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Interview accordée par Mme Leïla Ben Ali à l'Agence de presse émiratie (WAM)
Publié dans Le Temps le 26 - 05 - 2007

Tunis-TAP - Mme Leïla Ben Ali, épouse du Président de la République, a accordé une interview à l'Agence de presse émiratie (WAM), qui a été diffusée hier, à l'occasion de la participation de l'épouse du Chef de l'Etat au 3ème Congrès de l'Organisation de la Femme Arabe qui se tiendra, le 27 mai 2007, à Abou Dhabi. Voici le texte intégral de cette interview :
Question :
- L'expérience tunisienne en matière de promotion de la femme est une expérience très ancienne qui a permis à la femme tunisienne d'occuper une place privilégiée sur la scène nationale. Pouvez-vous nous donner un bref aperçu sur cette expérience et sur l'apport du Président Zine El Abidine Ben Ali dans ce domaine ?

Réponse : La Tunisie est parvenue, grâce à la richesse de son legs civilisationnel et à un élan réformateur continu, à améliorer de manière progressive sa situation, de la période de la résistance jusqu'à l'édification de l'Etat indépendant, en passant par la libération. Le mouvement réformateur et moderniste, qui a vue le jour notamment au cours du premier tiers du XXe siècle, a eu un impact considérable sur les changements socio-culturels et politiques, qui orienteront, par la suite, la société tunisienne dans sa lutte contre l'occupation française, puis dans l'établissement de l'indépendance et l'édification de l'Etat moderne, grâce notamment à des pionniers de la réforme, tels que Aboul Kacem Chebbi, Tahar Haddad et le leader Habib Bourguiba.
Ce mouvement s'est assigné pour mission de briser les chaînes entravant le progrès du peuple et freinant l'action de la femme au sein de la famille et dans la société. ce mouvement a également permis de mettre fin à des traditions et à des comportements qui excluaient la femme, portaient atteinte à sa dignité et l'empêchaient de s'affirmer et de faire prévaloir ses capacités. Ce mouvement réformateur a montré que l'Islam n'est pas en contradiction avec la modernité et que la liberté, la modernité et l'Ijtihad sont des facteurs essentiels pour réaliser l'essor, l'invulnérabilité et la prospérité. C'est pourquoi, cinq mois seulement après son accession à l'indépendance, et plus précisément le 13 août 1956, la Tunisie a promulgué le Code du Statut Personnel (CSP) qui a doté la femme tunisienne d'un cadre législatif, lui garantissant droits et protection. Ce Code a interdit la polygamie, institué l'âge minimum du mariage et mis fin au divorce extra-judiciaire, tout en permettant à la femme d'avoir le droit de choisir le conjoint et de demander le divorce et la tutelle des enfants.
Dès l'aube du Changement du 7 Novembre 1987, le Président Zine El Abidine Ben Ali a réaffirmé la volonté de conforter ces droits et s'est employé à les promouvoir et à les développer, dans le cadre d'une vision stratégique globale, fondée sur le principe que les droits de la femme sont partie intégrante des droits de l'Homme. Des structures et des mécanismes efficaces ont été créés à cet effet, dont notamment le ministère des Affaires de la femme et de la famille, le Centre de Recherche et de Documentation sur la Femme (CREDIF) et la Commission Nationale "Femme et Développement". Quatre codes ont été, par ailleurs, amendés: le Code du Statut Personnel, le Code du Travail, le Code de la Nationalité et le Code Pénal, en vue de les débarrasser des dispositions discriminatoires et de consacrer l'égalité entre le deux sexes.
Cette approche civilisationnelle a trouvé son illustration dans un dispositif de principes et d'orientations cohérentes et complémentaires, ainsi que dans des politiques sociales, économiques et culturelles, qui ont permis d'ouvrir de perspectives plus larges devant la femme tunisienne et de réaffirmer son statut de partenaire à part entière de l'homme au sein de la famille et dans la société.
Les chiffres et les indicateurs de développement humain reflètent les étapes importances franchies par la femme dans ce domaine. 30% de la population active sont des femmes. Le nombre des femmes d'affaires s'élève actuellement à environ 10.000 femmes. La présence de la femme a été renforcée dans des secteurs qui étaient, dans un passé proche, exclusivement réservés aux hommes, tels que le corps de la magistrature, où la femme est présente à hauteur de 33%, le barreau qui compte 31% d'avocates, l'enseignement supérieur où le tiers des effectifs sont des femmes et l'administration publique dans laquelle la femme occupe 23% des hautes fonctions administratives.
L'élargissement de la participation de la femme à la vie publique et sa présence croissante dans les postes de décision et de responsabilité demeurent l'un des meilleurs indicateurs de la place privilégiée qu'occupe la femme en Tunisie. Elle est aujourd'hui présente dans le Parlement à hauteur de 23%, taux qui dépasse la moyenne enregistrée en Europe et dans les pays industrialisés (17,4%) et à l'échelle mondiale (16,9%). Cette moyenne est de loin la plus importante dans le monde arabe (8,2%). 27,6% des conseillers municipaux sont des femmes. En outre, le gouvernement tunisien compte deux femmes ministres et cinq secrétaires d'Etat dans des secteurs stratégiques. La femme tunisienne est aussi présente dans le corps diplomatique à hauteur de 20%.
L'adhésion agissante de la femme tunisienne à la vie politique et publique se reflète aussi à travers l'augmentation croissante des associations féminines, dont le nombre dépasse aujourd'hui 25 associations.
Les secteurs de l'éducation, de la formation et de l'enseignent supérieur ont ouvert de larges perspectives devant la femme qui a fait preuve de sa capacité à réussir et à exceller. C'est ainsi que 58% des étudiants et 60% des diplômés de l'université, toutes spécialités confondues, sont des femmes. Le taux de scolarisation des filles, âgées de six ans dépasse, aujourd'hui, 99%.
Considérant les nouvelles technologies de la communication comme étant un instrument de promotion économique et sociale, la Tunisie a veillé à assurer l'initiation de ses enfants, filles et garçons, à maîtriser ces technologies et à mettre en valeur les opportunités nouvelles qu'elles offrent.
La Tunisie est fière aujourd'hui de voir le pourcentage des étudiantes dans les domaines des technologies de la communication et de l'information, dépasser 40% et le taux des femme exerçant dans ce secteur atteindre plus de 27%.
Le rayonnement de la femme tunisienne dans les instances régionales et internationales n'est plus à démontrer. Plusieurs personnalités féminines tunisiennes sont désignées ou élues, dans des structures, des centres régionaux et internationaux, et des organisations onusiennes.

