Les Etats-Unis s'apprêtent à interdire l'entrée sur leur territoire aux ressortissants de 12 pays à partir de ce lundi, selon une annonce faite mercredi par Donald Trump, candidat républicain à la présidentielle et ancien président. Il s'agit d'un retour à une politique migratoire controversée mise en place lors de son premier mandat, officiellement dans le but de « protéger le pays ». La mesure concerne les ressortissants de : l'Iran, l'Afghanistan, la Birmanie, le Tchad, le Congo-Brazzaville, la Guinée équatoriale, l'Erythrée, Haïti, la Libye, la Somalie, le Soudan et le Yémen. Ces pays, majoritairement à majorité musulmane ou situés en Afrique subsaharienne, sont de nouveau visés par une restriction d'entrée jugée par de nombreuses voix comme injuste et discriminatoire. Une mesure jugée raciste et contraire au droit international Du côté de Téhéran, la réaction ne s'est pas fait attendre. Alireza Hashemi-Raja, responsable des affaires des Iraniens de l'étranger, a dénoncé une décision relevant d'une « domination d'une mentalité suprémaciste et raciste parmi les décideurs politiques américains ». Il estime que cette politique s'inscrit dans une profonde hostilité envers les Iraniens et les musulmans dans leur ensemble. Le responsable iranien fustige également une violation des principes fondamentaux du droit international, en soulignant que cette interdiction prive « des centaines de millions de personnes du droit de voyager uniquement en raison de leur nationalité ou de leur religion ». En 2020, le ministère iranien des Affaires étrangères avait estimé le nombre d'Iraniens vivant aux Etats-Unis à environ 1,5 million. Pour nombre d'entre eux, cette nouvelle interdiction pourrait affecter les liens familiaux, les projets professionnels ou les déplacements d'urgence. Une décision aux répercussions internationales Cette décision fait écho à l'ancien « Muslim Ban » instauré par Donald Trump en 2017, largement critiqué à l'époque et suspendu à plusieurs reprises par la justice américaine avant d'être révisé. Bien que l'administration Biden ait annulé cette interdiction dès 2021, Trump semble déterminé à la relancer dans un contexte électoral tendu, jouant sur les peurs sécuritaires et les crispations identitaires. Sur le plan international, cette annonce pourrait raviver les tensions diplomatiques avec plusieurs pays concernés, dont certains entretiennent déjà des relations délicates avec Washington. Elle risque également de susciter des critiques d'ONG de défense des droits humains et de provoquer des recours judiciaires aux Etats-Unis même. Ainsi, ce retour à une politique d'exclusion ciblée sous prétexte de sécurité nationale alimente les accusations de discrimination systémique à l'encontre de l'administration Trump. Dans un contexte mondial marqué par la montée des tensions identitaires et les débats sur l'immigration, cette décision risque d'isoler davantage les Etats-Unis sur la scène internationale, tout en accentuant les divisions internes. Reste à voir si les tribunaux américains, ou une future administration, reviendront une nouvelle fois sur cette décision. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!