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Etes-vous angoissés ?
Page de dissertation
Publié dans Le Temps le 18 - 04 - 2010

Qui ne l'est pas aurai-je envie de répondre à cette question ?
Depuis notre expulsion du ventre maternel jusqu'au premier cheveu blanc, nous portons nos vies comme une incertitude et vivons dans la crainte de nos propres angoisses.
Nous ne devenons pas angoissés, nous naissons ainsi. Imaginez le nouveau-né qui une fois expulsé de l'utérus maternel doit apprendre à vivre indépendamment de sa pro génitrice.
Les choses sont d'autant plus compliquées qu'aux premiers jours de la vie, tout être humain dépend entièrement de sa mère, ou de celle qui se substitue à elle. Sans elle, il ne peut s'alimenter et de ce fait, vivre. Cette dépendance nous plonge dès notre naissance, dans la crainte de l'abandon ; sentir le départ de sa mère pour un nouveau-né est synonyme de menace de mort : sans elle, je ne peux survivre, alors pourquoi me laisse- t- elle ainsi ? L'angoisse est en cela la disposition fondamentale qui nous place face au néant comme nous la présentait Martin Heidegger.
A ne pas confondre cependant angoisse et stress. L'angoisse est liée à notre page d'existence depuis ses premières lignes. Elle à un caractère absolu. Un être angoissé l'est souvent malgré et indépendamment des facteurs circonstanciels, qui bien entendu peuvent aggraver ses angoisses. Le mot en lui-même, aux origines latines, angustia, signifie étroitesse, lieu serré. Nous sommes donc dans cette demeure aux murs qui se referment sur nous et envisageons chaque jour des possibilités de sortie...
L'angoisse est selon Kierkegaard « une inquiétude métaphysique, née de la réflexion sur l'existence ». A ce propos Eugène Ionesco disait : « vivre est le malaise, puisque vivre c'est vivre dans l'angoisse ». Le « stress » lui, survient suite à un contact immanent ou permanent avec un agent agressif externe. On est stressé face à une pile de dossiers, face aux nombreuses tâches qui ponctuent notre quotidien. D'ailleurs, on parle souvent du « stress de la vie moderne », ce qui est différent de l'angoisse qui existe bien depuis les hominidés préhistoriques. Je n'ai aucune difficulté à imaginer le Neandertal complètement anxieux. Tous les homo sapiens neanderthalensis sont héritiers de l'angoisse humaine, trop humaine pour disparaitre un jour. Et si nous sommes ainsi faits, c'est que nous pressentons la fébrilité de notre vie, nous dansons sur un fil d'acier sans savoir qui le tient et quand va-t-il le lâcher. Nous sommes libres, même si nous mettons nos vies dans des cartons pour nous protéger, et cette liberté vertigineuse est source d'angoisse. L'angoisse est notre mater dolorosa, loin d'elle, nous nous sommes plus que de vieilles marionnettes oubliées dans une cave, car c'est elle qui nous pousse à inventer nos illusions, nos modes de survie et de protection, c'est elle aussi qui consolide nos mécanismes de défense, c'est aussi elle qui fait parler les voix de la création qui sont en nous et nous empêche de crouler sous notre propre fardeau. Nous sommes condamnés à vivre avec elle et contre elle en esclave consentant.


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