Les tensions entre Washington et Téhéran atteignent un niveau critique. Face à la montée des menaces israéliennes et à l'impasse des négociations sur le nucléaire, les Etats-Unis ont commencé à activer des mesures de sécurité d'urgence. Selon le Pentagone cité par Politico, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a autorisé le départ volontaire des familles de militaires américains stationnés dans toute la région du Moyen-Orient. La Maison-Blanche et le Département d'Etat préparent également des ordres d'évacuation partielle du personnel non essentiel de leurs ambassades à Bagdad, Bahreïn et Koweït, selon des informations recoupées par Associated Press, Reuters et The Washington Post. Des menaces explicites de Téhéran contre les bases américaines En réponse aux avertissements militaires de Washington, le ministre iranien de la Défense, Aziz Nasser Zadeh, a tenu des propos particulièrement offensifs. « Nous espérons que les négociations aboutiront, mais si un conflit nous est imposé, les pertes de l'ennemi seront bien supérieures aux nôtres », a-t-il affirmé, avant d'ajouter : « Nous avons la capacité d'atteindre toutes les bases américaines et nous les viserons sans hésiter, dans tous les pays qui les hébergent. » Des déclarations perçues comme un avertissement direct aux Etats-Unis et à ses alliés, alors que l'Iran se dit prêt à riposter en cas de frappe israélienne, comme le souligne un haut responsable cité par le New York Times. Téhéran aurait ainsi préparé une riposte immédiate impliquant des centaines de missiles balistiques en direction d'Israël. Trump : pas de compromis sur l'arme nucléaire De son côté, le président américain Donald Trump a renforcé le ton : « Nous ne permettrons jamais à l'Iran d'avoir une arme nucléaire, jamais », a-t-il martelé dans une interview à CBS. Il a confirmé l'intention des Etats-Unis de retirer certains de leurs ressortissants civils et militaires des zones jugées à haut risque : « Le Moyen-Orient pourrait devenir une zone dangereuse », a-t-il justifié. Trump, sceptique quant à l'issue des négociations en cours, affirme être « de moins en moins confiant quant à un accord possible », alimentant le flou autour de la politique américaine face à l'Iran à l'approche des échéances électorales. L'inquiétude d'une frappe israélienne hors contrôle The Washington Post révèle que les services de renseignement américains sont en état d'alerte élevé face à un risque de frappe israélienne unilatérale contre l'Iran, sans consultation préalable avec Washington. Des diplomates dans la région jugent la situation « plus dangereuse que jamais », avec un potentiel réel de glissement vers une guerre régionale ouverte. Une telle attaque pourrait non seulement torpiller les négociations diplomatiques en cours, mais aussi entraîner des représailles massives de la part de Téhéran et de ses alliés. Les Houthis en embuscade, soutien affiché à l'Iran La milice yéménite des Houthis a également haussé le ton. Dans une déclaration à Newsweek, un responsable du mouvement armé a confirmé être « en état d'alerte maximale » et prêt à intensifier ses actions militaires en soutien à l'Iran. Il a qualifié Israël de « principale menace sécuritaire » dans la région et mis en garde Washington contre toute tentative de nouvelle intervention militaire au Moyen-Orient. Depuis novembre 2023, les Houthis ont multiplié les attaques de drones et missiles contre Israël, affirmant agir en solidarité avec Gaza. Un cessez-le-feu temporaire négocié par les Etats-Unis avait permis de réduire les frappes américaines sur le Yémen, mais le récent regain de tension remet cet équilibre précaire en question. Une volatilité accrue sur les marchés pétroliers Les inquiétudes géopolitiques ont immédiatement eu un impact sur les marchés mondiaux. Le Financial Times rapporte une hausse de plus de 4 % des prix du pétrole brut, alimentée par la crainte d'un conflit généralisé qui pourrait menacer les approvisionnements depuis le Golfe. Les analystes estiment que tout déclenchement d'hostilités affecterait directement les routes maritimes du Golfe Persique, notamment le détroit d'Ormuz, par où transite environ un cinquième du pétrole mondial. Ainsi, entre évacuations diplomatiques, menaces militaires, incertitudes diplomatiques et tensions énergétiques, le Moyen-Orient semble à nouveau au bord de la rupture. La possibilité d'une frappe israélienne sur l'Iran, les menaces de riposte de Téhéran et la posture défensive de Washington annoncent une période de haute tension. Dans ce jeu d'équilibres fragiles, une erreur de calcul pourrait suffire à déclencher une nouvelle guerre régionale aux conséquences mondiales. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!