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Sarkozy et... nous
Le Temps du Monde: Présidentielle française, Sarkozy et... nous
Publié dans Le Temps le 05 - 03 - 2007

Pour nous autres Sud-Méditerranéens, c'est-à-dire Tunisiens, Maghrébins, Arabes, Africains, Musulmans ou, plus largement encore, habitants des pays en développement, le changement annoncé à la tête de l'exécutif français ne saurait nous laisser indifférents. Pour plusieurs raisons.
Un: le président en France a de larges prérogatives en politique étrangère et un rôle important sur la scène internationale. Deux: la France est pour la plupart de nos pays un partenaire incontournable. Trois: nous considérons le pays de Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand et Jacques Chirac, comme une puissance qui compte dans le monde d'aujourd'hui, d'autant qu'elle est adossée à une Union européenne dont on espère qu'elle sera capable de constituer bientôt un contrepoids à l'hyper-puissance américaine. Quatrième raison, et pas des moindres: une importante communauté d'Arabo-africains et de Musulmans vit en France, qui compte plusieurs millions binationaux, de travailleurs immigrés et d'étudiants.
Pour toutes ces raisons, la campagne pour l'élection présidentielle qui bat actuellement son plein dans l'Hexagone nous interpelle. Et tout ce que disent les deux principaux favoris, à savoir Nicolas Sarkozy, candidat de l'Union pour un mouvement populaire (UMP, droite libérale), et Ségolène Royal (candidate du Parti socialiste, gauche), sur l'immigration, les musulmans, le conflit israélo-palestinien, la coopération avec les pays du sud et l'aide au développement, entre autres de nos sujets de préoccupation, retient notre attention, parce qu'elle nous informe sur les changements qui pourraient intervenir dans la politique étrangère française, ses orientations futures et la place que nous - et nos intérêts vitaux - pourrions y occuper.
Pour aider les lecteurs à se faire une idée sur les programmes politiques des deux principaux candidats, dont on suppose qu'ils seront au second tour de l'élection présidentielle et que l'un d'eux sera le prochain président de la France, nous allons passer au peigne fin leurs positions respectives sur les sujets qui nous préoccupent, qu'elles aient été exprimées ouvertement - et les candidats à la présidence sont rarement avares en promesses et annonces - ou seulement trahis par leurs faits et gestes, passés ou actuels. A tout seigneur tout honneur, nous commencerons, dans ce premier article, par celui que la plupart des sondages donnent comme le favori: Sarkozy.

