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Seule la société civile se bat pour eux
Nos émigrés disparus
Publié dans Le Temps le 24 - 01 - 2012

• La commission officielle chargée du dossier prend tout son temps.
• Le président de la République n'est pas allé au-delà des déclarations d'intention et de compassion.
• Le gouvernement n'est pas pressé lui non plus sous prétexte que tous les dossiers sont urgents
La commission d'enquête regroupant des spécialistes en immigration, des juristes et des représentants des familles des jeunes disparus qui ont émigré clandestinement après le 14 janvier verra-t-elle le jour finalement ? Longtemps revendiquée par les familles des disparus, ladite commission est supposée entamer son travail en Italie au bout de cette semaine.
Son programme de travail sera établi par le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux en concertation avec le ministère des Affaires Etrangères. Par ailleurs, une autre commission nationale qui aura pour tâche d'assurer l'examen et le suivi des dossiers des disparus sera créée quant à elle au début de cette semaine.
Sous tutelle du secrétariat d'Etat en charge de l'Immigration et des Tunisiens à l'étranger, la commission regroupe également, des représentants des ministères de l'Intérieur, des Affaires Etrangères. Les acteurs de la société civile qui ont longtemps milité pour la formation d'une telle commission ont été écartés.
Autorité de l'Etat et surtout son image vis-à-vis de l'opinion publique obligent. Tant attendue par les familles des disparus, la commission nationale doit par contre entamer son travail dans les plus proches délais sans tomber dans la routine ou le piège des formalités administratives. Car plusieurs familles n'ont pas de nouvelles de leurs enfants. Elles attendent avec impatience qu'on leur fournisse des données fiables sur leurs progénitures. Elles attendent de savoir s'ils sont encore vivants, dans quel centre de détention ils se trouvent ou dans quelle prison ils vivent ou s'ils ont péri en mer ?
La commission nationale aura ainsi un vrai travail à effectuer. Espérons ainsi qu'elle apportera des réponses fiables et rapides sur les disparus tout en rendant accessibles et publiques les informations collectées. Car nul ne connaît le nombre des Tunisiens rapatriés massivement des pays européens et qui sont dans les prisons tunisiennes ou les centres de détention. La transparence doit être le credo de cette commission nationale.
Sana FARHAT

Rencontre avec les familles des disparus
• L'espoir est le dernier à mourir
«Cela fait un an, cinq mois et vingt trois jours que ne n'ai pas eu de nouvelles de mon fils…je suis une mère…». C'est par ces mots que Mounira a fini ses paroles en s'adressant aux autres membres des familles des disparus, réunies jeudi dernier au siège de la Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l'Homme. Ils étaient presque une vingtaine : mères, pères, frères et sœurs des disparus à se donner rendez-vous ce jour là avec M. Abderrhaman Hédhili, président du Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux. Objectif commun : mettre les points sur les « I » concernant la commission d'enquête supposée se déplacer le plus tôt possible en Italie afin de recueillir des informations fiables sur presque 250 disparus ayant émigré clandestinement avant et après le 14 janvier 2011. Originaire de Ras Djebel, Mounira est l'une des cinq mères qui n'ont pas d'informations sur leurs enfants lesquels ont quitté le pays clandestinement en septembre 2101 fuyant la loi tunisienne. Car « ils étaient accusés d'appartenir à des organisations non autorisées par la loi », explique Mounira. La mère ne cache pas son émotion, elle reste toutefois confiantes et « milite » pour attirer l'attention du gouvernement provisoire sur la question.
Attente
Et si certains parents se sont montré patients, d'autres ne cachent pas leur tristesse. Ils attendent avec impatience le démarrage du travail de ladite commission qui aura pour mission de vérifier où sont arrêtés les jeunes immigrés et dans quelles conditions ils vivent. Car nous disposons d'informations qu'ils sont arrivés vivants à Lampedusa. « Nous avons pu les voir dans le JT de la chaîne italienne TG5 le jour de leur arrivée », déclare Noureddine, père de Karim. « Il était parmi les 64 jeunes qui ont émigré le 29 mars à partir de Sidi Mansour », ajoute-t-il. Convaincu que son fils est encore vivant, Noureddine sera parmi le groupe qui voyagera en Italie. Son seul objectif, c'est de voir Karim et de recueillir des informations sur les autres disparus.
D'ailleurs, les familles attendent avec impatience que la commission entame sa visite dans les plus proches délais tout en visitant le maximum de prisons et de centres de détention. Elles espèrent également que les services consulaires tunisiens en Italie seront coopératifs et leur prêteront main forte pour recueillir les informations nécessaires et surtout calmer les esprits après des mois d'attente, d'incertitude, de souffrance et d'inquiétude ainsi que de militantisme avec les acteurs de la société civile.
S.F

