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L'art de «gérer la boutique»
Chronique
Publié dans Le Temps le 18 - 03 - 2012

La Tunisie vit un délicieux rêve éveillé… ou un épouvantable cauchemar, les avis divergent. Mais on ne peut pas nier que depuis la prise de fonction de l'actuel gouvernement, que de rebondissements ! Que d'enthousiasme ! Pas une seule journée qui se passe sans son lot de révélations stupéfiantes ou de manifestations exaltées… Fini, le coma national ! On discute des heures entières, toute la nuit s'il le faut. Mais qu'en est-il des dossiers, des priorités et de la mise à l'honneur des mots d'ordre de la révolution « travail, dignité, liberté » ?
Pas grand-chose.

Le travail ?

Force est de constater que le chômage poursuit son ascension vertigineuse vers des sommets encore jamais atteints. La Tunisie est en passe de vaincre l'Annapurna de l'indigence ! Bravo ! Hourra ! N'étant doté d'aucun projet économique organisé ni d'une vision cohérente en ce domaine, simplement animé par le désir de « gérer la boutique » et de minimiser temporairement la casse, le gouvernement se borne à intervenir, mollement et au coup par coup. L'on subventionne un peu ceci, l'on saupoudre quelques dinars par là, mais la volonté d'affronter la situation, telle qu'elle se présente dans ses structures, fait cruellement défaut. En attendant, les Tunisiens qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté peuvent avoir l'assurance que leur situation se prolongera encore longtemps. Pauvres vous êtes et pauvres vous resterez. Merci.

La dignité ?

Parlons-en de la dignité.
La Tunisie qui, il y a un an à peine, avait su imposer avec panache sa vigueur aux veules et aux margoulins s'enfonce chaque jour un peu plus dans les affres du tiers-monde et de son jumeau, le népotisme. Et l'on s'en prend aux symboles fédérateurs du pays, à ceux qui créent de la cohésion et de l'identité, le drapeau, l'hymne tunisien… comme s'il n'y avait rien de plus pertinent à entreprendre. A moins que l'amnésie ait été décrétée remède national.
Les visites répétées parrainées par d'énigmatiques mécènes, encore une cette semaine, de cheiks surannés et de prédicateurs, forment l'avant-garde d'une colonisation prochaine qui n'a à proposer que son mépris suffisant envers la culture unique de tout un pays (cela ne rappelle-t-il rien aux plus anciens ?) Encore un cette semaine… Encore un qui se proposera d'ouvrir toutes grandes de nouvelles portes sur un futur... qui singera le passé. Mais un passé qui, de plus, n'a jamais réellement existé que dans les fantasmes des plus névrosés. Mais il est vrai que les asiles ont été évacués.

La liberté ?

Ah ! La belle dame que voilà, mais à la cuisse un brin légère, mignonne gourgandine. Profitant d'un vide juridique ou de complicités au sommet de ce qui ne mérite pas encore d'être appelé un Etat, la liberté est brandie par ses plus farouches ennemis qui s'empressent de la violenter : « laissez-moi me cacher si je veux ! C'est mon droit ! Et c'est même mon droit de l'imposer à tout le monde… » Ce serait cocasse si ce n'était désespérant, car utiliser la liberté pour appeler à l'esclavage reste tout de même assez fort de café.
Quant aux médias leur sort est réglé : tous soumis aux sionistes ! Ou à l'esprit partisan des cryptocommunistes, ou des hystériques de la laïcité (d'ailleurs souvent les mêmes) et des anciens RCDistes qui trépignent d'impatience derrière leurs bosquets… Le désir de liberté et de dignité, qui avait vaillamment mis en route le mouvement du 14 janvier 2011, sert désormais tous les appétits et attise toutes les convoitises ; on est révolutionnaire contre Ben Ali et ses sbires ou bien avec eux, peu importe et ce n'est pas Mme Saïda Agrébi qui soutiendra le contraire, mais on est aussi révolutionnaire barbichu, le poil en poupe, c'est dans le vent ! A l'élan initial qui,grâce à un formidable sursaut de la cohésion nationale, avait pris pour cible la tête d'un Etat corrompu, succède maintenant un sidérant renversement de perspective qui consiste à avoir le peuple en ligne de mire et à légitimer l'Etat… ou quand l'histoire se révèle acrobate.
A ceux qui osent débattre ou qui proposent un discours un tant soit peu critique sur la tournure prise par les évènements, l'on oppose bien souvent la dénégation en bêlant, à l'unisson « vous ne respectez pas la volonté du peuple ! » Il a bon dos le peuple, ce bon gros peuple docile et davantage soucieux du contenu de son assiette que de discours passionnés.
Si tout le monde est d'accord sur la qualité de l'organisation des élections, tout le monde s'accorde aussi sur le nombre considérable de voix achetées, de bus entiers d'électeurs ratissés jusqu'au dernier à qui l'on avait promis quelques billets, ou un mouton…
A dire vrai, la ligne de partage se situe juste là, entre ceux qui savent que le peuple a été manipulé et trouvent cela parfaitement normal et ceux qui estiment que le peuple a été spolié et crient au scandale… et à la prorogation des méthodes ayant fait les beaux jours de l'ancien régime.
Le peuple, cet intemporel dindon de la farce.
Mais depuis quelque temps, il aura fallu attendre, certains signes annoncent le retour des beaux jours ; la manifestation à Sfax de samedi dernier organisée par l'UGTT s'est soldée par un match dans les rues de la ville au score sans équivoque. Et les mobilisations diverses vont en s'amplifiant, nourrissant ainsi la réflexion et les préparatifs… Les partis de l'opposition s'organisent et semblent être prêts à constituer un front qui, même s'il est momentané, permettra au moins de renouer avec les aspirations initiales de la révolution, « liberté, dignité, travail ».
Le printemps pourrait bien être en avance cette année.


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