Une «garde maghrébine»... pour la parade
Qu'elles s'inscrivent dans le cadre des relations bilatérales ou dans celui d'un approfondissement du processus de Barcelone (Partenariat EuroMed), les relations de la France avec les pays du Maghreb sont l'un des thèmes majeurs de la présidentielle française. Elles sont autant importantes pour les Maghrébins que pour les Français, car c'est au Maghreb que la France signe ses meilleures performances en Afrique. Plus de 25 000 de ses entreprises commercent et exportent vers les pays de l'UMA. Le Maroc, second partenaire africain de la France, après l'Afrique du Sud, compte 1200 filiales d'entreprises françaises implantées sur son territoire, qui dégagent plus de 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an. Troisième partenaire africain de la France, notre pays accueille 1 100 entreprises françaises ou à participation française, qui emploient plus de 100 000 personnes, avec une forte concentration dans le secteur industriel. En 2006, les échanges bilatéraux tuniso-français se sont élevés à 6,1 milliards d'euros. En Algérie, 180 filiales françaises opèrent, et l'ancienne puissance coloniale reste le premier fournisseur pour un montant d'investissement direct étranger (IDE) évalué à 34 millions d'euros en 2005. Bien qu'ils soient encore peu organisés politiquement, les Français d'origine maghrébine, constituent, par ailleurs, une minorité qui aura un poids électoral non négligeable dans une consultation que l'on annonce serrée.
C'est ce qui a poussé Sarkozy à s'entourer de nombreux conseillers d'origine maghrébine. Comme Rachida Dati, Abderahmane Dahmane ou Ahmed Guénad, qui constituent une caution aux Beurs et aux Français d'origine étrangère que le ministre de l'Intérieur avait insulté, lors des émeutes des banlieues en 2005, en les qualifiant de «racaille», à nettoyer «au karcher» et qu'il cherche aujourd'hui à séduire.
Les membres du «Pool-Maghreb» sont aussi chargés de faire revivre, au bénéfice de Sarkozy, les réseaux France-Maghreb en Algérie, au Maroc et, à un degré moindre, en Tunisie. Ce sont eux qui ont organisé les deux récentes visites du ministre de l'Intérieur, au Maroc et en Algérie, où il a été reçu par le roi Hassan II, en juillet, et le président Abdelaziz Bouteflika, en novembre.
A Alger, le ministre de l'Intérieur a annoncé l'allégement de la procédure pour l'obtention de visas. En fait, il a présenté une simple mesure de réajustement - la mise en conformité des procédures de délivrance des visas avec le Maroc et la Tunisie, sans plus - comme étant une grosse concession française. Il a aussi annoncé le renforcement de la coopération franco-maghrébine dans la lutte antiterroriste. Le Français compte beaucoup sur cette coopération pour éviter une crise sécuritaire grave en pleine campagne présidentielle.
En effet, avec les menaces récurrentes du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) contre la France, Sarkozy a de bonnes raisons de craindre un passage à l'acte sous forme d'attentats antifrançais au Maghreb ou en France qui risqueraient de remettre l'enjeu antiterroriste au cœur de la campagne présidentielle, avec des conséquences imprévisibles. En fait, le candidat de la droite craint une répétition du scénario qui a permis au socialiste Zapatero de se faire élire en Espagne au lendemain de l'attentat de Madrid.

Le grand ami d'Israël
Malgré les apports précieux de sa «garde maghrébine», Sarkozy ne parvient pas à faire tomber les réserves qu'il inspire aux Beurs et aux Maghrébins, ainsi qu'à leurs proches au sud de la Méditerranée. Et pour cause: Sarkozy pâtit de la perte de crédibilité de la droite française au Maghreb, surtout des prises de position du président Jacques Chirac et du Quai d'Orsay sur certaines questions sensibles. Il pâtit aussi de certaines de ses positions personnelles, notamment son opposition à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne (UE), dont il espère qu'elle lui rallie une partie de l'extrême droite lepéniste, qui rejette toute concession à la Turquie, aux pays du Maghreb ou aux pays musulmans en général.
Les incessantes concessions de Sarkozy au lobby juif sur la question palestinienne produisent le même effet auprès de l'électorat Beurs ou originaire du monde arabo-musulman. Alors qu'il a effectué plusieurs voyages en Israël, le chef de l'UMP ne s'est jamais rendu dans les territoires palestiniens : un oubli lourd de sens. En apportant son soutien à Israël en pleine guerre contre le Liban, l'été dernier, Sarkozy n'a pas manqué de mécontenter les 50 000 Franco-Libanais que compte l'Hexagone et dont beaucoup ont déclaré qu'ils ne voteront pas pour lui.
On sait aussi que Pierre Lellouche, le député UMP de Paris et Président de l'Association d'amitié France-Israël, est son principal conseiller des affaires étrangères. L'avocat Arno Klarsfeld, un Franco-israélien qui a servi une année entière dans l'armée de l'Etat hébreu, compte aussi parmi les éléments les plus influents de son entourage. De nombreux intellectuels réputés pour leurs positions pro-israéliennes - ou anti-arabes et anti-musulmanes -, comme Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut, André Glucksmann et autres Pascal Bruckner roulent ouvertement pour lui.
Last but not least, L'Union des patrons et professionnels juifs de France (UPJF), une association communautaire française plus connue pour son lobbying pour Israël que pour son activisme en faveur de la libre entreprise, lui a décerné, le 30 mars 2006, le prix de l'homme politique de l'année 2005 lors de son dîner de gala annuel. La cérémonie avait été marquée par le discours véritablement apocalyptique du président de l'UPJF, Claude Barouch, qui a évoqué pour les Français de confession juive la nécessité d'«un combat vital pour empêcher, une fois de plus, d'être relégué au rang de ''dhimmi''» (sic !) en France, c'est-à-dire de minorité religieuse dans un pays islamique. Lors de la même cérémonie, le ministre de l'Intérieur a été salué comme celui qui «saura sans doute redonner une nouvelle dynamique aux relations d'amitiés solides qui lient Paris, Washington et Jérusalem». On l'a compris, Sarkozy est le grand favori des Israéliens et il a le soutien de nombreux responsables institutionnels de la communauté juive française.
Les déclarations tonitruantes de Sarkozy sur l'immigration et, surtout, sur les immigrés de confession musulmane, n'ont pas aidé à redorer l'image vaguement négative de Sarkozy parmi les électeurs d'origine étrangère. Au contraire...
Ainsi, le 21 octobre dernier, le ministre de l'Intérieur a commis une énième bévue - qui n'en est peut-être pas une, tant ses sorties sont souvent politiquement calculées - à l'égard des musulmans. Evoquant l'affaire des bagagistes musulmans de Roissy qui se seraient vus retirer leur badge d'accès du fait de leur religion, il n'a pas hésité à justifier ces mesures vexatoires: «Il y a 43 personnes à qui nous avons retiré l'habilitation. Il n'y avait là aucun délit de sale gueule. Il y avait des éléments précis qui nous amenaient à leur interdire l'entrée sur la surface d'un aéroport», a-t-il dit. Sarkozy, qui s'exprimait lors d'un débat, dans le cadre de la 15ème édition de la Cité de la Réussite à la Sorbonne, a souligné qu'il était de son «devoir» de veiller à ce que les personnes qui ont accès aux pistes de décollage et d'atterrissage «n'aient ni de près ni de loin de liens avec des groupes extrémistes».

