensée originale et charpentée, la cohérence d'une action intrépide et passionnée. Pour Si Mohamed, la recherche du «compromis» ne constitue pas seulement un trait de caractère qui lui est propre ou qu'il estime nécessaire à tout débat dans le champ social, mais une règle de vie dans une société dès lors que celle-ci aspire à la pacification et à l'équilibre. Nous voilà donc devant ce qui constitue la quintessence du « politique » et du conceptuel qu'est véritablement Mohamed Ennaceur: mettre la politique sociale au centre de la vie politique et faire avancer les choses sans heurts majeurs et sans soubresauts rédhibitoires, ce qui n'exclut pas la fermeté, et Si Mohamed pouvait se montrer très ferme à l'occasion.
Plus que tout autre, Mohamed Ennaceur aura marqué durablement son époque, son ministère et la famille du «social» en général. Ce ne fût pas seulement le fruit de la longévité, une dizaine d'années, mais en raison de l'exceptionnelle influence intellectuelle et morale que le Ministre exerça sur tous. Sous son règne, les travailleurs « sociaux » avaient le sentiment profond qu'ils constituaient une famille, non une caste ou un clan. Ce qui liait chacun des membres ne procédait nullement de la seule référence au chef, mais procédait d'une espèce de fierté collective, en dépit du rang protocolaire du Ministère et de quelques autres entraves. Aux Affaires Sociales, on parlait un langage commun et on agissait avec ferveur, malgré le peu de moyens et la difficulté de se « positionner » par rapport à d'autres départements supposés plus « prestigieux ». En fait, chaque travailleur social se sentait investi, lui-aussi, d'une mission « sacrée » et ambitionnait de ne pas décevoir le Ministre.
Le lien avec Si Mohamed n'était pas seulement hiérarchique ou administratif, il était d'abord et surtout affectif sinon complice. Tous ceux qui ont vécu cette période peuvent l'attester. Le sentiment d'appartenir à une certaine famille était si fort que beaucoup, dont je suis, remémorent leur passage aux Affaires Sociales au temps de Mohamed Ennaceur comme la période la plus heureuse ou la plus pleine dans leur carrière administrative. C'est le meilleur hommage que je puisses lui rendre, sans trop froisser sa modestie coutumière"


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