Le Temps-Agences - Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a sollicité l'aide de la Banque mondiale afin de pouvoir être autorisé à emprunter de l'argent à des banques privées, son gouvernement faisant face à une crise financière, apprend-on auprès de responsables palestiniens et européens. Près de sept mois après une conférence des donateurs à Paris, où les puissances mondiales s'étaient engagées à verser des milliards d'euros, l'Autorité palestinienne se trouve aujourd'hui dans une impasse budgétaire, certaines promesses n'ayant toujours pas été honorées. Symbole de cette crise, il semble très probable que le gouvernement ne soit pas en mesure de verser les prochains salaires de ses fonctionnaires, même si les dirigeants palestiniens assurent qu'il ne s'agit que d'une question de temps. "Nous avons le sentiment profond que cette crise sera bientôt résolue", a ainsi expliqué le ministre de la Planification, Samir Abdallah, ajoutant que le paiement des salaires serait certainement retardé de quelques jours. "Nous ne pouvons pas poursuivre notre programme de réformes et notre rétablissement économique sans une aide budgétaire", a déclaré le ministre. Selon des sources palestiniennes et européennes, Fayyad a récemment demandé à la Banque mondiale de lui rédiger une "lettre de confort", un document juridique où l'institution internationale s'engagerait à garantir les emprunts de l'Autorité palestinienne à des banques privées. La Banque mondiale reçoit rarement ce genre de requête et d'après des responsables européens, cette situation exceptionnelle relève du fait que les institutions de crédit rechignent de plus en plus à autoriser l'Autorité palestinienne à emprunter des sommes importantes, leurs dirigeants réclamant plus de garanties financières. Selon les mêmes sources, les banques privées sont aujourd'hui de plus en plus sceptiques, et les promesses de dons des puissances étrangères, qui tardent à être versées à l'administration palestinienne, ne constituent plus pour elles des garanties suffisantes. Les donateurs réunis à Paris en décembre dernier avaient promis de verser 7,7 milliards d'euros à l'Autorité palestinienne afin de soutenir les négociations de paix entre son président Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Ehud Olmert. Seule une partie de ces fonds a été versée jusqu'à maintenant et les autres sommes promises concernent des projets de construction et de développement, dont les budgets ne sauraient être utilisés pour payer les dépenses courantes de son administration