«La France, on l'aime ou on la quitte»
Cette position, qui illustre toute l'ambiguïté du personnage, a laissé perplexe beaucoup de Beurs et même des Français de souche. Car, dans un Etat de droit, les institutions ne fonctionnent pas habituellement sur le mode de la présomption de culpabilité. La position de Sarkozy n'a pas manqué de donner crédit à la thèse défendue par ses critiques les plus virulents selon laquelle ce dernier cultiverait le «racisme ordinaire» des Français pour arriver à ses fins électorales.
Avec son parler franc, qui choque et suscite la polémique, le candidat de l'UMP cherche, en effet, à distiller des messages constants auprès de ses électeurs cibles: ici ceux de l'extrême droite xénophobe ou ceux de la communauté juive pro-israélienne, paradoxalement unis par une même haine pour les Arabes, les Musulmans et les immigrés en général.
Lors de l'émission de TF, «100 questions à Sarkozy», le 5 février dernier, Sarkozy a eu ce vif échange avec un interlocuteur, Jérôme Monod, qui l'a accusé de se servir «des idées racistes pour arriver à (ses) fins» avec son slogan «La France, on l'aime ou on la quitte». «Je n'ai jamais été raciste», s'est-il défendu, tout en réaffirmant sa volonté de parler aux électeurs du Front national. «Je suis le premier homme politique de droite à dire qu'il faut une immigration choisie. Mais je dis aussi une chose avec la plus grande force: personne n'est obligée d'habiter en France. Et quand on aime la France, on la respecte», a-t-il ajouté. Et d'insister: «On respecte ses règles, c'est-à-dire qu'on n'est pas polygame, on ne pratique pas l'excision sur ses filles, on n'égorge pas le mouton dans son appartement et respecte les règles républicaines».
Ces phrases n'ont pas manqué de choquer une jeune Franco-algérienne de Lille, Hayate Adjadj, et, à travers elle, des millions de téléspectateurs au nord et au sud de la Méditerranée. La jeune Lilloise a lancé au ministre de l'Intérieur: «Les propos que vous venez de tenir sur les moutons ce sont des propos racistes. Il y a des réglementations, il y a des abattoirs, on est civilisés». Avant d'ajouter: «C'est honteux, je suis d'origine algérienne et je suis musulmane et je me sens insultée, complètement». Réponse du ministre-candidat: «Vous avez tort. D'abord pour moi, les Musulmans sont des Français (...) Nous avons le droit, nous les Français, de dire pour notre pays, comme les Américains le disent pour le leur, comme les Espagnols le disent pour le leur, qui est le bienvenu sur notre territoire, qui n'est pas le bienvenu».
Pendant quelques instants, les téléspectateurs ont cru entendre Jean-Marie Le Pen, le leader du Front national, ou l'autre islamophobe attitré et candidat à la présidence Philippe de Villiers...

