En cette ère de mondialisation décapante et qui rend impérieuse la consolidation des regroupements régionaux, l'impératif économique prime. Aucun pays au monde ne pourra prétendre à la pleine souveraineté au raffermissement des réquisits de l'Etat-nation si la sécurité alimentaire n'y est pas assurée ou qu'elle y soit vulnérable. Sans verser dans l'autosatisfaction béate et encore moins dans le nombrilisme coquin, nous sommes en droit, nous Tunisiens, d'être fiers de notre modèle économique, des équilibres macro-économiques, de la percussion entrepreneuriale et de nos diplômés, toutes branches confondues. Certes, notre démocratie se construit à doses homéopathiques et sans aventurisme ni emprunts idéologiques contre-nature. Certes, il y a encore à faire sur le chemin de la liberté d'expression. Mais, ce libéralisme tant politique qu'économique est une vérité palpable. C'est un travail de tous les jours ; un combat d'avant-garde et qui ne peut aboutir que sur les bases du dialogue. Dans toute cette effervescence, il y a des constantes et des constances. Mais il y a par-dessus tout une sacralité : c'est l'intérêt suprême de la patrie. Dix millions de Tunisiens se vouent à la pérennité de ce pays. Et dans cet esprit, la souveraineté englobe autant l'intégrité territoriale que l'intégrité économique. Des irresponsables sont, aujourd'hui, en intelligence avec des groupuscules étrangers pour toucher la Tunisie dans ses points vitaux, dont essentiellement la sécurité alimentaire et le dynamisme de l'économie. Leurs armes ? L'intox et le mensonge. Autant de délits qu'il faut absolument punir avec fermeté. La proposition d'amendement de la loi, faite hier par le Conseil des ministres, se justifie, donc, pleinement. Passe encore pour les mauvais procès politiques faits à la Tunisie. Mais que des brebis galeuses tentent de saboter notre économie de l'extérieur, c'est la sécurité économique de 10 millions de Tunisiens qui est en jeu.