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Niveau relativement élevé des risques en Tunisie
Publié dans Le Temps le 11 - 08 - 2017

La fragilité des structures de l'Etat laisse beaucoup de failles pour la corruption, les malversations et le blanciment d'argent en Tunisie, surtout avec le marché parallèle qui fait un chiffre d'affaires plus important que le commerce légal.
Dans ce sens, le rapport sur l'évaluation nationale des risques " de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme", dont un résumé a été publié récemment, par la BCT, juge que le niveau des risques en Tunisie est "relativement élevé", pour une liste de menaces.
Les plus importants de ces menaces sont la corruption, l'évasion fiscale et douanière et les crimes cybernétiques à l'instar du piratage des comptes financiers et des cartes bancaires, dont les recettes financières "représentent des plus hauts risques" de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme.
Le paiement en dinar et en devises, les associations et les sociétés de commerce internationale non-résidentes, le secteur foncier et le secteur de l'or constituent autant de mécanismes et de domaines à haut risques qui peuvent, être utilisés dans les crimes de blanchiment de capitaux et de financement de terrorisme, précise le rapport commandé par la présidence du gouvernement en 2014 et réalisé par la Commission tunisienne des analyses financières (CTAF), en collaboration avec les deux ministères de l'Intérieur et de la Défense.
L'impact des "pays à haut risques"
Le rapport met à l'index un nombre de pays à haut risques dans ces domaines, eu égard à leur emplacement géopolitique dans la région et souligne "les grands risques" auxquels le secteur bancaire doit faire face en matière de blanchiment d'argent et de financement de terrorisme, rendant nécessaire pour les banques, le renforcement de leurs ressources humaines chargées du contrôle de la conformité, la conception de programmes de formation et l'acquisition des moyens et des logiciels adéquats pour faire face à ces risques.
Les résultats de ce rapport sont le fruit de l'analyse stratégique de plus de 460 dossiers de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme soumis à la justice, de 2000 comptes bancaires et des milliers d'opérations bancaires (dépôt, retrait et transfert) d'une valeur globale avoisinant les 10 milliards de dinars.
Le rapport est également, basé sur la collecte des milliers de données et statistiques financières, sécuritaires et juridiques, ainsi que le dépouillement de plus de 160 questionnaires.
Piloté par des cadres de la CTAF, des juges et des cadres sécuritaires et douaniers, l'évaluation nationale a concerné plus de 150 parties des secteurs public et privé et a mobilisé plus de 500 cadres pour l'analyse de 16 mille déclarations de paiement cash.
Cette analyse s'inscrit dans le cadre des engagements internationaux de la Tunisie notamment, la première recommandation du Groupe d'Action Financière (Gafi), exigeant des pays la compréhension, la détermination et l'évaluation des risques liés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, et l'adoption de la méthodologie basée sur la définition des risques et l'orientation des ressources de l'Etat vers les secteurs et les métiers à hauts risques.
Faiblesse de la compréhension
Ainsi, malgré l'arsenal juridique et réglementaire dont dispose le pays, cette évaluation fait ressortir des faiblesses au niveau de la compréhension par les employés dans les différents secteurs, des risques de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme, et le manque d'efficacité des mesures et des pratiques de contrôle, en plus du retard au niveau de l'application des sanctions administratives décidées par les structures de contrôle et de régulation.
Le rapport met l'accent sur la faiblesse de la coordination entre les différents intervenants sur le plan national et sur la faible capacité d'analyse de certaines parties en ce qui concerne les crimes financiers.
Il met en cause l'absence d'une unité de contrôle chargée de contrôler le système de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement de terrorisme, au sein des institutions financières et non-financières, à l'instar de la Poste Tunisienne, des promoteurs immobiliers et des bijoutiers, et met en exergue la défaillance du système d'analyse des données statistiques relatives aux crimes ainsi que la lenteur dans le jugement des auteurs de crimes dans ce domaine.


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