La campagne « Win El pétrole ? » (où est le pétrole) semble perdurer sans parvenir à une réponse fiable. D'aucuns déplorent que Mehdi Jomâa l'ex-chef du gouvernement ait prorogé des accords d'exploitation du pétrole, en infraction à l'article 13 de la Constitution, car l'ARP n'était pas encore installée, alors que d'autres restent sceptiques sur la manière dont est exploitée l'énergie depuis la Révolution, voire depuis l'aube de l'indépendance. Du coup, et comme toujours, c'est le citoyen qui écope, car avec cette polémique qui va crescendo, il ne sait plus à quel saint se vouer, ne pouvant connaitre la vérité sur ce problème ô combien crucial, qu'est l'exploitation des ressources énergétiques du pays qui constitue un patrimoine national dont il est du devoir des princes qui nous gouvernent de préserver. Or la situation est actuellement à la surenchère. Au point que Mahmoud El May, ancien député et expert en énergie pétrolière a donné la réplique en déclarant publiquement que « le pétrole n'a jamais existé ». Il motive sa déclaration en expliquant que, dans le monde entier le pétrole est répertorié, et ce à tous les niveaux de production, exportation, raffinage et stockage. En Tunisie, le pétrole stocké dans des tankers, est acheminé vers le port de la Skhira, en vue d'être exporté. Ces tankers sont soumis au contrôle douanier. Pour que le pétrole soit commercialisé, il faut nécessairement que les tankerss soient contrôlés par des inspecteurs neutres qui délivrent des certificats d'origine et de quantité dûment établis et signés par leur soin. Chargé sur des pétroliers répertoriés, les tanks sont encore une fois contrôlés. Il ajoute encore que tous les pétroliers sont contrôlés par satellites. Sans documents, aucun pétrolier ne peut se présenter à un port ou une raffinerie. Il y a ensuite un dernier contrôle au niveau des banques qui constituent le sas, car il faut des factures pour justifier des paiements de grosses sommes. Face à ces formalités strictes et impérativement requises, l'expert précité conclut tout bonnement : le « pétrole n'a jamais existé ». Et si ces formalités étaient biaisées, ou simplement détournées ? En tout état de cause il est certain que des accords d'exploitation du pétrole ont été prorogés pour des sociétés étrangères, l'ex chef du gouvernement ayant agi dans ce sens après avoir requis l'avis du tribunal administratif. Maintenant est-ce que ces sociétés ont commencé à exploiter du pétrole, ou elles en sont encore au stade des recherches ? That is the question.