Un homme «qui n'aime pas beaucoup les musulmans»
Dans un discours à Toulon, deux jours plus tard, Sarkozy est revenu à la charge, comme pour bien enfoncer le clou. «Ça ne peut plus durer la France qu'on regarde se défaire en proclamant que l'on n'y peut rien», s'est-il exclamé. Avant de distiller ses messages empoisonnés sur les immigrés qui «ne sont pas les bienvenus sur le territoire de la République» s'ils n'en respectent pas toutes les règles. Et de stigmatiser de nouveau ceux qui pratiquent l'excision, le mariage forcé ou acceptent «la loi des grands frères»... Confondant ainsi, volontairement ou non, une infime minorité avec tous les Français d'origine étrangère ou les immigrés.
Après ses élans exaltant la tolérance et encourageant «l'islam de France», à travers la création, en 2002, du Conseil français du culte musulman (CFCM), les propos musclés de Sarkozy sur l'immigration ne cessent de lui aliéner la sympathie des Beurs et des Musulmans français. Ainsi, le 20 janvier, sur les 1 000 personnes musulmanes conviées au ministère de l'Intérieur pour le «rassemblement des musulmans de France», à l'occasion de la célébration du nouvel an de l'hégire, seules 250 ont fait le déplacement, dont les ambassadeurs de quatre pays arabes Maroc, Tunisie, Algérie et Egypte. C'est ce qui a fait dire à Fayçal Ménia, responsable UMP d'Aubervilliers, cité par ''Libération'' du 26 février, que Sarkozy a aujourd'hui «l'image d'un homme qui n'aime pas beaucoup les musulmans».
En disant cela, Ménia a sans doute à l'esprit une autre position du candidat UMP qui a beaucoup froissé les Musulmans. Dans sa recherche effrénée des voix de l'extrême droite, Sarkozy, avait pris position, le 8 février, pour ''Charlie Hebdo'' contre la Mosquée de Paris et l'UOIF, qui poursuivent le magazine devant les tribunaux pour avoir publié les caricatures du Prophète de l'islam. Conclusion de Fouad Alaoui, secrétaire général de l'UOIF, cité par le même quotidien français: «L'électorat musulman ne compte pas de manière significative dans sa campagne». Conséquence : «Un récent sondage IFOP montre que la population musulmane se sent plus proche du PS (55 % des intentions de vote) que de l'UMP (23,4 %)», ajoute ''Libération''.

Sarko dans le texte : Vers une immigration choisie:
«Il n'existe pas de remède miracle mais des solutions pragmatiques. Les transferts de fonds des immigrés africains à leurs pays d'origine atteignent des montants considérables : 8,1 milliards de dollars en 2005 selon certaines estimations. L'un des grands enjeux du dialogue entre l'Europe et l'Afrique devrait porter sur les moyens de transformer cette épargne pour en faire un outil du développement économique. Nous venons ainsi de créer en France, dans le cadre de la loi relative à l'immigration et à l'intégration votée le 30 juin dernier, un produit d'épargne destiné à favoriser l'investissement des migrants dans leur pays d'origine». (Interview au ''Matin du Sahara et du Maghreb'', le 8 juillet 2006.)