Question : Quel rôle, selon vous, peut jouer l'Organisation de la Femme Arabe dans la promotion de la femme dans les pays arabes ?

Réponse: L'Organisation de la Femme Arabe est une jeune institution mais solide. Elle groupe des femmes représentant tous les pays arabes, en concrétisation des liens historiques, bien enracinés, qui nous unissent, et sur la base des espaces géographiques, riches et diversifiés, qui nous sont communs et du patrimoine culturel et civilisationnel prestigieux que nous partageons, outre le fait que les femmes arabes défendent les mêmes causes, vivent les mêmes préoccupations et ont les mêmes aspirations. Autant de facteurs qui militent en faveur de notre intégration dans le processus de progrès et de modernité.
La naissance de cette Organisation dans notre région arabe a constitué un événement majeur que nous nous devons de saluer en toute fierté et de remercier les auteurs de cette noble initiative qui ont contribué à la création d'une entité féminine œuvrant avec sérieux et persévérance à la promotion des conditions de la femme arabe.
Notre conception du rôle que cette Organisation peut assumer en faveur de la femme arabe, procède d'une lecture objective et globale des conditions de la femme arabe dans le monde d'aujourd'hui et d'une prise de conscience profonde de la nature des conditions de nos sociétés arabes et de la conjoncture mondiale.
Cette conception procède également de la volonté de faire preuve de rationalisme et de réalisme dans le traitement des affaires de la femme, dans un contexte de dialogue, de consensus, de coopération et de solidarité. Nous avons encore grandement besoin d'éradiquer les séquelles des siècles de colonisation et de sous développement pour raffermir les liens de communication et de complémentarité, renforcer les échanges entre nous, unifier notre vision des différents problèmes qui se posent, fixer les priorités et agir sur la base de stratégies bien étudiées et de programmes bien établis, en fonction des moyens et des potentialités disponibles.
L'un de nos devoirs les plus pressants, à l'heure actuelle, c'est d'approfondir la conscience de nos société des droits de la femme, en tant que noble valeur sociale qui ne peut être consacrée qu'en faisant preuve de persévérance et d'effort continu.
Il ne peut y avoir de liberté, ni de démocratie, ni encore de justice dans une société, où la femme est l'objet d'exclusion, de marginalisation et de discrimination.
Les domaines d'action et d'activité sont nombreux et divers dans ce contexte. Il s'agit, en premier lieu, d'assurer dans nos pays le principe du droit à l'éducation, à la formationet à la santé, aussi bien à l'homme qu'à la femme, d'organiser la famille et de préserver sa stabilité et sa cohésion, de rationaliser le partage des responsabilités entre tous ses membres, de favoriser l'adaptation de la femme, aux plans éducatif, professionnel et économique, et de l'inciter à l'action de volontariat et associative, tant il est vrai qu'il n'est plus question d'appréhender les droits de la femme avec des méthodes traditionnelles, en cette étape cruciale de l'histoire de l'humanité.

