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La violence serait-elle devenue une modalité d'agir de notre société ?
Tribune
Publié dans Le Temps le 27 - 01 - 2012

Pour avoir assisté au procès de Nabil Karoui, le directeur général de la chaîne privée Nesma TV. Zied Krichen, Abdelhalim Messaoudi et Hamadi Redissi ont été agressés verbalement et physiquement à leur sortie du tribunal de première instance de Tunis.
C'est le métier de journalistes responsables du journal indépendant « le Maghreb » pour lequel travaillent Zied Krichen et Abdelhalim Messaoudi qui est ici visé. Leurs agresseurs les ont traités de « traîtres » et de « mécréants » pour la seule raison qu'ils avaient à cœur de défendre dans les colonnes de leur journal la liberté d'expression. L'ironie veut surtout que Hamidi Redissi ait été victime des dérives sectaires, ayant reçu un coup à la tête, auxquelles il nous avait préparé depuis plusieurs années notamment dans son ouvrage intitulé Le pacte du Nadjd. Sa crainte de voir le wahabisme dans ses aspects puritain, rigoriste et conquérant s'étendre à l'ensemble des pays musulmans semble s'être vérifiée sur sa personne physique.
Faut-il croire le chef du gouvernement lorsqu'il dénonce ces agressions au cours de l'audience du lundi après-midi à l'ANC, annonçant que ses auteurs seront traduits en justice ? A-t-il répondu à l'appel au meurtre lancé à l'encontre du journaliste et chroniqueur Youssef Seddik ? Les actes de violence qui se sont multipliés par le passé et sur l'ensemble du territoire tunisien et qui n'ont pas été fermement condamnés par Ennahdha nous incitent au doute. Que dire de l'établissement d'un émirat dans un quartier de Sejnane et de la violence exercée par les émiratis à l'égard des habitants ? Que dire de la prise à partie d'agences pourtant officielles ? Que dire de l'interdiction à l'accès au travail en empêchant la libre circulation de certains axes routiers ? Que dire de la volonté d'éviction de certains responsables locaux et institutionnels ?
Aujourd'hui cette violence se poursuit et tend à se généraliser. Que penser de l'intervention des salafistes dans l'enceinte de la faculté de la Manouba pour empêcher le bon déroulement des examens ? Des agressions de plus en plus fréquentes à l'encontre du personnel hospitalier toutes catégories confondues ? De la prise d'otage du gouverneur de Sidi Makhlouf ? De la menace faite à des enseignants pour les obliger à porter le Hijab ? De la volonté de séparer les classes des garçons et des filles dans les écoles et les lycées alors que la mixité est l'une des composantes de notre société depuis plusieurs générations et une image de notre modernité ? Pour couronner le tout, que penser des déclarations faites le lundi 23 octobre au sein de l'Assemblée Constituante par M. Sadok Chourou appelant au Djihad en citant une sourate qui expose les châtiments exercés à l'encontre des ennemis de Dieu, appelant à les « crucifier, les démembrer et les tuer en public », en présence des caméras et du président de l'Assemblée. Sans la moindre réaction ?
Par ailleurs, Salah Horchani s'étonne à juste titre, dans le journal le Grand Soir du 24 janvier 20012, qu'il n'aurait pu imaginer, même dans les pires scénarii, que « des militants des Droits de l'Homme, ayant défendu tous les opposants, y compris les islamistes, tout en prenant des risques réels, dans les années les plus sombres du Régime de Zinochet, soient, un jour, violemment agressés par les dits islamistes ! ».
Ces manifestations de haine et de violence allant jusqu'aux châtiments corporels et au meurtre témoignent de la faillite du gouvernement à défendre les citoyens. Absente la police chargée de la protection des individus, absente l'armée chargée de la protection des institutions.
Toutes ces violences, ces incitations au meurtre publiques seraient-elles organisées par ceux qui, incapables de gouverner le pays, se cacheraient derrière ce rideau propre à créer une peur généralisée et ferait taire les revendications vitales de ceux qui se sont soulevés. Repliez votre paravent!
Pour mériter sa réussite électorale et juger de son engagement à l'égard de la Démocratie et de l'Etat de Droit, Ennahdha devra dénoncer clairement ces comportements qui oppriment les citoyens. Son impératif aujourd'hui n'est pas de séparer les citoyens et de les menacer, mais de les unir pour mener la seule vraie bataille celle qui fera reculer le chômage en faisant régner la sécurité grâce à notre police, combat sans lequel notre pays ne pourra ni se construire ni vivre en paix.


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