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Audition de Mohamed Ghannouchi au Bardo: des confirmations et beaucoup de sincérité
Publié dans Leaders le 28 - 03 - 2012

L'ancien Premier ministre, M. Mohamed Ghannouchi a-t-il réussi son audition mercredi après-midi par la Commission de l'Assemblée nationale constituante sur les martyrs et les blessés de la révolution ainsi que l'activation de l'amnistie générale ? S'il n'y avait pas dans ses propos de grandes révélations fracassantes, on y puise nombre de confirmation et beaucoup de sincérité. A plus d'un titre, l'exercice est non seulement historique, s'agissant de la première audition du genre au Bardo, mais aussi bien délicate quant au ton que peuvent prendre les questions. Avec doigté, la présidente de la commission, Mme Yamina Zoghlami (Ennahdha), a su conduire les débats et les recentrer, limitant quelques « sorties du cadre ».
Accueilli avec respect et courtoisie, dès son arrivée, l'ancien Premier ministre qui remet les pieds pour la première fois au Bardo depuis la dissolution de la Chambre des députés au lendemain de la révolution, a été vivement remercié d'avoir accepté l'invitation pour livrer son témoignage sur un dossier aussi épineux et partager ses recommandations pour son aboutissement au mieux. Certains élus, y compris ceux de la Troïka ont été jusqu'à saluer « le rôle historique et salutaire, accompli par M. Mohamed Ghannouchi, dans une période des plus critiques ». Mais, même si Mme Zoghlami avait rappelé en introduction, « le cadre précis de cette audition de témoignage et d'éclaircissement qui ne saurait se transformer en questionnement et jugement de son mandat », cela n'a pas empêché M. Abdebasset Ben Cheikh (Ennahda), de monter au créneau en accusant l'ancien Premier ministre de complicité avec le président déchu et l'invitant à procéder devant le peuple à une autocritique puis à présenter ses excuses.
Face à ce dérapage qui a failli attiser la tension, M. Mahmoud Baroudi (PDP) s'est empressé de réagir vivement, en demandant dans un point d'ordre, à bannir toute politisation du débat et de le recentrer sur son objectif, pour que les travaux de la commission ne soient pas entâchés de partialité et d'alignement politique quittant la salle puis y retournant sur l'insistance d'autres membres, la séance a pu alors retrouver sa sérénité, malgré certaines fléchettes inévitables.
Résolu à déclencher l'irréversible, déterminé à démissionner quand des éléments essentiels lui échappent
Sur les conditions d'accomplissement de son mandat dès le 14 janvier, puis, sa démission, M. Mohamed Ghannouchi a affirmé qu'il était décidé dès le jour-même à barrer la route au retour du président déchu à Tunis, réalisant tout le massacre que cela provoquerait. C'est ainsi que le Conseil constitutionnel était saisi dès vendredi soir, vers 21h30, pour se réunir le lendemain matin afin de constater la vacance du pouvoir et enclencher l'article 57 de la Constitution.
S'il avait manqué de courage et de détermination, il n'aurait pas œuvré pour cette irréversibilité et fermé la porte à tout retour. Quant à la raison profonde qui l'avait décidé à démissionner, ce n'était pas l'appel au meurtre lancé à son encontre en direct à la télévision le samedi 26 février 2011, « un homme politique est par nature exposé à tous les risques dira-t-il, mais parce qu'il a eu la certitude que nombre d'éléments quant la conduite réelle du système sécuritaire lui échappaient et qu'il n'en avait plus le contrôle. Il cite à cet égard des incidents survenus à Kasserine, au Kef, à la rue Charles de Gaulle à Tunis… « J'apprenais que des arrestations étaient opérées sans en connaître les motifs ni savoir pourquoi les personnes arrêtées n'étaient pas déférées devant la justice, dira-t-il. Je ne pouvais continuer à assumer une responsabilité que je ne maîtrisais pas ».
M. Mohamed Ghannouchi reconnaît que nombre de zones d'ombre et de points d'interrogations persistent encore, estimant que l'histoire finira par les éclaircir, tout en affirmant qu'il n'a guère cherché à occulter la moindre vérité. Il le répètera avec plus de conviction et de sincérité lorsqu'un élu a laissé entendre que beaucoup de documents précieux avaient été détruits pour protéger les intérêts de certains ou soustraire des preuves. « N'étaient les archives bien conservés de l'administration, affirmera-t-il, nombre d'enquêtes n'auraient pu être ouvertes et d'affaires traduites en justice ». Il a exclu, cependant, de ses propos les incendies de certains postes de Police et de Garde nationale ainsi que de sièges de tribunaux.
