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«Elles sont fréquentes, banalisées... et excusées»
Publié dans Le Temps le 04 - 06 - 2016

«Les lois discriminatoires sont le ferment des violences à l'égard des femmes» a souligné hier, la chercheuse Sana Ben Achour, présidente de l'Association Beity.
Présentant son nouvel ouvrage intitulé «les violences à l'égard des femmes: les lois du genre», lors d'une conférence nationale sur les violences à l'égard des femmes et des filles, Sana Ben Achour a appelé à la révision du code du statut personnel pour en enlever toute disposition qui peut donner un avantage et un privilège masculin ( l'obligation de la dot - le prix d'usage du corps de la femme, l'infériorisation des femmes par la loi successorale, l'interdiction aux Tunisiennes de se marier à un non musulman...)
«Les violences à l'égard des femmes sont fréquentes, banalisées, quotidiennes multiformes, dans tous les espaces (publics et privés) et sont excusées par la société», a-t-elle dénoncé faisant observer que le CSP a reconfiguré la famille la transformant de famille patriarcale à famille conjugale mais ce changement a été toutefois fondé sur le principe patriarcal (l'article 32 du CSP institue le mari en tant que chef de famille).
«60 ans après la promulgation du CSP, il faut aujourd'hui demander une réforme courageuse pour aller vers la démocratie, l'égalité et la liberté», a-t-elle souligné indiquant que les lois discriminatoires sont un ferment de violences qui se nourrissent de la puissance et de la domination des uns sur les autres.
L'intervenante a aussi appelé à travers son ouvrage, publié par le réseau euro-méditerranéen des droits humains, à la révision de l'ensemble de partie relative aux personnes du code pénal adopté en 1913.
«Ce code est devenu obsolète et ne correspond plus aux attentes des Tunisiens et des Tunisiennes», a-t-elle soutenu faisant remarquer que ce code dans l'ensemble de sa partie relative aux personnes reproduit l'ordre public patriarcal.
«Le droit pénal doit changer de ligne de mire pour protéger les droits humains des personnes», a-t-elle dit.
Et d'ajouter, «droit pénal est reproducteur des inégalités et donc de l'ordre public patriarcal qui fait que les femmes sont victimes de violences justifiées et légitimées au nom du patriarcat», a-t-elle précisé.
Sana Ben Achour a, en outre, souligné l'importance de la loi intégrale sur la violence à l'égard des femmes actuellement en cours d'élaboration indiquant qu'une «bonne loi juste et égalitaire qui lutte contre les violences permettra aux plus faibles de se sentir égaux».
Pour sa part, Samira Maraï Feriaa, ministre de la Femme, de la Famille et de l'Enfance a indiqué, dans une déclaration aux médias en marge de la conférence, que la loi intégrale sur la violence à l'égard des femmes sera présentée au Conseil des ministres avant le 31 août prochain avant d'être soumise au Parlement pour adoption.
«La nouvelle loi réalisée par des experts en concertation avec toutes les composantes de la société civile comporte les volets de la prévention, la protection et la répression», a-t-elle signalé estimant que la violence est aujourd'hui devenue un véritable phénomène de société qui touche plus de 05% des femmes et près de 39% des enfants.
«Lutter contre la violence sous toutes ses formes, commande aujourd'hui de diffuser la culture de la tolérance et de la non violence et de renforcer la sensibilisation notamment à travers les médias», a-t-elle ajouté.
Intervenant à cette occasion, Saïda Garrach, conseillère auprès de la présidence de la République chargée de la société civile, a réaffirmé la volonté du chef de
l'Etat à renforcer les droits des femmes en Tunisie.
Dans ce contexte, elle a appelé les acteurs de la vie politique à avoir le courage de se libérer des concepts traditionnels qui empêchent la concrétisation effective des droits des femmes et la lutte contre la violence.
De son côté, Lilia Rebaï, directrice du bureau Euromed Rights en Tunisie a souligné la nécessité de traduire, dans les plus brefs délais, la constitution de 2014 en des lois pour éradiquer la violence faite aux femmes en Tunisie.
A noter que l'ouvrage «violences à l'égard des femmes: les lois du genre» comporte trois chapitres. Le premier est intitulé les lois de la famille un ferment de violence de genre, le deuxième les lois pénales de l'ordre public patriarcal et le troisième concerne le plaidoyer pour la loi intégrale contre les violences de genre.


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