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L'enfer de la désillusion
Actualité d'Arthur Rimbaud : exposition «Rimbaudmania , l'éternité d'une icône» (*)
Publié dans Le Temps le 25 - 05 - 2010

Près de 120 ans après sa disparition, Arthur Rimbaud reste une référence vivante de la culture moderne par son cheminement et par son écriture. Il abandonne la poésie à 20 ans, s'engage dans les troupes coloniales néerlandaises, déserte, s'improvise agent commercial en Abyssinie, trafique l'or, l'ivoire, les armes. Il revient à Marseille pour « faire une bonne mort ». Dans son agonie il implore encore qu'on le fasse « remonter à bord » et « partir pour Suez ». Il avait 37 ans.
Baudelaire a ressenti la modernité dans la confusion du XIX ème siècle, Rimbaud l'incarne. Elle ne signifie pas, avec lui, une sorte de goût du nouveau et de l'inédit. Sa modernité est l'hymne d'un sujet qui n'a d'autres limites que lui-même : il lui faut trouver une langue pour changer la vie, inventer l'avenir, tout recommencer. Ange ténébreux et ange lumineux, Rimbaud est misérablement humain, il consent aux enfers de la désillusion et avance en aventurier de l'idéal
L'exposition Rimbaudmania explore ce phénomène unique qu'est devenu Rimbaud. Elle présente des documents rares, des lettres et des poèmes manuscrits dont la célèbre lettre du voyant : « Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens... le poète est vraiment voleur de feu ».
Les trois cent cinquante documents et objets exposés sont un résumé de la popularité de Rimbaud. Il a inspiré Picasso, Giacometti, Léger, Pignon-Ernest... mais aussi la musique rock, la bande dessinée, la mode, la publicité, le cinéma, la décoration, les arts de la rue...
L'exposition tient du collage. Elle juxtapose les arts dits majeurs et les arts populaires, les pièces rares et les choses ordinaires, le chef-d'œuvre et l'objet naïf, le poétique et le vulgaire. L'ensemble est surprenant, éphémère et faussement impertinent. Il y a un mythe Rimbaud et mille manières de le décliner. Peu sont aussi audacieuses que la poésie d'un jeune homme de 16 ans, au côté de laquelle toute la littérature classique et romantique semblait être devenue vieille.
Les photographies de Rimbaud sont rares. L'image la plus connue est, sans doute, le portrait en médaillon réalisé par Etienne Carjat, en 1871. Elle a souvent été utilisée pour personnifier la poésie, la jeunesse, la rébellion. Du coup, l'annonce de la découverte d'une photographie de Rimbaud adulte prise à Aden, vers 1880, a eu un écho d'une ampleur inattendue.
Cette photographie, trouvée par deux libraires, dans une brocante, a été présentée au dernier Salon international du livre ancien et immédiatement vendue. Elle proviendrait d'un lot de clichés ayant appartenu à Jules Suel, commerçant d'Aden qui finança les ventes d'armes de Rimbaud. D'autres indices rattachent cette image au séjour de Rimbaud dans les pays de la mer Rouge et son entourage à Aden. On y voit six hommes dont Rimbaud et une femme sur le perron de l'Hôtel de l'Univers.
Deux controverses se sont ouvertes à propos du cliché. La première sur l'opportunité de montrer un poète défroqué devenu un négociant peu convenable. Pour certains, l'image ferait désormais obstacle à la lecture de l'œuvre. A ceux-là, on pourra toujours répondre que devenir poète ne signifie nullement pouvoir le rester.
La seconde concerne l'authenticité de l'image. Les faux ou les canulars autour du poète ont déjà fait plusieurs victimes. Un joli texte inédit, le Rêve de Bismarck, découvert en 2008 dans une bouquinerie de Charleville-Mézières a fini par rejoindre l'édition des œuvres complètes, mais le débat reste ouvert. On aurait aussi retrouvé la maison de Rimbaud puis son fusil... Aux chasseurs de trésors et aux amateurs de reliques, Rimbaud avait déjà répondu : « Je suis caché et je ne le suis pas. »
(*) Jusqu'au 1er août 2010 à la Galerie des bibliothèques


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