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Finale du Mondial 2014 -20H - Allemagne-Argentine - Duels à tous les niveaux entre deux styles différents
Publié dans Le Temps le 13 - 07 - 2014

Lionel Messi face au rempart Manuel Neuer, la défense argentine à l'épreuve du duo Müller-Klose ou l'affrontement entre les deux meilleurs milieux de ce Mondial, Tony Kroos et Javier Mascherano: la finale Argentine-Allemagne ,ce soir (20H) au Maracana, ne manquera pas de piments dans tous les secteurs.
Le mur Neuer contre le génie de MessiLe gardien de 28 ans, qui relevait pourtant de blessure (épaule) à l'orée du Mondial, est en état de grâce. De sorties au pied en dehors de sa surface en arrêts réflexes sur sa ligne, il a multiplié les performances de haut vol, notamment dans les tours à élimination directe. "Manu" (51 sélections) était sorti grand vainqueur de son précédent duel avec "Leo" en Ligue des champions 2013, lorsque le Bayern avait écrasé le FC Barcelone en demi-finales (4-0, 3-0). Il a résisté à Cristiano Ronaldo au premier tour (Portugal, 4-0) et à Benzema en quart (France, 1-0). Mais à l'image de son prestigieux prédécesseur Oliver Kahn devant Ronaldo en finale du Mondial-2002, où le "Titan" avait été élu meilleur joueur du tournoi, craquera-t-il lors de l'ultime rendez-vous?
Il aura en face de lui un Lionel Messi sorti soulagé de la demi-finale face aux Pays-Bas, conclue aux tirs au but (0-0 a.p., 4-2 t.a.b), mais quelque peu frustré par son incapacité à se dépêtrer du marquage oranje. La "Pulga", auteur de 4 buts au 1er tour mais muet depuis, a-t-elle gardé le meilleur pour la fin ? La star du Barça aura en tout cas une source de motivation toute trouvée puisqu'en cas de succès, Messi dépassera largement en terme de palmarès l'idole absolue du peuple argentin, Diego Maradona. Et s'il venait à sortir des actions d'éclat comme il en a l'habitude, il prendrait une option certaine sur un 5e Ballon d'Or et une place définitive dans la légende du football.
Kroos/Mascherano, la loi du milieuLe monde du football le connaissait déjà, le monde tout court a appris à le connaître lors du "Mineirazo" (7-1 en demi-finale contre le Brésil), où il a signé sa quatrième passe décisive du tournoi (meilleur total ex-aequo avec le Colombien Cuadrado) et ses deux premiers buts. Une belle manière de fêter sa 50e sélection (7 buts). Le Bavarois de 24 ans, préféré à Özil pour occuper le poste de meneur de jeu axial, ce qui n'est pas anodin, dicte par ses passes soyeuses le tempo de l'entrejeu, avec calme et précision, à la manière d'un Xavi, en ayant le duo Khedira-Schweinsteiger en soutien. "Il a fait de très bonnes performances à la Coupe du monde, il a beaucoup progressé dans l'agressivité, il récupère beaucoup de ballons, a jugé jeudi le sélectionneur-adjoint, Hansi Flick. En plus de ses qualités techniques, il est très sûr avec le ballon". Il n'y a qu'en neutralisant Kroos que l'Argentine peut espérer enrayer la machine allemande.
A 30 ans, Javier Mascherano est depuis longtemps une référence à son poste et sa performance exceptionnelle en demi-finale a encore accentué son aura. "El Jefecito" a certes abandonné le brassard de capitaine à Messi mais c'est bien lui le taulier sur le terrain, permettant à l'astre du Barça de briller de mille feux. Coéquipiers en Catalogne, les deux joueurs n'ont pas grand chose en commun mais ils partagent le leadership technique et moral de l'Albiceleste. Si Messi est inégalable dans le jeu, Mascherano est "le symbole, l'emblème" de l'équipe nationale, comme l'a expliqué le sélectionneur Alejandro Sabella. Diego Maradona est encore plus explicite: pour lui "l'Argentine, c'est Mascherano plus dix autres joueurs".