- «Il faut écarter une fois pour toutes les deux dogmes qui n'en finissent pas de polluer le débat sur l'immigration. L'immigration zéro est un mythe dangereux. Une Europe sans immigration est inconcevable pour des raisons économiques et démographiques. Mais je n'accepte pas non plus le discours extrémiste des partisans de l'immigration sans limite ! L'Europe ne peut pas recevoir tous ceux qui voient en elle un Eldorado. L'ouverture générale des frontières de l'Europe provoquerait, à terme, une déstabilisation politique majeure du continent et le risque d'une arrivée au pouvoir de partis extrémistes et xénophobes. L'Afrique en serait la première victime.» (Même source)

- «Je ne suis pas favorable à des opérations de régularisations globales d'étrangers sans papiers, comme les gouvernements socialistes français les ont pratiquées en 1981, 1990 et 1997. Ces opérations sont dangereuses car elles exercent un puissant effet d'appel d'air. Le migrant régularisé fait venir sa famille. Il indique à ses amis, dans son village, que l'émigration vers l'Europe est possible. Des filières se créent. Et, dans les pays d'origine, le signal est bien reçu : la frontière est ouverte ! En revanche, je suis favorable à des régularisations au cas par cas, fondée sur des motifs humanitaires comme le prévoit la loi sur l'immigration et l'intégration.» (Même source)

- «L'expression immigration choisie a été parfois mal comprise ou caricaturée. Il n'a jamais été question pour moi d'organiser une sélection unilatérale des migrants sur la base de leurs diplômes. L'immigration, dans mon esprit, doit être choisie par le pays de destination comme par le pays d'origine. La nouvelle loi s'inspire de cette logique. A l'avenir, il nous faut préparer les fondements d'une immigration organisée, régulée, maîtrisée dans le cadre d'une concertation d'Etat à Etat. L'avenir est aux migrations de mobilité, qui permettront aux migrants d'acquérir en Europe une formation, une expérience professionnelle, et de la mettre ensuite au service du développement de leur pays d'origine. La création d'une carte de séjour ('compétences et talents'' dans la nouvelle loi française est emblématique de cette volonté de faire des migrations une source d'enrichissement mutuel. (Même source)

Union de la Méditerranée
Dans son discours de Toulon, le 7 février, Sarkozy a défendu son projet «d'Union de la Méditerranée», sorte de G8 régional incluant le Maghreb et plaidé pour une «politique de civilisation» où nos «sociétés ouvertes retrouveront leur capacité d'intégration et inventeront de nouvelles manières de vivre ensemble». «C'est à la France de prendre l'initiative d'une Union méditerranéenne, comme elle prit jadis l'initiative de construire l'Union européenne», a-t-il déclaré. «Cette Union méditerranéenne aura vocation à travailler étroitement avec l'Union européenne et aura vocation à avoir avec elle des institutions communes. Elle pourrait s'organiser autour de rencontres périodiques de ses chefs d'Etats et de gouvernement (...) et aurait un Conseil de la Méditerranée.» C'est la Turquie, qui n'a pas vocation à intégrer l'Union européenne, qui doit être «le pivot» de ce nouveau «machin».
Cette union, qui serait l'un de ses objectifs prioritaires devrait «prendre en charge des questions de lutte contre le terrorisme, la gestion concertée des migrations, le développement économique et commercial et la promotion de l'Etat de droit dans la région.»

Proche-Orient :
Le candidat de l'UMP, qui n'a jamais cachée son amitié pour le peuple israélien, a déclaré, lors d'une conférence de presse le 28 février à Paris, que l'attaque israélienne contre le Liban, l'été dernier, avait été «disproportionnée». Ceci, a-t-il précisé ne doit toutefois pas remettre en cause l'indubitabilité d'un renforcement de la sécurité d'Israël, préalable à la création d'un Etat palestinien souverain, renvoyant ainsi dos-à-dos l'occupant et l'occupé, le bourreau et la victime...

