La France a exporté pour 16 millions d'euros de matériel d'armement vers Israël en 2024, selon un document officiel récemment déclassifié par le ministère des Armées. Face à la pression croissante des partis d'opposition et d'organisations de la société civile, le ministre Sébastien Lecornu a voulu mettre fin à la polémique en rendant accessible ce document aux présidents des commissions Défense de l'Assemblée nationale et du Sénat. Lors de son audition mercredi, le ministre a été clair : « La France ne vend pas d'armes à Israël. Point ». Selon lui, les équipements concernés sont soit destinés à la défense, soit à la réexportation, et respectent scrupuleusement la doctrine française en matière de ventes d'armement. Parmi les catégories figurent des composants pour le système de défense aérienne israélien « Dôme de fer », des éjecteurs de munitions, des maillons pour munitions et d'autres pièces techniques qualifiées de non létales. Cette communication intervient dans un contexte de fortes critiques, notamment après la publication d'un rapport du réseau militant Progressive International (PI) accusant la France de livrer régulièrement du matériel à Israël depuis octobre 2023. Le rapport évoque des composants liés à des bombes, grenades, missiles ou encore fusils militaires, se basant sur des données issues de l'Autorité fiscale israélienne. En réponse, le ministère a souligné que les pièces concernées ne peuvent être réexportées que sous conditions strictes, avec contrôle de la destination finale. L'entourage du ministre a insisté sur le fait qu'aucune vente d'armes létales n'était autorisée. L'an dernier, Israël avait passé pour 19,9 millions d'euros de commandes d'armement à la France, un niveau stable comparé à 25,6 millions en 2022 et 19,4 millions en 2021. Cependant, un rapport distinct a mis en lumière une forte hausse des exportations françaises de biens à double usage (civil et militaire) à destination d'Israël : 192 millions d'euros en 2023 contre seulement 34 millions en 2022. Ces biens concernent principalement du matériel électronique. L'affaire a également eu des répercussions sociales. À Marseille, des dockers ont refusé vendredi dernier de charger un conteneur destiné au port israélien de Haïfa, contenant des composants militaires, invoquant une opposition éthique à la destination finale de la cargaison. Cette controverse intervient alors que plusieurs pays européens revoient leur position sur les exportations militaires vers Israël, dans un climat diplomatique tendu en raison du conflit en cours à Gaza. En publiant ces données, la France entend clarifier sa position et réaffirmer son attachement au droit international humanitaire. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!