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Et Nilesat se délesta des bigoteries cathodiques
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Publié dans Le Temps le 17 - 10 - 2010

Par Khémais Khayati - Le ministre égyptien de la communication, M. Anas al-Fiqqy, a donné, lundi dernier, un coup de pied dans la fourmilière satellitaire arabe montée sur Nile-Sat… Ce coup de balai n'a nullement visé la flopée de chaînes généralistes arabes et étrangères, ni la marmaille de chaines spécialisées en tout genre même celui «de la lettre manquante».
Il a visé un genre bien ciblé qui s'est développé ces dernières années comme la chienlit en temps d'humidité glauque et ce à la faveur de la montée du prix du pétrole, de la phobie du manque d'énergie et un air du temps joué sur l'ignorance partagée entre les civilisations. Pour une fois, le ministre égyptien a tenu le taureau par les cornes après l'avoir mille et mille fois appelé à savoir raison garder… Mais voyez-vous, le taureau dans sa nature n'entend que l'estocade. Quoi dire de plus, si cette nature est doublée d'un penchant déclarée à la tartufferie comme si tous les téléspectateurs de par le monde arabe étaient des enfants de chœur.
Ce lundi 11 octobre est à marquer d'une pierre blanche car Nilesat, depuis son lancement en 1996 a été plus que la cagnotte qu'il était devenu. Il était un vecteur déterminant dans la stratégie régionale qui vise à assurer à l'Egypte son leadership sur son hinterland culturel : le monde arabe. L'Egypte étant devenu ce que l'on sait, Nilesat est devenu de son côté un simple porteur destiné à ramasser le plus de thunes possibles… Ainsi, il est aujourd'hui à plus de 700 chaînes de télévision en plus des centaines de radios et d'autres services de télécommunication et d'enseignement à distance et mille autre business qu'il assure… De Nilesat 01, nous avons son jumeau 02 en orbite géostationnaire couvrant le Proche et le Moyen Orient ainsi que le Maghreb. A cela il faudra leur ajouter leur frère cadet Atlantic Bird 4A destiné aux USA et connu sous le nom de Nilesat 103… Tous les canaux de ces satellites sont tellement occupés que la Société Egyptiennes des Satellites (ESS) – société off shore – loue des canaux à d'autres satellites, tellement la demande de montée du signal est plus importante que l'offre. Et il arrive ce qui est arrivé à la chaîne al-Rahma (la Miséricorde) qui se vit clouer le bec par le CSA français pour antisémitisme car le canal lui appartient… Soit dit en passant, notre pays, bien avant l'Egypte, avait fait des études de faisabilité de lancement d'un satellite pour le Maghreb et le Proche Orient… A la mi-course, nos responsables ont déduit que le coût n'était pas supportable pour un si petit pays sans ressources… comme si l'Egypte était et est plus riche que nous… Allons donc, la belle plaisanterie !
Les chaînes « respectueuses »
Ce lundi, le ministre ordonna à la direction de la zone franche dont dépend Nilesat « de contrôler les chaines qui diffusent sur Nilesat et s'assurer qu'elles respectent leurs engagements vis à vis la direction de la zone franche médiatique ainsi que celle de Nilesat et s'assurer qu'elles honorent leurs contrats »… Presto illico, elle qui lambinait dès qu'on traite de la question de l'anguille qui somnole sous la roche, la direction de la Zone franche a décidé mordicus que dès le jeudi 21 courant, les chaines suivantes : « al-Nass », « al-Khalijiyya », « al-Hafidh », « al-Cihha wa-l jamal » doivent mettre fin à la montée de leurs programmes…
Un amateur cathodique tout benêt aurait le droit de se demander dans sont for intérieur « qu'est-ce qui a brûlé leur orge » comme disent nos paysans pour qu'ils s'empressent de prendre une décision et de l'appliquer de go… Tout ce cinéma à propos de certaines télés passées non seulement maîtresses dans l'art du prosélytisme mais acquirent de plus en plus l'assurance que c'est là la mission que le Seigneur leur a assignée, tout ce cinéma a plus l'air d'être une prise de tête contre une tête bien ciblée plus qu'autre chose… Car, ces quatre chaines appartiennent à une seule société : « al-Barahin » (Les gages). Plus encore, de toutes ces « respectables » chaines deux ont le vent en poupe. Al-Nass qui récoltent chez nous plus de 5% de pénétration (500 000 personnes/jour) est la chaine la plus rétrograde qui puisse exister et qui se permet d'interdire toute apparition féminine, étant entendu que non seulement le visage est une « ‘Awra », mais la voix, l'ombre, l'odeur etc. comme si le Seigneur avait créé Eve à contre cœur… Cette chaine a une galerie de beaux parleurs qui savent manier la chaîne (‘an'ana) étalés sur les lettres de l'alphabet arabe. On commence par Abou Ishaq al-Huweiny dit Hijazi ben Mohamed ben Chérif qui était durant ses études religieuses le premier de sa promotion, sauf une fois, il était second (le pauvre !) et on termine par Wahid Abdessalam Baly qui fit ses conférences religieuses en Arabie Saoudite, aux Emirats, au Qatar, en Suède, en Finlande où on nous dit avec moult délectation qu'il fit une conférence sur « les capitales cultuelles de la jeunesse musulmane en Europe »… Ceci sans oublier les ténors dont le patron Mahmoud al-Miçry et son ombre Mohamed Hussein Yaâcoub… Ces deux là vous les connaissez sûrement car ils font feu de tout bois… Dernièrement, ils ont rendu licite la vente de tout patrimoine archéologique sur lequel votre main tomberait sous le sol de votre demeure. Pourquoi ? Dieu vous l'a accordé et personne même pas l'Etat n'a le droit de vous le prendre… Bonjour le trafic archéologique.
