La Commission du commerce international des Etats-Unis (USITC) a annoncé l'ouverture d'un second réexamen concernant les droits compensateurs appliqués aux importations d'engrais phosphatés en provenance du Maroc, en réponse à une décision de justice exigeant une motivation plus rigoureuse. Ce nouveau développement, publié mardi au Registre fédéral, intervient à la suite d'une décision de la Cour du commerce international des Etats-Unis rendue le 22 avril 2025, qui remet en question les arguments avancés par l'USITC pour justifier que les importations marocaines – mais aussi russes – portaient atteinte à l'industrie américaine des engrais. Un dossier commercial sensible L'affaire remonte à mars 2021, date à laquelle l'USITC avait initialement conclu que les produits phosphatés en provenance du groupe OCP (Office Chérifien des Phosphates) et de la Russie causaient un préjudice matériel aux producteurs américains. Cette décision avait entraîné l'imposition de droits compensateurs destinés à protéger les acteurs américains. Le groupe OCP, qui représente une part majeure des exportations marocaines d'engrais, avait rapidement contesté cette décision devant la justice américaine. Malgré un premier réexamen en janvier 2024, où la Commission avait confirmé ses conclusions initiales, la Cour a finalement estimé en avril dernier que l'argumentaire de l'USITC manquait de fondement juridique suffisant, ordonnant ainsi une deuxième révision sans prise en compte de nouvelles preuves. Des enjeux commerciaux importants Seules les parties impliquées dans l'enquête initiale, notamment OCP, sont autorisées à soumettre des commentaires écrits, avec une date limite fixée au 20 juin 2025. Ce nouveau réexamen est strictement encadré, l'instruction se basant uniquement sur les documents déjà versés au dossier. L'enjeu est de taille pour le Maroc, dont le secteur des engrais représente un pilier stratégique de son économie, en particulier dans le contexte mondial actuel de pression sur les chaînes d'approvisionnement agricoles. Les Etats-Unis, de leur côté, cherchent à maintenir un équilibre entre protectionnisme commercial et accès à des intrants essentiels à prix compétitifs pour leurs agriculteurs. Cette nouvelle phase du litige pourrait rebattre les cartes dans les relations économiques entre Rabat et Washington, alors que le groupe OCP continue d'étendre sa présence à l'échelle mondiale, en particulier en Afrique et en Amérique latine. Les prochaines semaines seront décisives pour l'avenir de ces échanges et pour la place du Maroc sur le marché des fertilisants aux Etats-Unis. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!