Müller-Klose, attention dangerSi Joachim Löw décide de reconduire le même onze qu'en quart et en demie, les deux attaquants seront de nouveau associés, Klose en pointe, Müller sur une aile. Le premier, à 36 ans, vient de s'emparer seul du record de buts en Coupes du monde (16) mais vise surtout le titre suprême après avoir collectionné les accessits (notamment la finale perdue du Mondial-2002 dont il est l'unique rescapé). Evidemment plus lent qu'auparavant, moins vif, Klose (136 sélections, 71 buts) a gardé son sens du but en vieux renard, comme en témoignent ses deux réalisations de près (égalisation à 2-2 contre le Ghana et but du 2-0 contre le Brésil). Müller pourrait bien à l'avenir détrôner son aîné dans le classement historique des buteurs, fort de son total de 10 buts en Coupes du monde (5 en 2010, autant en 2014), à 24 ans seulement. Efficace en "faux 9", le Bavarois (55 sélections, 22 buts) est aussi très utile sur un côté par sa capacité à déborder, son altruisme et sa générosité dans l'effort.
Méfiance donc pour la défense argentine, articulée autour du duo Demichelis-Garay et qui n'a plus encaissé de but depuis trois matches. L'intronisation de Demichelis, âgé de 33 ans, a pu surprendre après des premières rencontres marquées par une grosse fébrilité derrière et des prestations inquiétantes de Fernandez, cloué désormais sur le banc. Mais sans être spectaculaire, le joueur de Manchester City amène de la solidité aux côtés d'un Garay qui, lui aussi, ne fait pas dans la dentelle. Reste à savoir s'ils maîtriseront la puissance et la vitesse de Müller comme ils ont su résister face à la vitesse d'Arjen Robben en demi-finale.
L'Italien Nicola Rizzoli arbitre de la finale
L'Italien Nicola Rizzoli arbitrera la finale du Mondial-2014 entre l'Allemagne et l'Argentine aujourd'hui au Maracana.
Palmarès
.2010- ESPAGNE
.2006 -ITALIE
.2002-BRESIL
.1998-FRANCE
. 1994-BRESIL
.1990-R.F.A.
. 1986-ARGENTINE
.1982-ITALIE
.1978-ARGENTINE
.1974-R.F.A.
.1970- BRESIL
.1966-ANGLETERRE
.1962-BRESIL
.1958-BRESIL
.1954-R.F.A.
.1950-URUGUAY
.1938-ITALIE
.1934-ITALIE
.1930-URUGUAY
L'Argentine prévient : Le Maracana ne sera ni le Mineirazo 2014 ni Le Cap 2010
Il y a quatre ans, l'Argentine était pulvérisée (4-0) par l'Allemagne en quarts de finale de la Coupe du monde, en Afrique du Sud. Il y a quatre jours, cette même Allemagne dynamitait dans des proportions historiques le pauvre Brésil (7-1). Pourtant, malgré ces deux gifles, l'Albiceleste s'avance assez sûre d'elle.
Une finale ne ressemble jamais tout à fait à un autre match. Ni à une demi-finale, fut-elle disputée une poignée de jours plus tôt et déjà ancrée dans l'histoire. Ni à un quart de finale, quand bien même il aurait marqué les esprits des deux protagonistes prêts à se retrouver. Non, cet Allemagne - Argentine, troisième du nom en finale, a beau faire écho à une double destruction massive, celle du tout frais Mineirazo et celle du Cap en 2010, rien ne dit que la finale du Mondial 2014,au Maracana, s'apparentera à cela. Les Argentins, eux, disent même tout le contraire. Et c'est bien là le sens du message qu'ils ont fait passer aux Allemands dès la fin de leur demi-finale victorieuse face aux Pays-Bas.
L'Albiceleste a été profondément marquée par la raclée sud-africaine. Ce 4-0 en quarts de finale du Mondial 2010, c'est peut-être la pire humiliation de son histoire en Coupe du monde. "C'est une défaite qui avait fait très mal, personne ne peut dire le contraire", confirme Sergio Aguero, entré ce jour-là à un quart d'heure de la fin, alors que la déroute était largement en marche. Mais l'attaquant de Manchester City ne croit pas à une quelconque trace susceptible d'influencer le rendez-vous carioca. "Quatre ans, c'est long, estime-t-il. Ce qui compte, ce n'est pas ce qui s'est passé il y a quatre ans, mais ce qui se passe aujourd'hui. A nous de ne pas commettre les mêmes erreurs qu'en Afrique du Sud, mais je ne suis pas inquiet. Nous avons beaucoup changé, nous sommes beaucoup plus solides."
