La Tunisie s'apprête à franchir un pas important vers une plus grande justice sociale. À l'issue d'une rencontre tenue mercredi 4 juin 2025 au Palais de Carthage entre le président de la République Kaïs Saïed et la cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzri, l'élargissement de la couverture sociale à des catégories historiquement marginalisées a été officiellement évoqué comme une priorité. Parmi les mesures discutées figure un projet de texte destiné à assurer une protection sociale aux travailleuses agricoles, aux ouvriers des chantiers (appelés communément « travailleurs de la construction »), ainsi qu'à d'autres populations longtemps privées de toute forme de sécurité sociale. Cette annonce s'inscrit dans une volonté politique affichée de réparer des décennies d'exclusion systémique et de précarisation. Le président de la République a souligné que ces femmes et ces hommes, moteurs silencieux de l'économie nationale, ont été laissés pour compte pendant trop longtemps. Il a insisté sur la nécessité de mettre un terme aux disparités sociales et de garantir une dignité minimale à chaque Tunisien, indépendamment de son statut professionnel ou de sa situation géographique. Ce projet, qui devrait se concrétiser sous forme de réformes législatives dans les mois à venir, vise à intégrer ces catégories dans les mécanismes de sécurité sociale existants, notamment en matière de retraite, de santé et d'assurance maladie. Il s'agit également de reconnaître officiellement leur contribution économique et sociale. L'enjeu est de taille : selon les dernières estimations, des dizaines de milliers de travailleuses agricoles et d'ouvriers journaliers opèrent dans l'informel, sans contrat, ni assurance, ni droits sociaux. La plupart sont exposés à des conditions de travail pénibles, sans filet de sécurité en cas d'accident, de maladie ou de vieillesse. Cette initiative s'inscrit dans un cadre plus large de réforme sociale voulue par l'exécutif tunisien. Le président Saïed a d'ailleurs déclaré à plusieurs reprises que la révolution législative actuelle doit impérativement s'accompagner d'une révolution administrative et sociale, plaçant l'humain au cœur des politiques publiques. Le gouvernement devra désormais affiner les modalités d'application de ce projet ambitieux, notamment en définissant les critères d'éligibilité, les mécanismes de cotisation adaptés à des populations faiblement rémunérées et les outils de suivi sur le terrain. Un chantier complexe, mais attendu depuis longtemps par les principales concernées. En élargissant ainsi la couverture sociale, la Tunisie pose les jalons d'un Etat plus inclusif et soucieux de ses franges les plus vulnérables. Le signal est fort, et il est porteur d'espoir pour tous ceux qui, jusqu'ici, travaillaient dans l'ombre de la législation. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!