Météo de la nuit : ciel clair et vents légers sur tout le pays    11 Tunisiens rapatriés du Liban arrivent à Tunis    Qui dirigera le Stade Tunisien lors de la prochaine phase ?    De l'économie du savoir à l'économie de l'attention: Essai sur les logiques de visibilité dans la communication universitaire tunisienne    Prix des cinq continents de la Francophonie 2026-2027 : lancement de l'appel à candidatures    L'Université de Tunis et l'Université Gustave Eiffel à Paris scellent une coopération académique et scientifique    Metline 2040 et le rapport d'or: Vers une ville durable à vocation biomédicale et de bien-être    Les affiches fortes entre LaLiga et Serie A... voici où et à quelle heure suivre les matchs    Kais Saied exige un nouveau souffle pour la Télévision nationale    Kais Saied confirme : le Stade du Manzah et la Pharmacie Centrale restent publics    Le président de la République clarifie la hausse des salaires    Addiction aux écrans : un trouble psychique reconnu nécessitant une prise en charge urgente    Analyse - Récupération en Iran: «Il faut sauver le pilote Ryan»    Journées du Film Francophone 2026 à Tunis, Sousse et Sfax : 15 films de 13 pays à découvrir du 9 au 25 avril    TikTok : Trois types de soutiens et le plus dangereux    Top 5 des TikTokeurs les plus puissants économiquement en Tunisie    Galaxy A57 5G et le Galaxy A37 5G avec des fonctionnalités de niveau professionnel dévoilés par Samsung    Vente ouverte : Billets pour la demi-finale Espérance – Mamelodi Sundowns    Des perles de Bourguiba, par Hassib Ben Ammar    6 avril 2000 : disparition du fondateur de la République tunisienne Habib Bourguiba    6 avril 2026 : fin du délai pour payer la vignette des numéros impairs    Tunisie : la sécurité frappe fort pour protéger vos prix et vos marchés    40 ème jour du décès de l'ambassadeur Mondher Mami: le souvenir d'un fin diplomate (Albums photos)    Trump met l'Iran en demeure : moins de 48 heures avant ''l'enfer''    Samia Salma Belkhiria - L'agriculture biologique en Tunisie: Un grand potentiel à promouvoir    Tunisia Digital Summit, TDS 10 : le partenariat public–privé– startups au cœur de l'innovation digitale    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    FIFEJ 2026 à Sousse : un festival du film dédié à la jeunesse plus ambitieux et inclusif    Samsung Electronics leader du marché mondial des téléviseurs pour la 20ème année consécutive    Météo en Tunisie : températures en légère hausse, pluies éparses    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    Selim Sanhaji nommé à la tête des Journées théâtrales de Carthage 2026    Lorand Gaspar: Le poète des instants fugaces    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    ''Ni élégants, ni à la hauteur'' : Macron réagit aux moqueries de Trump    Epson Tunisie, Ecole L'Odyssée et Socrate School célèbrent la créativité écoresponsable des jeunes talents    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    Météo en Tunisie : persistance du temps froid et des pluies orageuses    Enseignement supérieur en Tunisie : chiffres clés, étudiants, diplômés et recherche en forte activité pour l'année 2024-2025    Dhia Bouktila: La science est fille de l'imagination    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    Saison Méditerranée 2026 : Louis Logodin annonce une programmation culturelle franco-tunisienne    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    "Monsieur Day", In memoriam    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La face cachée des banques
Publié dans L'expert le 15 - 06 - 2010

découvertes en janvier 2008, celles-ci résultant de ses prises de positions sur des contrats à terme sur indices s'élevant à cette époque à environ 50 milliards d'euros. Le trader est payé pour acheter et vendre et le seul fait qu'il ait perdu même des sommes importantes ne le désigne pas comme coupable. Si on impute à Jérôme Kerviel la responsabilité de la totalité des pertes enregistrées à l'issue de la liquidation de ses positions, celle-ci serait la perte la plus élevée à ce jour qui ait été causée par les erreurs d'appréciation d'un trader, employé d'un établissement financier. L'occasion est idoine pour s'arrêter sur cette face cachée des banques.