L'Argentine de Sabella ne ressemble effectivement pas à celle de Maradona. En 2010, elle avait marqué 10 buts en seulement quatre matches avant de se faire décomposer par l'Allemagne. Cette fois, avant de retrouver cette même Mannschaft, elle n'en a inscrit que huit... avec deux matches de plus. Mais elle parait en mesure de ne pas tomber dans le même panneau qu'au Cap. Là-bas, la pauvreté de son collectif et de son organisation était apparue au grand jour. Tout le contraire de cette cuvée 2014, tout sauf flamboyante, mais d'une rigueur qu'on ne lui soupçonnait pas. Les trois matches éliminatoires sans concéder le moindre but, malgré les 60 minutes de rab imposées par les deux prolongations contre la Suisse et les Pays-Bas, l'ont conforté dans ses certitudes.
Pourtant, que n'a-t-on dit sur les flottements apparents de sa défense en début de tournoi, deux courants d'air contre l'Iran en passant par les deux buts concédés au Nigeria ? Mais l'Argentine a changé depuis. "L'équipe grandit vraiment match après match", a souligné Alejandro Sabella mardi. Elle parait surtout avoir gagné en sécurité avec la titularisation de Martin Demichelis, qui permet à Mascherano de donner sa pleine mesure. "Nous sommes vraiment un bloc maintenant, on l'a vu contre les Pays-Bas, nous sommes beaucoup plus soudés aussi et je pense que tout le monde a compris que l'Argentine, ce n'était pas que Lionel Messi, même s'il est très important pour l'équipe", note de son côté le milieu de terrain Enzo Perez. Forts de ce bloc ultra-compact, les Argentins attendent l'Allemagne de pied ferme.
Les Argentins ignorent encore s'ils ramèneront une troisième Coupe du monde à la maison dimanche. Ils y croient, et c'est bien légitime. Ce dont ils paraissent convaincus, en revanche, c'est d'avoir autre chose à offrir que la bouillie d'opposition livrée par le Brésil en demi-finale, mardi. "L'Allemagne a réalisé une très grande performance, concède encore Enzo Perez. Mais pour mettre sept buts dans un match de ce niveau, il faut aussi que l'adversaire vous aide un peu. Je ne pense pas que les Allemands s'attendent à revivre le même genre de match contre nous mais, s'ils le croient, ils risquent d'être surpris." Cette Argentine a les reins désormais trop solides pour passer au travers. Même avec l'Allemagne en face...
Les nominés pour le Ballon d'Or dévoilés
Le sort en est jeté ! vendredi , la FIFA a révélé la liste des dix candidats au Ballon d'Or adidas, qui est attribué au meilleur joueur de la Coupe du Monde de la FIFA.
Cette liste a été arrêtée par les membres du Groupe d'Etude Technique de la FIFA, un panel d'experts qui a suivi de près l'intégralité des matches de l'épreuve. Voici les candidats, classés par ordre alphabétique :
- Ángel Di María (Argentine)
Depuis le début, Lionel Messi peut s'appuyer sur un fidèle écuyer pour animer les attaques albicelestes. Par ses frappes lointaines, ses démarrages fulgurants ou son sens du but, comme en huitième contre la Suisse, Di María a toujours été une source de danger pour les adversaires de l'Argentine.
-Mats Hummels (Allemagne)
Très solide au cœur de la défense allemande depuis le début de la compétition, le roc du Borussia Dortmund mérite toutes les louanges. Mais loin de se contenter de ses principaux labeurs, il a également signé deux buts de la tête : le premier contre le Portugal et le second contre la France en huitième.
-Toni Kroos (Allemagne)
La performance stellaire du cerveau allemand lors de l'historique victoire 7:1 sur le Brésil symbolise tout ce qu'il réussit régulièrement avec la Nationalmannschaft. Sa maîtrise de l'entrejeu et sa précision dans les frappes et les centres le rendent extrêmement dangereux.
-Philipp Lahm (Allemagne)
Le capitaine allemand a entamé la Coupe du Monde au poste de milieu récupérateur, avant de passer latéral droit depuis les quarts de finale, contre la France. Dans une position comme dans l'autre, c'est un monstre de régularité sur lequel peut toujours s'appuyer Joachim Löw.
- Javier Mascherano (Argentine)
Si l'Argentine dispose d'une attaque de feu, elle s'est surtout distinguée depuis le début de la compétition par la solidité de sa défense. Elle le doit notamment au travail infatigable réalisé par la sentinelle de l'entrejeu, Javier Mascherano.