Abderrahmane Hédhili, président du Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux
«L'Etat doit assumer ses responsabilités»
Le Temps
*Le dossier des jeunes disparus ayant émigré clandestinement vers Lampedusa après la Révolution tarde à être pris en charge par les autorités. Comment évaluez-vous l'engagement du gouvernement par rapport à cette question ?
Abderrahmane Hédhili
-L'Etat doit assumer ses responsabilités. Nos jeunes ayant émigré clandestinement campent toujours dans les centres de détention dans des conditions inhumaines. Nous avons longtemps attiré l'attention sur ce point mais aucune réaction positive n'a été affichée par le gouvernement ni même de la part des organisations des droits humanitaires. D'ailleurs, nous nous attendions à ce que la visite qu'a effectuée le président provisoire de la République au camp des réfugiés à Choucha soit accompagnée par des mesures et des décisions en faveur des nos jeunes arrêtés en Italie ou ceux qui vivent en France dans une situation irrégulière. Malheureusement, aucune initiative n'a été prise dans ce sens par le président qui est à la base un militant des droits de l'Homme. Certes, nous avons salué sa visite aux réfugiés car, nous défendons les droits des immigrés dans l'absolu. Cependant, aucune avancée n'a été réalisée par le militant des droits de l'homme en faveur des jeunes émigrés. Nous nous attendions à ce qu'il contacte directement les organisations actives dans la défense des droits humains pour débattre avec elles des dossiers chauds, mais le président n'a pas prêté attention à cela. Concrètement, aucune initiative n'a été prise par lui. Il s'est limité à des paroles prononcées lors de son discours à la Constituante.
Idem pour le nouveau gouvernement. Nous nous attendions à ce qu'il prouve l'engagement de l'Etat pour examiner sérieusement ce problème, d'autant plus que ces jeunes émigrés sont originaires des ceintures de pauvreté du Grand-Tunis. Il est temps de prêter attention à ces jeunes qui ont participé à la Révolution, qui ont fait face à la police et qui ont surveillé les quartiers après le 14 janvier. Ces jeunes ont bien compris qu'il n'y a pas de solutions à court et à moyen terme au problème du chômage. Ils ont profité du manque de contrôle au niveau des frontières maritimes pour prendre ainsi le risque et émigrer clandestinement. Ils sont des citoyens tunisiens qui ont agi en conséquence des conditions économiques. C'est ce qui explique entre autres l'émigration de plus de 30 mille jeunes. Il est dès lors de la responsabilité de l'Etat d'examiner sérieusement le dossier et surtout celui des disparus. Un dossier qui ne figurait pas dans son agenda de travail. Il a fallu que les familles exercent une pression ces derniers jours pour que le gouvernement réagisse.
*Les choses avancent alors dans le bon sens…
-Il y a eu des avancées. Toutefois, le gouvernement provisoire doit s'engager pour examiner le problème.
*Vous avez eu ces derniers jours des négociations avec des responsables du gouvernement. Comment évaluez-vous ces rencontres ?
-Je peux dire qu'il n'y a pas eu de négociations sérieuses à l'exception de celles effectuées avec M. Hussein Al Jaziri, le secrétaire d'Etat chargé de l'Immigration et des Tunisiens à l'Etranger. Nous avons demandé une rencontre avec le Chef du Gouvernement provisoire mais toujours sans réponse. Il y a eu par ailleurs, des rencontres avec le secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires Etrangères chargé des Affaires Européennes mais uniquement suite à la pression exercée par les familles des disparus.
*Comment-expliquez vous cette position prise par le gouvernement ?
-Je ne sais pas. Je me pose d'ailleurs des questions là-dessus. Il se peut que cela soit dû au grand volume du travail et des dossiers que le gouvernement provisoire doit examiner. Parallèlement, je suis convaincu que les négociations et le débat sérieux restent les meilleures solutions pour résoudre le dossier des émigrés ainsi que les autres dossiers épineux. Nous sommes conscients que personne ne détient une baguette magique pour résoudre tous les problèmes. Toutefois, je réitère mon point de vue : il importe de lancer un vrai débat avec les différents acteurs. Un débat sérieux est un premier pas à effectuer pour résoudre les problèmes. D'ailleurs, en adoptant cette démarche et en présentant une feuille de route claire et pertinente, le gouvernement donnera un espoir aux citoyens.
*Le Forum a longtemps œuvré pour former une commission d'enquête sur les jeunes disparus en Italie. Votre objectif était également d'avoir le soutien du gouvernement provisoire. Parallèlement, une commission nationale d'enquête est en cours de formation. Comment expliquez-vous cela ?
-Ce qui importe le plus, c'est d'apporter des réponses claires aux familles des disparus sur le sort de leurs enfants. Par ailleurs, il aurait été plus souhaitable de coordonner à ce niveau et d'unir les efforts pour atteindre les meilleurs résultats.

Naceur Essid, Directeur de la gestion consulaire
«Une commission nationale d'enquête est en cours de formation»
Naceur Essid, directeur de la gestion consulaire annonce qu'une commission nationale qui aura pour mission d'enquêter sur les disparus déclarés par leurs familles sera formée au début de cette semaine par le secrétariat d'Etat de l'Immigration et des Tunisiens à l'Etranger. « Un mémorandum a été préparé dans ce sens pour qu'il soit examiné au début de la semaine par le gouvernement lors du Conseil des ministres », signale le directeur tout en précisant que toutes démarches ont été accomplies au cours de la semaine dernière et que l'approbation du travail s'effectuera incessamment.
Le directeur de la gestion consulaire signale également, qu'un autre travail est en train de s'effectuer en concertation avec la société civile à savoir : le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux ainsi que de la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de L'Homme. A remarquer dans ce contexte qu'une équipe composée des représentants des familles des disparus ayant émigré après le 14 janvier en plus d'un avocat et d'un consultant en immigration se déplaceront en Italie pour enquêter sur les jeunes disparus.
« Nos services consulaires en Italie leur accorderont les aides requises », déclare M. Essid tout en précisant que des réunions avec les représentants du Forum se tiendront au cours de cette semaine pour établir le programme de travail de la commission ainsi que les facilités qui seront assurées par les services consulaires tunisiens en Italie.


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