Ces agences sont strictement interdites par le Code du Travail, toutefois, elles continuent d'exercer au vu et au su de tout le monde. Les bureaux d'emploi privés ou les agences de recrutement de travail à l'étranger ont été interdits par le Code du Travail. Seuls les établissements étatiques se chargent de cette tâche dans notre pays. Ces propos sont confirmés par M. Chedli Laâroussi, ministre de l'Emploi et de l'Insertion Professionnelle des Jeunes lors d'un débat parlementaire sur la Consultation Nationale sur l'Emploi. Toutefois, plusieurs agences continuent d'exercer de manière illégale, posant ainsi des attrape-nigauds à nos jeunes qui rêvent d'eldorado. Ces agences ciblent plus particulièrement les jeunes qui rêvent de décrocher un contrat de travail dans l'un des pays du Golfe. Mais ça se paye très cher. Un site web (version arabe et anglaise), un bureau dans un quartier chic, un téléphone fixe, une secrétaire...Il ne faut rien laisser au hasard pour attirer les demandeurs d'emploi qui rêvent de décrocher un contrat de travail dans l'un des pays de Golfe. Pour attirer davantage leurs clients, les agences de recrutement à l'étranger investissent lourd. Ils réservent des espaces publicitaires dans les journaux de la place. C'est de cette manière que ces agences procèdent depuis quelques années alors qu'elles sont strictement interdites par le Code du Travail. Cela fait d'ailleurs partie intégrante de leur stratégie de travail et ce, pour gagner la confiance des jeunes. Esthéticiennes, modélistes, coiffeuses, techniciens, ou simples chauffeurs...plusieurs opportunités sont à leur disposition. Mais à quel prix ? « Il suffit tout simplement de déposer une demande munie d'un CV détaillé en langue anglaise, d'une photo d'identité, d'une copie de diplôme et d'une copie du passeport sans oublier les frais d'inscription qui s'élèvent à 70 dinars », il s'agit bel et bien des informations recueillies par une simple communication téléphonique. Pour rassurer ses clients, « l'intermédiaire » n'hésite pas à énumérer les avantages qui seront accordés dans le pays des rêves. Une prise en charge totale ; (logement, transport et billet d'avion), à condition bien sûr de lui accorder une commission sur la totalité du salaire annuel. Par mesure de précaution, l'intermédiaire refuse de nous communiquer une information sur le taux de commission. « Il est impératif de passer au bureau », exige-t-il.
Une loi rigoureuse, mais... Tentés par l'expérience, plusieurs jeunes n'hésitent pas à contacter ces agences qui continuent d'exercer hors du cadre légal et d'échapper à tout contrôle rigoureux de la part de l'Etat. Aveuglés par l'offre imaginaire présentée par l'intermédiaire, ils n'hésitent même pas à payer les frais du dépôt de dossier. Mais, ce n'est ne qu'après une année qu'ils découvrent qu'ils ont été arnaqués. Car, les promesses présentées il y a longtemps, n'ont pas été concrétisées. Manal, jeune modéliste a déposé sa candidature auprès l'une des agences de la capitale, en vain. Son expérience remontre à plus d'une année, « et j'attends toujours... », regrette Manal. A l'instar des autres jeunes, la fille rêve de décrocher un contrat dans l'un des pays de Golfe. Bien que la loi tunisienne soit rigoureuse à propos de cette question, les agences exercent au vu et au su de tout le monde. Les intermédiaires se présentent même comme étant les seuls représentants dans l'Afrique du Nord. Pour protéger les droits des travailleurs le gouvernement a confié cette tâche aux établissements étatiques. C'est l'Agence Tunisienne de Coopération Technique (ATCT) qui offre des opportunités d'emploi à l'étranger dans le cadre de la coopération technique. Cependant, ces possibilités restent très limitées pour ceux qui ont suivi une simple formation professionnelle. Ce qui pousse nos jeunes à avoir recours à ces « intermédiaires » arnaqueurs. A signaler que la coopération se déroule dans le cadre des conventions de partenariat avec les pays voisins et plus particulièrement ceux européens. Le nombre des bénéficiaires de ce programme a chuté lors des six dernières années, juste après les attentats du 11 septembre, c'est ce qui a été d'ailleurs confirmé par le ministre de l'Emploi et de l'Insertion Professionnelle des Jeunes. Ainsi, les jeunes victimes des pratiques illégales espèrent-ils qu'on les protège contre l'arnaque de ces agences qui continuent de leur offrir des fausses illusions. Ils appellent à une meilleure application de la loi en plus d'un contrôle rigoureux dans le domaine. Il importe également d'attirer l'attention et de sensibiliser quant à ces exercices.