Pour la clôture du festival, les retrouvailles avec Anouar Brahem et ses musiciens offriront au public de découvrir "Blue Maqams", le nouvel opus jazz du luthiste tunisien. Rendez-vous ce soir au Théâtre de plein air de Hammamet pour un concert qui promet d'être mémorable... C'est toujours un événement de retrouver Anouar Brahem sur une scène tunisienne car, depuis longtemps, les engagements internationaux du virtuose du luth le mobilisent aux quatre coins de la planète. C'est dire le caractère exceptionnel de cette soirée du 26 août qui réunira Brahem et ses musiciens avec le public tunisien pour la clôture de la présente session du festival international de Hammamet. Ce concert de Brahem sera sans doute une apothéose, après une saison estivale riche de dizaines de tentations musicales. Car le festival de Hammamet cette année a été à nul autre pareil. Véritable manifestation culturelle tournée vers la musique contemporaine et les expérimentations artistiques, ce festival a donné l'exemple et constitué un modèle vertueux qui contrebalançait les ravages de la culture de masses sur nos manifestations estivales qui, souvent, n'ont plus de culturel que leur passé. Le festival de Hammamet a ainsi offert à son public quelques pépites à l'image du récital des frères Mraihi, de la chorégraphie de Blanca Li ou du passage de Beth Hart. Ceci sans parler des nombreux événements tunisiens produits ou invités par le festival qui a offert son hospitalité aux musiciens de Alphawine Populaire, aux comédiens du spectacle "Au Suivant" et à ceux qui ont accompagné Taoufik Jebali ces trente dernières années. Cet éclectisme du festival et sa capacité à retrouver les expressions les plus pertinentes de notre création actuelle sont également à souligner. Moez Mrabet, directeur du festival, et l'ensemble de ses équipes ont rendu une copie remarquable et confirmé l'élan pris par le festival depuis l'année dernière. Dans l'intertextualité de la musique La soirée de clôture est en soi un joli coup car il n'est pas aussi aisé qu'on le croit d'inviter Anouar Brahem et ses musiciens à se produire en Tunisie. C'en est fait donc de cette gageure et il est à mettre à l'actif du festival d'avoir trouvé les moyens et la logistique nécessaire pour que cette clôture soit une fête au plein sens du terme. Anouar Brahem ne viendra pas les mains vides puisqu'il offrira au public la première tunisienne de son nouvel opus "Blue Maqams", une oeuvre entre envolées jazz et placidité du luth. Avec un quartette de musiciens, Brahem interprétera les pièces essentielles de cette oeuvre dans laquelle il tente de concilier l'esprit du maqam arabe avec la note bleue qui représente la pureté du jazz. Soutenu par ses musiciens, Brahem devrait aller au bout de ses intentions esthétiques en poursuivant le travail entamé dès le début des années 1990 avec son visionnaire "Barzakh" qui sera suivi par de nombreuses créations qui feront du musicien tunisien l'un des théoriciens d'un jazz à la croisée des mondes et des sensibilités musicales. De fait, les oeuvres de Brahem sont une plongée dans l'intertextualité de la musique c'est à dire dans cette zone ouverte où se tissent les conjonctions les plus surprenantes. A aucun moment cette musique qui naît de la rencontre culturelle, n'est artificielle. En effet, elle émane des musiciens, de leur capacité d'improvisation et du feeling qui peut jaillir d'une simple note, d'une phrase musicale ou d'un solo libéré des entraves de la convention. Ce sont ces univers musicaux que le public de Hammamet pourra découvrir ce soir pour la clôture de cette mémorable session du festival de Hammamet. Une soirée à ne pas rater!