À l'approche de l'Aïd al-Adha, la question du coût de la fête se pose avec acuité pour les ménages tunisiens, notamment ceux de la classe moyenne. Cette année, les prix des moutons de sacrifice ont connu une augmentation significative, accentuant la pression financière sur les familles. Entre la hausse des prix et les dépenses annexes, le budget consacré à cette célébration religieuse dépasse les capacités de nombreux foyers. Une hausse marquée des prix des moutons Le prix du mouton pour l'Aïd al-Adha 2025 oscille entre 700 et 2 000 dinars selon la taille de l'animal. Pour une famille moyenne, un mouton à environ 1 000 dinars est considéré comme un choix raisonnable, mais cette somme reste élevée comparée aux années précédentes. Cette augmentation, estimée entre 100 et 200 dinars de plus que l'année dernière, s'explique notamment par une baisse du cheptel national conjuguée à une forte demande à l'approche de la fête. Malgré un prix de référence fixé à 21 900 dinars le kilogramme vif par le Groupement interprofessionnel des viandes rouges et du lait, cette tarification reste largement théorique face à la réalité du marché, où la règle de l'offre et de la demande prévaut. Les dépenses additionnelles alourdissent la facture Au-delà du coût du mouton, les familles doivent également faire face à une augmentation des prix des autres produits liés à l'Aïd, comme les épices, les ustensiles pour la préparation des plats traditionnels, ainsi que les vêtements neufs pour les enfants. Ces charges supplémentaires s'ajoutent à un contexte économique déjà tendu, rendant la fête plus coûteuse que jamais pour le consommateur moyen. L'Organisation de défense du consommateur (ODC) dénonce l'absence d'intervention efficace des autorités pour réguler ces prix et protéger le pouvoir d'achat des Tunisiens. Les mécanismes du marché et leurs effets sur le consommateur L'augmentation des prix ne résulte pas uniquement de la rareté des moutons, mais aussi de la chaîne de distribution. Si les éleveurs vendent souvent leurs animaux à des prix raisonnables, les intermédiaires pratiquent une spéculation qui fait grimper les tarifs sur les marchés. Cette situation est aggravée par le retard dans l'importation de viande réfrigérée, une mesure qui aurait pu contribuer à stabiliser les prix en offrant une alternative à la viande fraîche. La multiplication des points de vente non contrôlés et le manque de surveillance renforcée sur les routes et dans les marchés favorisent cette inflation. Face à ces éléments, la charge financière que représente l'Aïd al-Adha pour un ménage de la classe moyenne tunisienne dépasse souvent les 1 000 dinars, intégrant le coût du mouton et les dépenses connexes. Cette réalité met en lumière les tensions économiques que traverse la population, où la célébration d'une fête religieuse se transforme en un véritable casse-tête budgétaire. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!