- Lionel Messi (Argentine)
Aiguillonné par un compteur de buts en Coupe du Monde bloqué à zéro, Messi a réussi une très grande compétition. Décisif lors des trois premières victoires de l'Argentine, il s'est encore distingué à partir des huitièmes de finale.
- Thomas Müller (Allemagne)
Après un démarrage tonitruant marqué par un triplé contre le Portugal, le Soulier d'Or d'Afrique du Sud 2010 a systématiquement conforté son statut de principal fer de lance de la puissante Nationalmannschaft.
-Neymar (Brésil)
L'attaquant a bien géré la pression inhérente à son statut de leader de la Seleção. À 22 ans et devant son public, il a offert quatre prestations de haut vol assorties de quatre buts avant de se blesser en quart de finale.
-Arjen Robben (Pays-Bas)
Intenable contre l'Espagne, le Néerlandais a traversé la compétition dans une forme éblouissante. Dès que les Oranje créaient du danger, l'ailier du Bayern Munich était toujours dans les parages.
- James Rodríguez (Colombie)
On disait le plus grand bien de ce milieu de terrain créatif, mais on ne l'avait pas encore vu briller lors d'une grande compétition internationale. C'est chose faite, avec un total de six buts en cinq matches qui ont notamment ouvert pour la première fois la route des quarts de finale à la Colombie.
Scolari revient sur l'humiliation subie face à l'Allemagne: «Difficile pour le reste de nos vies»
Le sélectionneur brésilien Luiz Felipe Scolari a reconnu que l'humiliation subie face à l'Allemagne était dure à digérer et que les joueurs et lui auraient "des jours difficiles pour le reste de (leurs) vies".
Il a toutefois tenté de trouver des points positifs pour motiver ses joueurs et rappeler que l'Allemagne avait fini 3e de son Mondial, en 2006.
Comment vit-on après une telle défaite et comment abordez-vous la finale de consolation?
L'objectif principal n'a pas été atteint. On a eu des jours difficiles, le mardi, le mercredi, le jeudi... Et, on aura des jours difficiles pour le reste de nos vies. On se rappellera de ça pendant longtemps.
Votre image en a pris un coup...
Je l'ai déjà dit: elle a été abimée par le résultat catastrophique. On a eu des opportunités de marquer en début de deuxième période, mais on n'a pas eu assez de qualités ou le gardien (allemand) a fait des parades merveilleuses, mais si on avait marqué, on aurait un peu réduit la défaite... On a perdu, ils ont été supérieurs. On n'a pas à avoir honte de quoi que ce soit... On peut avoir honte d'un résultat que le Brésil n'avait jamais encaissé en 10, 20, 50, 100 ans de football. Mais, il faut aussi voir les bonnes choses. On a bien travaillé avec les joueurs. On a subi une défaite face à une équipe qui était meilleure (...). Cette défaite restera marquée dans l'Histoire, comme la victoire lors de la Coupe des Confédérations, comme les cinq titres mondiaux. C'est la vie de celui qui joue ou travaille dans le football.
Cette coupe du monde vous a-t-elle changé?
Oui, il y a tant de choses qui ont changé, et que j'ai vécues pendant ces deniers jours et semaines (il a notamment perdu deux membres de sa famille). Pour le meilleur et le pire".
Quel bilan faites vous?
Je sais qu'en une année et demie (il était arrivé en novembre 2012), on a eu une série de bons résultats. C'est pour ça que je ne comprends pas pourquoi les gens ne regardent que le résultat d'un match. Quand un travail est bon, un désastre ne doit pas le changer".
Mais vous aviez dit que vous iriez en finale? Ne regrettez-vous pas de l'avoir promis?
Ce qu'on voulait c'est y arriver et je n'y suis pas arrivé. Je pensais qu'en insufflant de la confiance au groupe et aux supporteurs, on pouvait aller plus loin que là où nous sommes arrivés (...) Mais je ne crois pas que ce soit si négatif (échouer en demi-finale) à part le résultat de 7-1, qui a été catastrophique. Mais, si on avait perdu 1-0, on aurait perdu aussi... On a commencé un rêve, on ne l'a pas fini. Maintenant, nous voulons un rêve mineur. La 3e place. Quand j'étais sélectionneur du Portugal, j'ai perdu la 3e place 3 à 1 contre l'Allemagne (en 2006). J'ai vu comment elle a donné de la valeur à cette 3e place et comment ils ont travaillé en se reposant sur cette 3e place pour arriver où ils sont maintenant".


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