L'économie égyptienne subit un nouveau choc inflationniste. Selon les données publiées ce mercredi par l'Agence centrale pour la mobilisation publique et les statistiques (CAPMAS), le taux d'inflation annuel en Egypte a grimpé à 16,5 % en mai 2025, contre 13,5 % en avril. Cette accélération est largement attribuée à la hausse spectaculaire des prix des services de santé (+40,6 %) et des transports (+36 %), suivie par le secteur du logement, de l'eau, de l'électricité, du gaz et des carburants, dont les tarifs ont augmenté de 19,3 %. Dans les zones urbaines, l'inflation des prix à la consommation a enregistré une hausse encore plus marquée, atteignant 16,8 % en mai contre 13,9 % le mois précédent. Ce niveau dépasse nettement les prévisions des analystes : une enquête menée par Reuters auprès de 12 économistes tablait sur un taux moyen de 14,9 %. Ce rebond de l'inflation intervient malgré une tendance générale au ralentissement observée depuis fin 2023. Pour mémoire, le taux d'inflation avait atteint un record historique de 38 % en septembre 2023, avant de reculer progressivement, notamment grâce à l'accord de soutien financier de 8 milliards de dollars signé avec le Fonds monétaire international en mars 2024. Ce contexte avait permis à la Banque centrale d'Egypte de desserrer légèrement sa politique monétaire. Elle a abaissé le taux d'intérêt directeur à deux reprises, d'abord de 225 points de base en avril, portant le taux de prêt au jour le jour à 26 %, puis de 100 points supplémentaires en mai. Toutefois, les chiffres publiés aujourd'hui montrent également que l'inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) repart elle aussi à la hausse, atteignant 13,1 % en mai, contre 10,4 % en avril. Un signal préoccupant pour la Banque centrale, qui devra jongler entre la nécessité de soutenir la croissance et celle de maîtriser les tensions inflationnistes. L'effet de base, lié à un faible niveau d'inflation enregistré à la même période l'an dernier, a également contribué à amplifier la hausse en glissement annuel. Mais ce rebond reflète aussi des pressions structurelles persistantes, dans un contexte marqué par la dépréciation de la livre égyptienne, la hausse des coûts logistiques et une dépendance accrue aux importations, notamment pour les médicaments et les carburants. Alors que le pouvoir d'achat des ménages reste sous pression, cette résurgence de l'inflation pose un défi de taille aux autorités économiques égyptiennes, confrontées à une opinion publique de plus en plus sensible à la dégradation des conditions de vie. Si les prochaines données confirment cette tendance, la Banque centrale pourrait être contrainte de revoir sa trajectoire de politique monétaire, voire de suspendre sa série de baisses des taux, pour éviter un emballement des prix. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!