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Une indifférence outre-tombe !
Publié dans Le Temps le 18 - 01 - 2019

Avec seulement la reprise d'une exposition de photos organisée au quarantième jour de sa mort survenue le 12 janvier 2015, feu Ridha Khouini, le grand et célèbre poète de la chanson tunisienne, n'aura bénéficié en 2019, date du quatrième anniversaire de sa mort, que de cette exposition-là.
Cette dernière, organisée par la délégation régionale de la culture du gouvernorat de Tunis, était passée presque inaperçue, bien qu'ayant eu lieu dans le hall de la maison de la culture Ibn Rachik. Ridha Khouini méritait beaucoup mieux, lui qui défendait, parfois à cor et à cri, les artistes tunisiens, voire les chanteurs, les compositeurs et les poètes quand ces derniers rencontraient des difficultés financières pour palier à leurs maux subits. Et sans citer de noms d'artistes, notre parolier et poète n'hésitait pas à demander aux autorités de tutelle de venir en aide à ses amis de toujours quand ils n'arrivaient plus à voir le bout du tunnel. Et il obtenait gain de cause ! Sachant défendre positivement et farouchement la vie dure de nos artistes encore en vie et presque oubliés aujourd'hui. Ridha Khouini avait organisé plusieurs hommages de leur vivant ou après leur disparition à plusieurs artistes tunisiens. On se rappelle l'hommage à Salah Mehdi, Ahmed Kalaï, Mohamed Sâada et Ali Sriti à la maison de la culture Ibn Khaldoun en 2003 sous l'intitulé de : « La soirée du luth », du quarantième jour de la mort du journaliste Taoufik Boughdir en 2009 au « 4è Art », de l'hommage au chanteur Hédi Kallel en 2013, deux années avant sa mort le 15 mars 2015 et à l'hommage à la grande chanteuse Nâama en 2014 au Théâtre de la ville de Tunis. Ces événements étaient accompagnés de catalogues biographiques réalisés sous la direction de Ridha Khouini. L'indifférence envers ceux qui égaillaient la vie des citoyens tunisiens par médias audiovisuels interposés et au cours des soirées de fêtes familiales et pour laquelle se battait Ridha Khouini le frappe aujourd'hui, outre tombe ! Un constat amer qui nous rappelle que l'ingratitude signe encore et toujours sa présence dans l'esprit qui « président » aux destinées de la vie artistique tunisienne. Et mieux encore, les chaînes radiophoniques et télévisées étatiques et privées en font autant.
Echapper à l'ingratitude
On se met à l'évidence que beaucoup parmi nos animateurs, même spécialisés dans la chanson tunisienne ignorent de telles dates croyant seulement au présent. Le « Gdim », lire (Ancien ou vieux) n'a aucune chance d'exister ou même d'être cité, chez eux. Or, leur « Gdim » est pourtant et toujours nouveau ! Pour ceux et celles qui ont une oreille musicale, sont mélomanes et savent apprécier la valeur artistique de telle ou telle œuvre quelle que soit l'année où elle a été créé. Les chansons d'Ali Riahi, Hédi Jouini, Saliha, Mohamed Jammoussi, Fethia Khairi, Nâama, Oulaya, Youssef Temimi, Mustapha Charfi, Soulef, Zouhaira Salem…Pour ne citer que ces chanteurs et chanteuses sont-elles anciennes et à effacer ?! Que non ! Car la production artistique de ces artistes reste de tout temps. Ridha Khouini, m'avait rappelé et à plusieurs reprises qu'il a écrit pour sept à huit générations d'artistes tunisiens, maghrébins, d'Orient et arabes de la diaspora. Car il avait commencé à écrire ses premières chansons dès l'âge de onze ans en 1951 quand le siège de la radio tunisienne se situait sur l'actuelle Place Ali Zouaoui. Il avait alors écrit pour Ali Riahi, Mohamed Sassi, Hana Rached et Habib Chérif. Un chanteur inconnu qui avait pourtant sa plage radiophonique dans les années cinquante et qui était retourné à la chanson au milieu des années soixante dix du vingtième siècle dans l'émission télévisée d'Abdelmajid Ben Jeddou « Le musée de la chanson. » Le parcours de Ridha Khoini, pour y revenir, allait continuer crescendo pour écrire durant un peu plus de soixante ans plus de trois mille chansons ! Un record absolu pour un tel auteur.
Ah ! Les droits d'auteur !
Ridha Khouini défendait également les droits d'auteur qui n'existent presque pas sous nos cieux. Il déplorait que rares sont les chaînes radiophoniques particulièrement celles privées qui s'acquittent aujourd'hui des droits d'auteur des chansons tunisiennes qu'ils diffusent sur leur antenne. Ridha Khouini a été l'un des fondateurs en 1968 de l'Association tunisienne des compositeurs et paroliers, de l'Etablissement des droits d'auteur, membre de l'Union des poètes populaires qui avait été fondée par le grand poète M'hammed Marzouki, Secrétaire général de l'Union des auteurs qui avait été créé par Si Salah Mehdi en 1971. Ridha Khouini a été parmi ceux qui avaient fondé le festival de la chanson tunisienne, en 1987. Les Journées musicales de Carthage dans leur première édition en 2010 l'avaient honoré avec d'autres artistes à l'instar deu compositeur Mohamed Ridha. Notre poète de la chanson Ridha Khouini était en outre membre sociétaire professionnel à la SACEM, en France et membre du Syndicat national des auteurs-compositeurs français depuis 1973 et membre de la Mutuelle des artistes de la SACEM. Ses chansons sont diffusées par quarante stations périphériques à travers le monde. Sa relation avec la France remonte à 1962 quand il avait rejoint à Paris les artistes juifs tunisiens qui avaient émigré dix ans auparavant et pour lesquels il n'avait cessé d'écrire des chansons. Il s'agissait de Kahlaoui Tounsi, Kakino de Paz, Albert Perez et Raoul Journou, l'irremplaçable chanteur des « Tâalilas » tunisiennes. Seul ce dernier a échappé à l'indifférence, ayant, en effet, rejoint la radio tunisienne à la fin des années cinquante.


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