Mercredi, deux personnes à bord d'une moto de type Vespa ont tiré sur trois policiers, tuant l'un d'eux et en blessant les deux autres. La scène s'est déroulée tard dans l'après midi à Sousse et plus précisément à la Cité Ezzouhour, au niveau d'une station de transport en commun. Les deux individus ayant ouvert le feu sur les agents de l'ordre n'ont pas encore été interpellés bien qu'une vaste opération de ratissage est menée depuis pour les identifier et les arrêter. En juin dernier, la ville de Sousse a été le théâtre d'un horrible attentat terroriste visant principalement des touristes et ayant coûté la vie à 38 personnes, toutes de nationalité étrangère, majoritairement des Britanniques. Moins de deux mois après, la ville est de nouveau endeuillée par une nouvelle attaque criminelle visant cette fois-ci des agents de l'ordre de façon directe. Les trois policiers se trouvaient sur le bord de la route à l'heure des faits et attendaient un moyen de transport pour rentrer chez eux lorsqu'ils ont été pris pour cible. Gravement blessé, l'un d'eux est décédé peu après son arrivée à l'hôpital. Le défunt s'appelait Ezzeddine Haj Nasser et était originaire de Mahdia. Ses deux collègues, également blessés, sont toujours hospitalisés. Pour leur part, les assaillants ont pris la fuite, aussitôt leur ignoble acte commis. Si les deux individus n'ont pas encore été identifiés, l'analyse balistique a toutefois permis de déterminer le type d'arme utilisée par les criminels. Il s'agit d'un fusil de chasse de calibre 16, un modèle assez répandu et qui n'est pas particulièrement prisé dans le milieu djihadiste. L'enquête en cours devrait apporter, sous peu, plus de précisions sur les tenants, aboutissants et circonstances de cette affaire, à commencer par l'identité des assaillants qui devrait être rapidement connue et les raisons qui les ont poussés à perpétrer ce crime ignoble. Ce nouvel épisode sanglant a suscité de nombreuses interrogations. D'abord sur l'attaque en elle même : comment deux individus armés ont pu circuler librement dans les rues de Sousse sans être remarqués surtout que l'état d'urgence est décrété sur tout le territoire tunisien depuis juillet dernier ? En tenant compte du fait que les agents de la police ne portaient pas d'uniformes à l'heure des faits, ont-ils été intentionnellement pris pour cibles ? Ils auraient donc été filés depuis un bon moment et tous leurs faits et gestes épiés et tracés ? Difficile de toute façon de croire au hasard dans cette affaire. Cette énième attaque visant des policiers ne présage rien de bon, surtout que cette fois-ci le mode opératoire est encore plus intriguant. Ouvrir le feu sur des agents en plein jour et en pleine rue, au vu et au su de tous, alors qu'ils se trouvent dans un endroit assez fréquenté par des civils, voici ce qui est nouveau par rapport aux autres lâches attaques perpétrées dans le passé. S'il s'avère que les deux assaillants impliqués dans cette affaire sont proches de la mouvance djihadistes et ont des orientations takfiristes, cela confirmera la thèse que les terroristes n'ont décidément pas peur et n'hésitent plus désormais à s'attaquer, de plus en plus souvent, à des cibles se trouvant à l'intérieur des grandes villes. Certes, jusqu'ici, les attaques terroristes se sont focalisées sur les touristes et les forces de l'ordre mais au rythme où vont les choses, qui sait quand sera franchie la prochaine étape et les civils pris pour cible ?