Question: Vous allez participer au 3ème Congrès du Conseil Supérieur de l'Organisation qui se tiendra, la semaine prochaine, à Abou Dhabi. Quelle est la portée de votre participation à ce Congrès ?

Réponse: En Tunisie, nous sommes fermement attachés à la dynamisation de l'action arabe commune dans tous les domaines.
Nous avons participé aux deux précédents Congrès du Conseil Supérieur de l'Organisation et avons formulé de nombreuses suggestions et recommandations. En participant, aujourd'hui, au 3ème Congrès, nous réaffirmons tout l'intérêt que nous portons à l'Organisation de la Femme Arabe et notre détermination à contribuer à la consolidation du rôle de la femme arabe dans nos sociétés et à participer de manière positive et constante à tout ce qui est de nature à servir nos causes et nos intérêts.
Nous sommes confiants que notre rencontre à Abou Dhabi constituera une date marquante dans l'action de notre Organisation, eu égard à la place privilégiée qu'occupe l'Etat des Emirats Arabes Unis dans nos cœurs et du grand respect et de la profonde considération que nous vouons à son peuple et à sa direction et qu'illustre l'excellence des relations fraternelles, établies entre la Tunisie et l'E.A.U.
Nous sommes aussi confiants que la pertinence de la politique de l'Etat des Emirats Arabes Unis, ses positions judicieuses, son enthousiasme et son engagement sincère au service des causes arabes, représentent pour nous tous des facteurs favorisant la réussite de notre prochain Congrès qui ne manquera pas de déboucher sur des résultats probants et encourageants qui nous serviront de références pour nos
programmes futurs.
Notre participation au Congrès d'Abou Dhabi, est également un témoignage de reconnaissance et de gratitude envers Cheikha Fatma Bent Mbarek à qui nous vouons, en Tunisie, toute admiration et estime, compte tenu de son rôle d'avant-garde dans l'action féminine, non seulement dans l'Etat des Emirats Arabes Unis et dans la région du Golfe, mais aussi au niveau de tout le monde arabe, ainsi que de son action déterminante au sein de notre Organisation féminine.
Notre présence à Abou Dhabi offrira, par ailleurs, l'occasion de prendre connaissance de visu, de l'évolution accrue et globale accomplie par ce pays frère, qui constitue un modèle dans le domaine du développement, de la réforme et de la modernisation, au niveau du monde arabe, à la faveur des réalisations majeures accomplies par le grand disparu Cheikh Zayed Ben Soltane Al Nahyane, et de l'attachement du Prince Khalifa Ben Zayed Al Nahyane, à consolider et à enrichir les acquis accomplis par les Emirats dans tous les domaines.

Question : Comment les relations entre les femmes tunisiennes et émiraties peuvent-elles être dynamisées ?

Réponse : Les excellentes relations fraternelles tuniso-émiraties sont un modèle et un exemple à suivre dans ce domaine, ce qui est de nature à faciliter la dynamisation des relations entre les femmes des deux pays, à travers l'échange de visites entre les délégations féminines dans tous les secteurs, l'intensification des opportunités de coopération entre les institutions officielles et les associations féminines, l'échange d'expériences, l'aménagement de toutes les conditions propices à la conclusion d'accords de coopération entre les deux parties dans les domaines social, culturel, éducatif, scientifique, économique et touristique.
Rien ne vaut le contact direct et l'ouverture sur l'autre, pour prospecter les opportunités de complémentarité entre nos deux pays et, partant, consolider les liens historiques et séculaires unissant nos deux peuples frères, des liens fondés sur des rapports de rapprochement, de fraternité et d'affection mutuelle.
Il me plaît, à cette occasion, d'adresser à nos sœurs émiraties une invitation à visiter la Tunisie et à prendre connaissance de visu de son œuvre de développement global et de la place réservée à la femme dans ce processus. Que toutes nos sœurs émiraties soient les bienvenues en Tunisie.