Il faut se replacer dans le contexte et tous étaient consultés
Pour revenir sur le décret-loi sur l'amnistie générale, l'ancien Premier ministre avait rappelé le contexte de l'époque marqué par l'urgence et la pression. Dès le 17 janvier, le principe en avait été annoncé et l'élaboration d'un premier projet initiée, sous forme d'un modèle classique proche de celui de 1987, avec en plus le droit du retour au travail. Mais, en élargissant la consultation sur cette version aux représentants des partis (y compris Ennhada qui n'était pas alors autorisé), de l'UGTT, la LTDH et d'autres composantes de la société civile, des améliorations substantielles ont été introduites, notamment l'indemnisation et autres, laissant la porte ouverte à une commission ad-hoc créée à cet effet de se prononcer sur les aspects opérationnels. Quant aux montants fixés pour les premières indemnités à servir aux familles des martyrs (20 000 DT) et aux blessés (3000 DT), M. Ghannouchi a indiqué qu'il s'agissait de premiers secours d'urgence qui pouvaient être servies grâce à des crédits budgétaires disponibles au titre des ressources non-affectées.
Quand on lui demande pourquoi l'amnistie n'avait pas prévu, pour le dédommagement et la réintégration professionnelle, le cas des élèves et des étudiants, ou encore ceux exerçant des professions libérales ou sur d'autres carences à présent relevées dans le décret-loi, il rappelle qu'il s'agit de simples oublis qui avaient échappé à la vigilance de toutes les parties alors consultées et qui sont rattrapables dans le nouveau texte qui sera soumis à l'adoption de l'ANC. « Avec le recul, et au vu des cas précis, estime-t-il, des améliorations sont possibles ».
Certains élus essayent de l'entraîner sur d'autres questions en dehors du thème du jour : les snipers, des étrangers munis de fusils arrêtés puis relâchés, certains martyrs assassinés à bout pourtant au centre-ville, etc. Sur un ton très sincère, M. Ghannouchi s'en tient pour les snipers à la version qui lui avait été donnée par Me Taoufik Bouderbala, président de la Commission d'investigation, selon laquelle il n'y a pas de corps constitué qui a été jusque-là identifié et qu'il se peut que certains éléments, pour se protéger et défendre des postes de police soient montés sur des terrasses. Pour le reste, aucune précision évidente n'avait été portée à sa connaissance.
Au moins trois acquis réalisés
Dernière série de questions auxquelles le Premier ministre répondra sans se départir de son amabilité coutumière : qu'avez-vous fait d'utile au pays durant les semaines où vous étiez resté à la tête du gouvernement après la révolution ? Sans chercher à tirer la moindre gloire personnelle, rappelant qu'il s'agit d'un travail d'équipe mené par un gouvernement élargi à d'autres partis, il rappellera trois fondamentaux qui avaient constitué la priorité : « le bannissement de la violence dans le traitement des incidents survenus, la préservation des institutions de l'Etat et la poursuite du fonctionnement des services publics malgré l'effondrement total du système sécuritaire et l'élaboration d'une série de décrets-lois urgents. Pour ce qui est de la non-violence et prenant à témoin, Me Mokhtar Trifi, alors président de la LTDH, il déclarera qu'il avait donné ses instructions de ne recourir à aucune forme de violence lors du sit-in de la Kasbah 1. Quant aux décrets-lois, il mentionnera que quatre sont relatifs à des conventions internationales se rapportant au droit de l'Homme et à la torture et six à la création d'instances et mécanismes, tels que la Haute Instance Ben Achour, la Commission d'investigation sur la corruption et les malversations (confiée à feu le Pr Abdelfettah Amor), la Commission d'investigation sur les martyrs et les blessés (présidée par Me Taoufik Bouderbala), l'INRIC (présidée par Kamel Labidi), la confiscation des biens, etc. En plus des mesures économiques et sociales d'urgence.
Au terme de trois heures de débats intenses, la présidente de la Commission, Mme Yamina Zoghlami était tous remerciements à son hôte, ne cachant pas sa satisfaction de « la réussite de cette première audition historique ». Elle a indiqué qu'elle avait contacté M. Béji Caïd Essebsi pour une audition similaire et qu'il avait répondu favorablement à son invitation.


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