Afrique : tourner la page des complaisances
Lors d'un voyage à Cotonou (Bénin) en mai 2006, le candidat UMP Nicolas Sarkozy avait prôné la rupture dans la politique africaine de la France, plaidant pour «une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé et de ses obsolescences». Il avait souhaité «tourner la page des complaisances, des officines, des secrets et des ambiguïtés».
Prenant ses distances avec la «personnalisation» des relations franco-africaines, il avait prôné un «dialogue franc et objectif» et «sur un pied d'égalité, entre partenaires responsables». Une critique implicite des relations personnelles nouées par Jacques Chirac avec plusieurs présidents africains.
Il avait également prévenu qu'il refuserait de «transiger» sur les valeurs démocratiques: «il n'y a pas d'exception africaine, pas de prétendue spécificité culturelle qui justifierait je ne sais quelle incompatibilité entre l'Afrique et la démocratie».
Le 28 février, devant quelque 250 journalistes de médias français et étrangers réunis dans un hôtel parisien, le candidat de l'UMP est revenu sur le même sujet.
Après avoir exprimé son souhait d'en finir avec la tradition du «domaine réservé», il a ajouté:
«Il nous faut les débarrasser des réseaux d'un autre temps, des émissaires officieux qui n'ont d'autres mandats que celui qu'ils s'inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés, notamment avec nos partenaires africains et arabes». Ainsi, «le président de la République doit s'expliquer devant le Parlement et devant la Nation sur les choix qu'il prend» (conférence de presse du 28 février).
Les pays du Sud ont le droit d'accéder au nucléaire civil
Le candidat UMP a plaidé aussi pour une «approche plus doctrinale». «Notre politique étrangère doit être guidée par des valeurs réaffirmées, et par des objectifs clairs et hiérarchisés», a-t-il dit. Critiquant la position «irresponsable» de son adversaire socialiste Ségolène Royal, qui souhaite interdire à l'Iran le nucléaire civil, il a souhaité que les pays du Sud, et notamment l'Algérie, accèdent à cette énergie. Il a proposé la création d'une «banque mondiale du combustible nucléaire» pour «garantir aux pays émergents l'accès aux bienfaits de l'énergie atomique sans risque de détournement militaire». Il a exprimé son souhait de proposer à l'Algérie «avant d'autres Etats, de l'aider à développer une capacité nucléaire civile en échange d'un partenariat sur l'exploitation des champs gaziers» (conférence de presse du 28 février).

Promouvoir les libertés et les droits de l'homme
Sarkozy a défendu l'idée que la défense des libertés et des droits de l'homme, qui ont «une vocation universelle», seraient le fondement sur lequel il appuierait sa politique internationale. La France ne peut pas «se taire» face à une évolution «préoccupante» de la situation des droits de l'homme en Russie ou aux violations de ces droits en Chine et ailleurs dans le monde. «Ceux qui sont adeptes de la realpolitik ne sont pas si réalistes que cela. Ils cantonnent l'action diplomatique à un effort pour ne rien changer à la réalité du monde. La stabilité est leur mot d'ordre, l'immobilisme leur obsession», a-t-il dit. Evoquant ensuite les pays d'Afrique du nord et plus largement du monde arabe, il a affirmé que «le grand débat du monde arabo-musulman est désormais la confrontation entre les régimes démocratiques et modérés et les forces obscurantistes. Nous devons tout faire pour conforter les régimes modérés» (conférence de presse du 28 février).

L'aide au développement au service de la bonne gouvernance
Sarkozy a précisé qu'il veillerait à ce que les critères de l'attribution de l'aide au développement soient plus stricts. «Nous ne devons plus accepter que l'aide au développement puisse devenir une prime à la mauvaise gouvernance et aux régimes prédateurs, a-t-il déclaré. De même la corruption doit cesser d'être regardée avec complaisance comme un mal inévitable. La France devra donner la priorité à ceux des pays d'Afrique, et pas seulement des pays francophones, qui respectent ces principes» (conférence de presse du 28 février).


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