Question: Cheikha Fatma Bent Mbarek - présidente de l'Organisation Arabe - attache une importance particulière à l'impulsion de l'action féminine arabe commune. Dans l'agenda de son mandat à la tête de cette Organisation (2007-2009), elle s'emploie à accélérer le rythme de création des mécanismes permettant de conforter le dialogue des civilisations. De par votre proximité géographique de l'Europe, quelle appréciation portez-vous de cette stratégie et pensez-vous qu'elle sert les objectifs de l'Organisation ?

Réponse : Avant de répondre à votre question, je voudrais saluer avec toute fierté les efforts généreux déployés par notre sœur Cheikha Fatma Bent Mbarek pour impulser l'action féminine arabe commune dans tous les secteurs, et lui rendre hommage pour son savoir-faire, sa bienveillance, sa sagesse et sa capacité à enrichir les relations, à tisser des amitiés et à engager des initiatives bénéfiques à l'Organisation et propres à conforter son dynamisme et sa vitalité.
Le souci porté par notre chère sœur, Cheikha Fatma, à l'accélération du rythme de création de mécanismes favorables au renforcement du dialogue des cultures et des civilisations, est la meilleure illustration du sens aigu qu'elle a de la réalité de son époque et de sa vision clairvoyante des différentes questions qui se posent, ainsi que de sa foi inébranlable en la capacité des Arabes à interagir positivement avec leur environnement, afin qu'ils n'y soient pas considérés comme une charge et qu'ils s'y intègrent, en tant que partenaires à part entière et témoins actifs.
Nous disposons dans notre patrimoine historique ancien et contemporain de tous les moyens confortant notre conviction que toutes les cultures et civilisations sont le produit d'un patrimoine humain commun, aux sources multiples. De même que les diverses cultures et civilisations disposent d'un capital d'affection et de tolérance, et de moyens de créativité, qui les habilitent à être à jamais un outil déterminant au service de la consécration de l'entente, de la concorde et de la communauté du destin entre tous les peuples.
Compte tenu de sa proximité géographique de l'Europe, notre pays a connu, durant ses époques glorieuses de Carthage à Tunis, en passant par Kairouan, plusieurs mouvements de réforme et de modernisation qui ont consacré l'ouverture sur l'autre et l'interaction positive avec les cultures et les civilisations étrangères, en cœxistant avec elles et en contribuant à leur enrichissement. Il s'agit de caractéristiques qui sont demeurées immuables dans nos traditions sociales et dans nos orientations politiques, en prenant l'exemple sur nos ancêtres qui ont été un trait d'union fidèle et actif, durant la période du Moyen-Age, entre les cultures anciennes et les cultures émergentes.
La forte personnalité de notre pays lui a permis, durant les périodes de régression et de déclin, de résister à l'invasion extérieure et de reprendre, à chaque nouvelle étape, l'initiative d'innover, sans rupture avec son identité et ses racines, et sans repli devant les civilisations et les cultures dominantes.
C'est pour cette raison que nous saluons l'initiative de notre sœur Fatma Bent Mbarek, président de l'Organisation Arabe, en faveur de la dynamisation du dialogue des civilisations, et annonçant notre entière disposition à appuyer cette initiative et à enrichir ses mécanismes et ses contenus.
Je suis convaincue que cette stratégie servira notre Organisation et offrira l'occasion d'un nouveau départ dans le sens de l'instauration d'un dialogue fécond et équilibré avec les Associations féminines européennes, américaines, asiatiques et africaines. Un dialogue à la faveur duquel nous ne manquerons pas de réaffirmer notre foi commune en des valeurs religieuses, sociales, culturelles et civilisationnelles universelles, loin de toute forme d'extrémisme, de fanatisme, de rancœur et de haine.
Nous sommes une communauté qui prône la modération, le juste-milieu et la tolérance, et qui aspire à vivre dans la cœxistence, la sécurité et la paix avec toutes les nations, dans le cadre de la compréhension, de la coopération et du respect mutuel.


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