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Entretien avec Mme Imouna Saouli, Professeur en droit public à la Faculté de Droit et de Scinces Politiques de Tunis
Publié dans L'expert le 18 - 02 - 2011

On parle actuellement de réforme politique quant à la nature du nouveau régime.
Que pensez-vous de ce gouvernement actuel?

Il y a un vide politique horrible qui risque de mener à l'anarchie. Il faut donc savoir ce qu'on veut et savoir où on va
Le gouvernement actuel est faible, il n'a pas de programme. Ce qu'il faut pour la Tunisie c'est un gouvernement stable qui agit et non un gouvernement qui fait de simples promesses.
La situation n'est pas satisfaisante, elle est même alarmante.
Ce qu'on reproche au gouvernement, c'est le manque de clarté et le manque de clairvoyance

Existe- t- il un risque d'échec de cette révolution?


On voit malheureusement une révolution populaire qui est arrachée par la bourgeoisie, des gens qui n'ont rien fait pour le pays, d'autres au pouvoir et d'autres campés dans leur exil doré
Bouazizi s'est immolé parce qu'il n'a pas su où aller, car il n'a pas de soutien, personne ne lui a tendu la main. Il s'est trouvé seul dans l'impasse, toutes les portes se sont fermées, devant lui et la seule issue était de «s'illuminer» d'une manière inhabituelle alors que les autres n'étaient nullement intéressés par son problème.
Les jeunes sont désemparés, le problème est non résolu puisque les membres du gouvernement pour bien asseoir le pouvoir ne font que promettre et ces promesses ne sont jamais tenues, d'où le mécontentement.
Un gouvernement c'est l'action et l'action rapide.
On est face à un problème de temps et un problème d'insatisfaction chez tout le monde. Il faut donc faire des élections honnêtes au plus vite
Le gouvernement ne prend de la constitution que ce qui l'arrange.
Il faut donc enlever le problème de demi-mesure et penser à une nouvelle constitution en gardant les principes garantis de la première : deux mandats de 5 ans au maximum et un seul mandat serait suffisants.
Par ailleurs, il existe un clivage entre jeunes et vieux qui n'ont ni les mêmes aspirations, ni les mêmes façons de pensée.
On se trouve avec des dirigeants vieux avec un peuple assez jeune, ce qui mène à un risque de conflit de générations.

Est-ce que les partis existants sont représentatifs ?


Non, les islamistes risquent de rafler beaucoup de sièges.
Pour conclure, une réforme politique c'est avant tout un changement de têtes, un changement d'objectifs qui aura plus accès sur une constitution qui ne doit plus être faite sur mesure. Ce qu'il faut donc, c'est d'éviter le pouvoir personnel et le culte de la personnalité.
Aussi, il faut que les libertés soient protégées (liberté de parole, liberté de presse, etc.)
Il faut que le Tunisien soit libre, certes, mais il doit savoir ses limites sinon la justice présente pour travailler concrètement afin d'atteindre ses objectifs et éviter toutes sortes d'abus.

Propos recueillis par Wissal Ben Dhiab


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