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Les dessous d'une flambée contestataire
Publié dans Le Temps le 05 - 06 - 2015

* La faible marge de manœuvre budgétaire et la communication défectueuse du gouvernement, l'instrumentalisation des mouvements par des partis politiques et des enjeux électoralistes liés au prochain congrès de l'UGTT seraient une explication plausible
Les instituteurs observent depuis lundi une grève administrative qui s'est matérialisée par le boycott des examens du troisième trimestre conformément à la décision prise le 29 mai par la commission administrative sectorielle du syndicat de l'enseignement de base. Avant cette grève administrative qui concernera aussi le concours de la 9ème année de vase, les instituteurs avaient observé trois grèves en moins d'un mois et demi (le 15 avril, les 12 et 13 mai et les 26, 27 et 28 mai) en signe de protestation contre le refus du ministère de l'Education de satisfaire leurs revendications. Le syndicat général de l'enseignement de base réclame notamment l'abaissement de l'âge du départ volontaire à la retraite à 55 ans pour les enseignants ayant achevé 35 ans de service ainsi qu'une pléthore d'indemnités au profit des enseignants.
De leur côté, les officiers de la Compagnie tunisienne de Navigation ( CTN) ont entamé mardi une grève ouverte qui a causé une suspension complète du trafic des bateaux et, par conséquent, d'énormes pertes pour les entreprises exportatrices.
D'autre part, les hôtesses de l'air et stewards de la compagnie aérienne nationale Tunisair entameront aujourd'hui une grève de deux jours pour protester contre les « atermoiements » de la direction sur leurs revendications en particulier salariales.
Les 11 et 12 juin, ce sera autour des agents de la santé publique (cadre paramédical, ambulanciers, agents administratifs) d'observer une nouvelle grève de deux jours, avant d'entamer une grève administrative ouverte à partir du 13 juin. Ces mouvements ont été décidés par la commission administrative de la Fédération nationale de la santé en signe de protestation contre les mauvaises conditions de travail et la détérioration de la situation matérielle et morale du cadre paramédical exerçant dans les établissements publics de santé. La fédération, qui avait déjà organisé des débrayages les 28 et 29 avril ainsi que du 20 au 22 mai, revendique notamment l'augmentation du budget du ministère de la Santé publique afin d'assurer le lancement du chantier de la mise à niveau du secteur de la santé publique à travers l'amélioration des équipements et des capacités financières des établissements public , l'affectation de plus de médecins spécialistes dans hôpitaux publics, l'arrêt de la formation privée des professions paramédicales (les aides-soignants, les ambulanciers, les brancardiers...) qui «ne respecte pas la loi et les critères de formation» et la reconnaissance de la pénibilité de la profession.
Hausse de 400% des grèves
dans le secteur public
Ces nouvelles grèves s'ajoutent aux débrayages et mouvements et de contestation sociale qui se sont multipliés ces dernières semaines en Tunisie, à tel point que le gouvernement a décidé, lors d'un conseil ministériel le 20 mai, de déduire les jours de grèves des salaires des fonctionnaires.
Le 26 mai, le ministre des Affaires sociales, Ahmed Ammar Younbai, a d'ailleurs révélé que les grèves dans le secteur public ont augmenté de 400% durant les quatre premiers mois de 2015 alors qu'elles ont diminué de 33% dans le secteur privé.
Les syndicats et l'opposition accusent, cependant, le gouvernement d'être en partie responsable de cette flambée contestataire.
Une circulaire rendue publique il y a quelques semaines oblige en effet tous les ministres d'obtenir l'aval du Chef du gouvernement avant de signer n'importe quel accord avec les syndicats. Le syndicaliste Mohamed (syndicat de l'enseignement de base) pense, quant à lui, que les autorités ne veulent plus négocier, mettant à chaque occasion en avant la faible marge de manœuvre dont dispose le gouvernement. «La grève observée du 26 au 28 mai dernier n'a pas été précédé par une réunion de conciliation avec le ministre. C'est une première qui atteste du manque de sérieux de la part de l'autorité de tutelle», déplore-t-il.
Le leader du Front Populaire, Hamma Hammami, a, quant à lui, pointé de doigt le manque d'un programme gouvernemental clair et une communication défectueuse de la part des autorités.
«Habib Bourguiba auquel on s'opposait avait le mérite de s'adresser presque chaque semaine aux citoyens, pour expliquer dans un langage simple son projet, calmer leurs fureurs, les rassurer et les inciter à travailler. Mais ce gouvernement ne dispose pas d'un programme et ne fait aucun effort pour rassurer leurs citoyens et leur donner de l'espoir », précise-t-il.
Certains observateurs montrent, d'autre part, du doigt une «surenchère syndicale dégageant de forts relents d'enjeux électoralistes liés au prochain congrès» de l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) prévu en 2016.
«Chaque responsable syndical qui ambitionne de sauvegarder sa position actuelle ou gagner en envergure pour gravir les échelons au sein de l'organisation ouvrière doit soutenir aveuglément les revendications des bases, et cela créé une sorte d'effet boule de neige difficile à arrêter», souligne un ancien syndicaliste.
L'UGTT pointe, quant à elle, un doigta accusateur vers certains partis politiques.
«Des partis qui ont failli à conquérir le pouvoir par les urnes sont derrière les grèves anarchiques organisées dans plusieurs régions et secteurs.
Dans ce même ordre d'idées, le député et dirigeant du Front populaire, Ammar Amroussia, a accusé tout récemment le mouvement Ennahdha d'être derrière la vague de protestations qui secouent le bassin minier et la région d'El Faouar.


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