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La face immergée de l'Iceberg
Les femmes et les pouvoirs locaux
Publié dans Le Temps le 04 - 07 - 2007

La place de la femme dans la société tunisienne est plus qu'enviable par rapport aux autres pays arabes. Toutefois, si au niveau central la volonté politique est claire et irrévocable pour que la femme occupe une bonne place, au niveau régional, de vieux réflexes ont la peau dure.
Une étude diligentée par le Centre de la Femme Arabe de Formation et de Recherche ( CAWTAR ), sur la « participation de la femme dans les pouvoirs locaux en Tunisie, cas de Sfax et du Kef », révèle des vérités contrastantes.

L'étude sur la participation de la femme aux pouvoirs locaux s'intègre dans un projet global d'études sur le même thème au Liban, Egypte, Algérie et Yémen, comme l'affirmait, hier Mme Itidal Medjbéri. D'autres activités sont prévues dans le même cadre, visant, entre autres, à mettre en exergue le rôle de la femme arabe à l'échelle locale, la création de cadre de dialogue sur la manière avec laquelle la femme peut exprimer les revendications de ses bases dans les prises de décision. Une bibliothèque électronique sur la femme et le pouvoir local a été créée. Un réseau de mobilisation a été créé et une campagne d'information engagée. Mais les paradoxes ne manquent pas.
Pour M. Sanim Ben Abdallah, sociologue, l'étude réalisée sur la participation de la femme au pouvoir local à Sfax et au Kef, montre des différences entre le milieu rural et le milieu urbain.
Un travail d'enquête sur le terrain a été réalisé durant les mois d'avril et mai 2006.
Globalement, la Tunisie, avec son Code de Statut Personnel ( C.S.P ), la politique d'enseignement généralisé, le travail de la femme, le planning familial et la discrimination positive en faveur de la femme ont garanti une présence effective de la femme. En 1997, la constitution a établi le principe de l'égalité entre les deux sexes. Des mécanismes ont été mis en place pour promouvoir la place de la femme et garantir l'égalité des chances entre les deux sexes.

Discrimination positive
Le principe de la discrimination positive a permis d'établir un quota de 20% de femmes dans les Conseils municipaux en 2000, passé à 25% en 2005.
Toutefois nous avons un seul gouverneur femme et aucune déléguée territoriale. Le nombre de déléguées femmes dans les sièges des gouvernorats s'élève à 21, en 2005. La majorité est chargée des affaires sociales. « Les affaires économiques restent pour les hommes », dit le sociologue. Dans les conseils régionaux la proportion des femmes est de 6,5% en 2005.
Dans les conseils municipaux, la proportion des femmes était de 20,6% en 2000. Elle s'est élevée à plus du quart en 2005.
Nous avons quatre femmes maires, 13 premiers adjoints et 10 chefs de district femmes.
Pour les conseils ruraux, le nombre de femmes est passé de 36 en 2000 à 92 en 2005. Il faut rappeler que ces conseils régionaux sont désignés par les gouverneurs. Il faudra les sensibiliser pour nommer davantage de femmes.
Quant aux comités de quartier, la présence des femmes est de 13,6%. « Ce qui reflète des difficultés de mixité, car généralement les comités de quartier se réunissent dans les cafés publics, un espace réservé aux hommes », rappelle M. Sanim Ben Abdallah qui ajoute :
« Sur 11 maires femmes qu'a connues la Tunisie, trois l'ont été à Sfax ».
La proportion de femmes membres du Conseil régional de Sfax est de 9,4%. Elle est de 3,3% au Kef. Il faut dire que le nombre de députés est plus réduit au Kef qu'à Sfax. La concurrence y est encore plus rude.

Conseil municipal pour enfants : trop « masculin »
Le sociologue remarque et déplore, la faiblesse de la présence des hommes dans les structures s'occupant de questions féminines, comme les commissions régionales de promotion de la femme rurale.
Les membres des Conseils municipaux à Sfax étaient constitués de 22% de femmes en 2000-2005. Cette proportion est passée à 27% en 2005 - 2010. « On demande à la femme plus d'efforts pour convaincre », rappelle le sociologue.
Pour la présidence d'une municipalité, nous avons une présidente à La Chiha à Sfax et une à Nebeur au Kef.
Quant aux membres du Conseil municipal pour enfants à Sfax, la proportion des filles y est de 7,5%. C'est à partir de cet âge qu'on doit inculquer le sens de l'égalité entre les deux sexes.
Au niveau des conseils ruraux, le nombre de femmes est de huit à Sfax et cinq au Kef en 2005.
Pour la présidence d'associations, elle ne revient à des femmes que dans la proportion de 3,7% en 2006.
Pour le parti au pouvoir à Sfax, 29,8% des membres des comités des fédérations sont des femmes.

Un travail en profondeur est nécessaire
Pour atteindre pareils résultats, la législation tunisienne a joué un grand rôle. Des pesanteurs freinent cet élan.
Le nombre de femmes enseignantes est très élevé du primaire au supérieur, mais peu de femmes sont dans des postes de responsabilité, comme directrices, surveillantes générales ou doyennes.
La vie professionnelle, la vie politique et la vie familiale sont un tout. Les hommes refusent de s'investir davantage dans la famille et permettre aux femmes d'avoir une vie sociale. Pour les femmes qui ont pu émerger, elles appartiennent généralement, à des familles ouvertes à la vie sociale. Dans ces familles la conscience de l'importance du rôle de la femme est aiguë.
Il est recommandé de sauvegarder la discrimination positive en l'inscrivant dans un texte de loi.
On devrait obliger les associations partenaires de l'Etat à intégrer l'élément féminin dans leurs bureaux directeurs.
Un travail en profondeur est à faire pour pouvoir atteindre l'objectif de 40% de présence des femmes dans des postes de décisions, d'ici à 2016.


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