Quant à « al-Hafidh », elle est de même acabit avec moins de virulence mais avec un effet tout autant néfaste sur les mentalités… Ses vingt haut-parleurs se valent et on s'y méprendrait entre eux tellement ils cultivent le système pileux et adorent se couvrir le chef d'un bout de tissu d'une blancheur éclatante qui sûrement a enquiquiné le chef éclairagiste… Sa devise est que « Le Coran et la Sunna sont valables pour toutes les époques et pour tous les temps », que « La cha-ri'a musulmane est pleine et entière », etc.
« Al-Khalijiyya » était il y a quelques temps une chaîne de clips du Golfe. Et la voici par l'effet de la baguette cathodique, devenue une chaîne religieuse. Si « al-Nass » se considère le sûr chemin vers le Paradis, celle-ci quémande la publicité parce qu'elle est « le chemin qui mène vers le Seigneur »… Chacun voit Dieu sur son écran…
« Pourvou quou ça doure »
A l'annonce de cette décision salutaire, comme de bien entendu, les langues fourches, comme ont dit dans les films de Harry Potter, se sont déliées et ont accusé le gouvernement égyptien d'atteinte à la religion musulmane, au musulman, à la liberté d'expression… Il a même été qualifie d'al-Massih al-Dajjal (Antéchrist)… Pour peu, elles l'accuserait de génocide cultuel alors que la décision a touché aussi des chaines Coptes telle « On TV » dirigée par Albert Chafik et « al-Fara'yn TV»… Il est vrai qu'à ces deux chaines, seul un avertissement leur a été adressé. Mais à la vue et l'écoute comparative de ces deux camps, force est de croire qu'il n'y a pas photo entre le discours musclé des chaines extré-mistes islamiques et celui défensif des coptes… D'où des relents de guerre civi-les qui se sont manifestés sur le terrain en haute Egypte…
Que la chose du déchirement se passe ailleurs, c'est dommage pour le droit à la différence, dommage pour les droits des minorités, dommage pour la tolérance… Mais, vous connaissez la formule de Guitry à propos de cette dernière… On peu se demander pourquoi n'a-t-on pas touché « Iqra' » ou « al-Risala » ? On ne les a pas touché non pas parce qu'elles appartiennent à des personnages influents (Cheikh Salah Kamel et le prince al-Walid) mais parce que bien que religieuses, elles ne font pas dans la bigoterie.
Nous devons pavoiser en Tunisie, notre pays qui dès le XVIIIè siècle à refusé clairement, franchement, carrément de se mettre sous la coupe du Sieur Mohammad ben Abdel-Wahhab ben Soulayman ben Ali al-Tamimi al-Hanbaly al-Najdi (1703-1792 ) et le lui a fait savoir par des lettres aujourd'hui connues… Sauf que, ce que nous avions chassé par la porte était en train de s'installer grâce aux chaînes cathodiques… Que de fois n'ai-je entendu dans la rue quelqu'un de condition modeste qui sûrement n'a pas usé ses culottes dans un kuttab : « le prophète a dit… ». De telles affirmations, de telles situations nous sommes sur le point de nous en défaire. Comme dirait la mère de Bonaparte : « Pourvou quou ça doure »… Mais pourquoi ce n'était pas plutôt avant que le vers ne s'installe dans la caboche ? Va savoir !


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