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Quand les médecins mangent la vache enragée...
Corps des métiers
Publié dans Le Temps le 27 - 06 - 2007

Nous nous sommes amusés à effectuer un sondage informel auprès d'une centaine d'enfants des deux sexes en âge prè-scolaire, entendre 5 ans en moyenne (en classes préparatoires). La question était très simple en rapport avec leur puérile innocence « que veux-tu devenir une fois grand ? »
27 ont choisi les métiers suivants : footballeur (8), chanteur (5),présentatrice TV (5), gargotier (4), enseignant (3), pilote (1), avocat (1) ; les 83 restants ont tous émis le vœu d'être des condisciples d'Hippocrate, des médecins.
C'est vous dire l'aura, la considération, le prestige dont jouit la profession.
Gosses, quand l'un des nôtres tombait malade et que son état nécessitait la visite à domicile du toubib, c'était un évènement mémorable et pour la houma et pour la maisonnée ; il ne manquait que le tapis rouge pour « honorer sa virée » du côté de chez nous ! Il est vrai qu'avec ses allures d'aristocrate (pipe, papillon, collier finement taillé, binocle à la monture dorée, jargon incompréhensible que les parents comptaient sur les pharmaciens pour le leur expliquer, n'osant point demander des explications à l'omnipraticien) donc avec ces apparences, le toubib en imposait....
Sans oublier la villa cossue, les voitures multiples, les résidences secondaires, les quelques hectares d'arbres fruitiers, le sport d'hiver qui font que la filière soit hautement prisée, et la plus convoitée par les nouveaux bacheliers issus des écoles pilotes : 18,50 de moyenne et plus. Seulement, sur le terrain, nos toubibs ne mènent pas large, ne font plus partie selon leurs dires du gotha des aisés et des nantis ; ils bataillent dur pour se maintenir juste parmi la classe moyenne au cas où on ne leur collerait pas l'étiquette de ... « nouveaux pauvres » ! Les raisons qui ont poussé ce noble métier à péricliter ? À ne plus être rentable (quoique tous se refusent et récusent cette expression de rentabilité ; pourquoi de nombreux praticiens regrettent-ils leur choix de la branche, certains en arrivent même à mettre la clé sous la porte et à opter pour un autre créneau autrement, plus lucratif par les temps qui courent !

Doléances
Nous avons tenté de regrouper les doléances avancées par le plus clair des médecins interrogés et ce indépendamment de la mise en application imminente du nouveau système des assurances maladies à partir du 1er Juillet 2007 :
Le nombre impressionnant de praticiens installés dans une même ville, un même quartier ! Avec en plus une concurrence déloyale volet honoraires ; normalement le Conseil de l'Ordre des Médecins (COM) définit une fourchette avec des valeurs limites à ne point outrepasser. Mais sur le terrain, la réalité est toute autre, on offre et brade ses prestations au rabais dépassant tout entendement. Les adeptes de cette pratique jouent sur le nombre en cassant les « prix »...en bons gestionnaires !
Pour faire plus savant, impressionnant, épater la galerie et du coup arrondir leurs recettes, certains vont même jusqu'à proposer et vendre aux malades des articles et produits censés les soulager de moult maladies rhumatismales entre autres, des potins et des mélanges amaigrissants, et ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère (900 dinars la cure) !

Publicité déguisée
Quoique strictement interdite par le (COM), certains médecins recourent à la publicité déguisée : annonces tapageuses aux quatre coins de la contrée pour recruter une secrétaire avec un véritable casting présidé par le toubib ( ? ) en personne pour le choix de l'heureuse élue ; et le hallali de se poursuivre sur plusieurs semaines (véridique) ; d'autres placardent dans tous les négoces de la ville des affiches, avec il va sans dire leur entête et coordonnées, vantant les vertus du céleri, des courgettes, des tomates, etc. Enumérant dans la foulée toute la panoplie des pathologies même incurables pouvant être « définitivement guéries » par ces légumes et ingrédients (re-véridique). Manœuvre hautement condamnable car jouant
sur une fibre extrêmement sensible, endolorie et meurtrie par le malheur...et à l'affût de la moindre lueur d'espoir !
Sans oublier que les malades ont pris de plus en plus le pli de s'approvisionner directement auprès des pharmacies où on leur fournit toutes sortes de médications en « conseil » ; pratique normalement prohibée car pouvant générer de graves complications aux patients, mais malheureusement prenant de l'ampleur ces derniers temps.
Les infirmeries privées ne sont pas en reste, des aides-soignants même pas des infirmiers diplômés y assurent des gardes avec des infractions criardes, effectuant des actes normalement du ressort exclusif du médecin ou du biologiste : prise de la tension, pratiquer des points de suture, des prises de sang aux fins des bilans, mesure de la glycémie au doigt à l'aide d'un glucomètre, injections de produits (anti-inflammatoires, antibiotiques antipyrétiques, etc. qu'ils se procurent par le moyen du fameux système (D) .
A titre d'exemple, vous avez une méchante grippe, une angine blanche avec un abcès énorme, une bronchopneumonie dyspnéisante, suffocante, qu'à cela ne tienne ; le « miraculeux cocktail », passe partout, est là : une association vitamine C, Aspégic et corticoïde et le tour est joué ; 7 dinars dans les caisses des infirmeries pour trois produits valant au cas on se les procurerait normalement du côté des pharmacies : la vitamine C 500 millimes, le corticoïde 760 et l'Aspégic 1178 ; le tout revenant à 2438 ; par ici la monnaie ! Certes le sujet se sent retapé dans les heures qui suivent mais le lendemain il est carrément cloué au lit avec une fièvre à 40 et des complications autrement plus graves...
Volet charges, la corporation n'est pas gâtée, loin s'en faut : secrétariat, CNSS, Impôts, charges exorbitantes du cabinet, et cerise sur le gâteau, pas de droit au bail donc à la merci du bon gré du proprio !
Autre problème revenant avec acuité, certains patients, pourtant aisés, s'ingéniant à ne point honorer leurs honoraires et ce en vous sortant des prétextes ne tenant nullement la route !

Voilà résumées sommairement les doléances d'un corps médical que d'aucuns considéraient jusque là comme étant à l'abri des vicissitudes du quotidien !
L'avènement de la nouvelle réglementation sur les assurances maladies parviendra-t-elle à apaiser la grogne des toubibs ? Rien n'est moins sûr selon la majorité d'entre eux !


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