Le courtage pour compte propre, activité spéculative des banques, est au cœur de l'affaire Kerviel et est immanquablement dans le box des accusés lors du procès de l'ex-courtier de la Société générale.
Méconnue du grand public et pratiquée dans le plus grand secret, cette activité, appelée prop trading [proprietary trading] dans le jargon financier anglo-saxon, est capitale pour les banques. Elle leur procure en effet une grande partie de leurs revenus et de leurs bénéfices mais reste difficile à évaluer, selon les experts financiers.
Cette activité consiste pour une banque à prendre des positions sur les différents marchés financiers — actions, taux, devises ou marchés dérivés — pour elle-même et non pas pour le compte de ses clients. «Pour faire simple, le prop trading c'est un hedge fund [fonds spéculatif] à l'intérieur d'un établissement bancaire», explique Christophe Nijdam, analyste financier chez AlphaValue.
«Il y a une certaine omerta [...] car dans le contexte politique actuel d'un renforcement de la régulation bancaire, les banques refusent de communiquer sur ce sujet car elles redoutent de se faire à nouveau rappeler à l'ordre», poursuit cet ancien directeur général d'une succursale de banque française aux Etats-Unis. «L'omerta vient surtout des banques françaises car dans la conjoncture actuelle, les traders sont montrés du doigt», souligne Thami Kabbaj, professeur de finances à l'université Paris-Dauphine et ex-courtier lui-même. «Aux Etats-Unis, les banques en parlaient plus ouvertement jusqu'à la crise actuelle.»
Jérôme Kerviel, dont le procès s'est ouvert il y a quelques jours devant le tribunal correctionnel de Paris, réalisait pour le compte de la Société générale des opérations d'arbitrage en prenant des positions sur des contrats à terme sur des indices boursiers européens. Avant d'être débouclées dans l'urgence par la Socgen et de se solder par une perte de 4,9 milliards d'euros, les positions de Jérôme Kerviel étaient montées jusqu'à près de 50 milliards d'euros, engageant la banque au-delà de ses fonds propres, d'environ 30 milliards d'euros à l'époque.
«Quand tout va bien, le trading pour compte propre booste la rentabilité des banques, donc les cours de Bourse des banques et par la même occasion les options d'achat d'actions de certains de leurs dirigeants», remarque Christophe Nijdam. «Quand ça va mal, on ne parle plus de privatisation des profits. Il faut alors sauver les banques et on assiste à une socialisation des pertes.»
La crise financière a ainsi fait prendre conscience aux responsables politiques et aux régulateurs des dangers que ces activités pour compte propre faisaient peser sur la stabilité du système financier. Au point qu'aux Etats-Unis, Paul Volcker, conseil économique de la Maison-Blanche et ancien président de la Réserve fédérale, plaide pour une limitation de ces activités.
«Lorsque les règles Volcker ont été annoncées, plusieurs institutions financières ont affirmé que ces activités ne représentaient que 5 % à 10 % de leurs résultats», rappelle Christophe Nijdam. «Dans les faits, c'est plus important mais difficile à chiffrer car les banques ne communiquent pas. [...] C'est probablement le double.» La Société Générale, par exemple, assure que le courtage pour compte propre ne représente désormais qu'environ 3 % de ses revenus.
«Si le trading pour compte propre n'est que marginal dans leurs activités, pourquoi les banques mènent-elles autant de lobbying contre les règles Volcker?», s'interroge l'analyste d'AlphaValue. «C'est un peu paradoxal.»
Christophe Nijdam dénonce surtout l'idée selon laquelle ce courtage n'engagerait pas la banque au-delà de ses capitaux, un argument démenti par l'affaire Kerviel elle-même. «Dans la réalité, la taille des portefeuilles de trading représente plusieurs fois, voire dix ou quinze fois les fonds propres», tient-il à souligner. «Cela veut dire que les autres strates de financement de la banque sont en risque, dont notamment les dépôts de la clientèle car l'argent est fongible.»
«Pour que ça change, il faudrait imposer aux banques des limites d'engagements en fonction des niveaux de fonds propres», plaide de son côté Philippe Poincloux, directeur général du cabinet de conseil Towers Watson.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.