La Tunisie explore une alternative stratégique pour son agriculture. Grâce aux efforts menés par la société GINOR, des expérimentations agricoles menées dans plusieurs gouvernorats du centre et du sud du pays ont démontré la faisabilité de la culture de la betterave sucrière sur des sols jusqu'ici peu exploités. Ces résultats prometteurs pourraient redessiner la carte agricole nationale et ouvrir la voie à une diversification des cultures à haute valeur ajoutée. Des essais concluants dans le centre et le sud En collaboration avec plusieurs instituts supérieurs d'agronomie, GINOR a lancé des expériences pilotes de culture de la betterave sucrière dans différentes régions du centre et du sud. Les tests ont mis en évidence la forte adaptabilité des sols locaux aux grandes cultures, révélant le potentiel de milliers d'hectares à intégrer dans les filières céréalières et fourragères. Les ressources hydriques disponibles dans ces régions pourraient également être valorisées plus efficacement à travers cette culture. Une culture aux multiples avantages économiques et agricoles La betterave sucrière ne se limite pas à sa capacité de production de sucre blanc. Elle constitue une culture pivot dans la rotation agricole, augmentant la productivité des céréales et contribuant à la régénération des sols. Elle permet aussi de lutter contre les maladies et parasites qui affectent les plantations traditionnelles. En outre, la betterave est une source de mélasse, un sous-produit essentiel dans la fabrication de levure boulangère, d'alcool industriel et de fourrages pour bovins laitiers. Ce positionnement multiple en fait une plante à haute valeur stratégique pour le secteur agro-industriel. Une relance réussie dans le nord-ouest La culture de la betterave sucrière avait quasiment disparu du paysage agricole tunisien depuis plus de dix ans, notamment dans le nord-ouest. Grâce à GINOR, sa réintroduction a permis de constater une forte rentabilité économique, tant sur le plan de la production agricole que sur celui de l'impact social. L'intégration de centaines de petits exploitants agricoles dans la chaîne de valeur et la création d'emplois industriels et agricoles témoignent du rôle clé que cette filière peut jouer pour le développement régional inclusif. Un modèle à suivre à l'échelle maghrébine Les résultats obtenus en Tunisie s'inscrivent dans une dynamique régionale. Des expériences similaires en Algérie, en Egypte et au Maroc ont prouvé que la culture de la betterave sucrière peut contribuer à la sécurité alimentaire, à la souveraineté industrielle et à la protection de l'environnement. Avec un potentiel encore largement inexploité dans les zones arides et semi-arides tunisiennes, cette culture pourrait devenir un levier majeur de résilience agricole, si elle est accompagnée de mesures d'encouragement pour les agriculteurs et d'une structuration adéquate de la filière. Ainsi, la betterave sucrière est bien plus qu'une culture agricole : c'est une opportunité pour repenser l'agriculture tunisienne en termes d'efficacité, de durabilité et de rentabilité. L'exemple des essais menés par GINOR dans le centre et le sud du pays montre que l'innovation, même en milieu contraint, peut ouvrir la voie à une relance économique rurale. Un défi que la Tunisie semble prête à relever avec intelligence et pragmatisme. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!